Michel Valensi

L’empreinte

De 1956 à 1973 la Tunisie a perdu la quasi-­totalité de sa population juive, qui a émigré en France, en Israël ou ailleurs. Ce livre, paru une première fois à Tunis en 1983, raconte sous une forme allégorique les drames de cet exil, tels qu’ils ont pu être vécus par des personnages aussi imaginaires qu’Alma Alba, détentrice malgré elle de la clé de la ­dernière maison juive de Tunis, l’homme aux kchouchs qui organisa leur départ, ou Judith, ­fillette égarée entre Carthage et Belleville, où la communauté s’est installée à son arrivée en France, dans l’attente de nouveaux départs. Il s’agissait de raconter le mythe de cet exil et de rappeler de quoi était faite la vie de cette population (coutumes étiolées, langages oubliés, histoires effacées...) et ce qu’elle a pu subir, contrainte qu’elle était à un exode sans retour.

< couverture de la première édition, Tunis, Editions Salammbô, 1983

Michel Valensi (Tunis, 1956) est aussi éditeur. Il a publié avec Patricia Farazzi une correspondance, Lettres du chemin de pierre (L’éclat, 2020).

 

Entretien avec Michel Valensi dans Talmudiques (Marc Alain Ouaknin), sur France Culture.

Une chronique d'Avishag Zafrani sur le site Akadem

« L’empreinte, de Michel Valensi, est un roman singulier sur la mémoire des juifs tunisiens exilés en France. Écrit lorsque l’auteur, lui-même issu d’une famille d’exilés, ayant quitté sa ville natale à l’âge de sept ans, avait vingt ans, il a été publié originellement par un petit éditeur de Tunis en 1983 .... Réédité à Paris en 2021, le livre tente, selon l’auteur, de raconter « ce qui faisait la vie des juifs de Tunis ». Les objets déplacés et la post-mémoire de l’auteur lui-même sont la matière première d’une écriture évocatrice et nostalgique qui à la fois retranscrit les échos d’un monde disparu et constate le caractère inévitable et irréversible de sa disparition. En utilisant des photographies mal imprimées bien avant qu’un auteur comme W. G. Sebald ne popularise l’utilisation de ce moyen narratif, ainsi que les descriptions des kchouchs, petits objets inutiles qui sont des signes d’existence interrompue, Valensi a créé un roman d’avant-garde qui occupe une place importante dans la littérature juive sur l’émigration du monde arabe.» Luis Kraus, Archivio Maariva.

 

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Collection  L’éclat/poche
Sujets   Littérature  |  Tunisie

Année de parution : juin 2021
ISBN : 978-2-84162-524-6
168 pages
Prix : 8 €
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