10
mai
Bonjour,
En mai deux – et même trois – livres…


Nous rééditons dans L’éclat/poche l’extraordinaire correspondance entre Walter Benjamin et Gershom Scholem, parue une première fois dans « philosophie imaginaire » en 2011 sous le titre Théologie et utopie dans la traduction de Didier Renault et Pierre Rusch. Perdues, puis miraculeusement retrouvées en RDA, les lettres furent rassemblées et publiées par Gershom Scholem au soir de sa vie (1980) pour rendre un dernier hommage à l’ami disparu, mort à Port Bou alors qu’il tentait de gagner l’Espagne pour ne pas tomber aux mains de la Gestapo. 128 lettres d’intelligence et d’amitié, de cette intelligence et de cette amitié inébranlables dont pouvait avoir le secret le 20e siècle, mais qui se sont dispersées dans l’ère de la communication instantanée.
À propos de cette correspondance, nous rééditons un texte de Stéphane Mosès, proche ami de Scholem et auteur de plusieurs essais sur Benjamin. Benjamin-Scholem. Histoire d’une correspondance suivi de Deux expériences de l’exil tente de percer le mystère de cette amitié complexe, dont Benjamin dira dans sa dernière lettre : « Si triste qu’il soit de ne pouvoir converser ensemble, j’ai pourtant le sentiment que les circonstances ne me privent pas de disputes aussi enflammées que celles qui, de loin en loin, s’élevaient entre nous. Cela n’a plus lieu d’être aujourd’hui. Et peut-être même est-il bon d’être séparé par un petit océan, lorsque vient le moment de se tomber spirituellement dans les bras l’un de l’autre ».

On retrouve Scholem (« Considérations sur l’histoire des débuts de la cabale chrétienne ») dans la postface d’une réédition attendue du livre de Chaïm Wirzubski, Pic de la Mirandole et la cabale, édité, traduit et abondamment annoté par Jean-Marc Mandosio. Mandosio a également publié en 2013, à L’éclat, Le discours de la méthode de Denis Diderot, un ouvrage passionnant sur celui qui pourrait être une sorte de « Pic de la Mirandole de la Haute-Marne », d’autant que, à presque trois siècles d’intervalle, ils furent tous les deux emprisonnés au château de Vincennes pour avoir écrit et dit ce qu’il ne fallait pas écrire et dire. Mais, l’un comme l’autre, « il fallait qu’ils parlent ».

Le mois dernier paraissait la réédition dans L’éclat/poche du livre de Patricia Farazzi, La porte peinte, voyage étonnant dans un Paris disparu par un personnage qui porte le nom d’un cabaliste du 13e siècle. Mais nous ne résistons pas au plaisir de partager ce qu’a écrit Jordan, libraire à la Libraire des Cordeliers, à propos d’un autre livre de Farazzi, L’étoile et le flot, paru en 2025, et dont le post sur Facebook nous avait échappé. C’était en décembre 2025 et Jordan écrivait : « Le temps est une sorte de flot qui emporte tout, mais fait ressac … Patricia Farazzi le dit avec une voix belle, confondante, mondiale, elle parle toutes les langues et déplie des arcs de temps … » (lire tout l’article sur la page du livre).
Sur la page des ‘nouveautés‘ vous pouvez vous faire une idée des titres qui paraîtront en juin et, dès à présent, à la rentrée prochaine.
Tous les titres de l’éclat parus en 2025-2026 figurent sur la page d’accueil du site.
Le catalogue des 40 ans des éditions et le livre des préfaces sont toujours disponibles. Si votre libraire ne peut vous les faire parvenir, vous pouvez nous en faire la demande en répondant à ce mail et nous nous efforcerons de vous les envoyer lors d’un prochain envoi groupé (un peu de patience).
Sur le « séisme » dans l’édition française, dont les médias continuent largement de rendre compte depuis des semaines, nous nous permettons simplement de renvoyer à un texte écrit en 2012, intitulé: « Pour des assises de l’édition pauvre, où nous resterions debout » et qui insiste sur notre vision de ce métier, que rappelle, à sa manière, Franz Olivié dans son livre Édition paru chez l’éditeur Anamosa.
Merci de votre fidélité. Faites suivre cette lettre à vos proches et suggérez-leur de s’inscrire pour la recevoir. C’est essentiel pour nous.
L’éclat




