L’Exil de la parole témoigne de cette manière, propre à André Neher, de philosopher à partir du texte biblique sur le sens de l’histoire ou de l’existence. Si le silence y est parfois celui de l’homme ou encore celui d’Auschwitz, à la fois silence de Dieu et silence des naufragés et rescapés, il exprime une philosophie du judaïsme singulière, qui est pleinement une ontologie juive, posant l’Être non comme ce qui est, mais comme Peut-Être. Et cette possibilité de l’Être est au cœur de l’espérance juive, « espérance contre tout espoir », ancrée dans le combat pour la vie. Au cœur de ce combat, il revient encore aujourd’hui à Israël de ne jamais renoncer à sa capacité d’écoute de ce que lui dit ce silence existentiel.
Plus d’un demi-siècle après sa première édition en 1970, alors que le bruit de la guerre se fait à nouveau entendre, l’Exil de la parole, qui dit la promesse du judaïsme et sa capacité d’écoute, s’affirme plus que jamais dans sa pertinence philosophique et politique.
Avant-propos de Michel Revel et Préface de Vincent Peillon (lire les préfaces)
André Neher (1914-1988) a profondément marqué les études juives, à travers ses nombreux ouvrages et son enseignement à Strasbourg puis à Jérusalem. On peut lire à L’éclat : Tradition juive et critique biblique, édité par Enrico Lucca (2024) ou le volume d’hommages, Héritages d’André Neher, édité par David Banon (2011).
< La première édition de ce livre a paru en 1970 aux éditions du Seuil.
Critique biblique et tradition juive Héritages d’André Neher
