Walter Benjamin
Correspondance II
Les deux volumes de la correspondance de Walter Benjamin, édités en 1966 par Gershom Scholem et Theodor W. Adorno, proposent un choix de plus de 300 lettres, écrites entre 1910 et 1940. La traduction française de Guy Petitdemange, qui a paru une première fois en 1979, est reprise ici, mais l’ensemble a été revu et complété par Pierre Rusch pour notre édition.
Même si cette édition est incomplète par rapport à la grande édition allemande en six volumes établie par Christoph Gödde et Henri Lonitz (Suhrkamp, 1995-2000), elle a le mérite d’avoir été éditée par deux proches de Benjamin, et leurs notes témoignent de cette amitié aussi fidèle que compliquée et de « l’exceptionnelle aisance dans le genre épistolaire, qui lui était comme naturelle » écrit Scholem. Elle éclaire en tout cas, suffisamment et d’un jour nouveau, l’œuvre de Walter Benjamin qui est chaque jour redécouverte par une nouvelle génération de lecteurs. La liste des correspondants donne bien la mesure de son importance : outre les deux éditeurs, dont plusieurs lettres sont reproduites, on trouve Gretel Adorno, Hannah Arendt, Bertolt Brecht, Martin Buber, Hugo von Hofmannsthal, Max Horkheimer, Adrienne Monnier, Rainer Maria Rilke etc. Toute la pensée du vingtième siècle est là, avec son cortège de drames et d’espérances.
Né à Berlin le 15 juillet 1892, dans une famille de la bourgeoisie juive assimilée, Walter Benjamin traverse le demi-20e siècle dans une semi-clandestinité intellectuelle qui commence par le refus de sa thèse sur le drame baroque par l’université allemande. Ses amitiés avec Gershom Scholem et Bertold Brecht, Theodor Adorno et Hannah Arendt le marquent autant qu’il les aura marqués lui-même. Après de nombreux voyages à l’étranger (France, Espagne, Italie, Autriche, URSS), il quitte Berlin le 18 mars 1933 pour ne plus jamais revenir. Il songe, un temps, rejoindre son ami Scholem à Jérusalem, mais décide finalement de rester à Paris, auquel il consacrera un livre ‘infini’, le livre des Passages, Paris capitale du XIXe siècle, dont les ‘morceaux’ paraîtront après sa mort. Après un internement au camp de Nevers dans la France occupée, il décide de gagner les USA avec l’aide de l’Institut de Recherche sociale, exilé à New York, qui avait commencé à l’aider financièrement à partir de 1935. Après une traversée de la France, il se suicide à Port Bou, le 26 septembre 1940, après avoir tenté de gagner l’Espagne pour échapper à la Gestapo.
Correspondance I Théologie et utopie. Correspondance 1932-1940 Benjamin-Scholem. Histoire d’une correspondance La révolution est le frein d'urgence Walter Benjamin. Avertissement d’incendie
