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Alexis Zimmer

Benedikte Zitouni

Chloé Deligne

Livia Cahn

Nicolas Prignot

Noémie Pons-Rotbardt

Terres des villes

Enquêtes potagères de Bruxelles aux premières saisons du 21e siècle

Bruxelles

Lyber

Bruxelles [bʁy.sɛl] n.p. ; en flamand : Brussel. Région et commune belges, capitale de la Belgique, siège des gouvernements bruxellois, flamands et de la fédération Wallonie-Bruxelles, ainsi que de certaines institutions européennes.

1 « Bruxelles » désigne la commune de Bruxelles, dite aussi « Ville de Bruxelles ». Ville d’origine médiévale, elle a acquis une centralité au cours de l’histoire qui lui a valu de donner son nom à l’ensemble de l’agglomération (avant 1989) puis de la Région (à partir de 1989). La Ville de Bruxelles qui, au cours des xixe et xxe siècles, a annexé certains territoires, en particulier les anciennes communes de Haren, Laeken et Neder-over-Heembeek, situés hors de l’emprise de son enceinte médiévale, est une commune qui, comme les autres, est dirigée par un.e bourgmestre élu.e au suffrage universel et des échevin.e.s désigné.e.s parmi les élu.e.s de la majorité. Les autorités communales ont des prérogatives très larges couvrant tout ce qui relève de « l’intérêt communal » et qui « ne leur est pas interdit ». Elles sont notamment compétentes en matière de travaux publics (voirie, construction d’équipements collectifs) et détiennent la mission de maintien de l’ordre public. Superficie : 32,61 km2 ; habitant.e.s : 177 863 (1er août 2017).

2 « Bruxelles » désigne communément l’ensemble des 19 communes qui forment la Région de Bruxelles-Capitale, l’une des trois régions de la Belgique fédérale. Les 18 autres sont : Anderlecht, Auderghem, Berchem-Sainte-Agathe, Etterbeek, Evere, Forest, Ganshoren, Ixelles, Jette, Koekelberg, Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Gilles, Saint-Josse-ten-Noode, Schaerbeek, Uccle, Watermael-Boitsfort, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre. La région dispose de son gouvernement et de son parlement, responsables dans les matières dites « territorialisables » (par opposition aux matières « personnalisables » telles l’enseignement et la culture), c’est-à-dire entre autres l’économie, l’emploi, le logement, l’énergie, le transport, l’environnement, l’agriculture, l’aménagement du territoire et l’urbanisme. Enclavé dans le territoire de la Région Flamande, son drapeau arbore un iris des marais, rappelant les marécages d’antan (broeck-sele signifie le « hameau du marais »). Superficie : 161,4 km2 ; habitant.e.s : 1 187 890 (1er janv. 2016)

3 La bruxellisation est un terme qui désigne la destruction de quartiers populaires dans les communes du centre durant les années 1960-1970, au nom de la « modernisation » et sous l’impulsion de l’Exposition universelle de 1958. Le terme suggère la mainmise des promoteurs et des architectes sur la ville, ainsi qu’un dédain profond à l’égard des habitant.e.s (l’insulte bruxelloise : skieven architek, « architecte fourbe, tordu », date notamment de cette époque-là). L’épisode est important car il a donné lieu, dans les années 1970, à la création de nombreux comités de quartier. Ces comités interviennent activement dans la vie des potagers. De façon générale, l’histoire urbanistique et populaire que se racontent les bruxellois.es est jalonnée de tels épisodes potentiellement traumatisants et racontés avec regret. Le voûtement de la Senne et la construction du Palais de Justice au xixe siècle, l’aménagement du Mont des Arts et la destruction de la Maison du Peuple au xxe siècle sont autant de bouleversements qui ont entraîné la destruction de quartiers et cultures populaires, et qui marquent encore les esprits.

4 La « 20e commune de Bruxelles » désigne la présence des sans-papiers non recensé.e.s dans les chiffres officiels. L’appellation est utilisée par l’Observatoire de la santé et du social de la Région Bruxelles-Capitale selon lequel il y aurait en Belgique plus de 100 000 sans-papiers, dont une grande partie vit dans la capitale (Rapport 2014).

5 « Bruxelles » est une ville bâtarde c’est-à-dire une ville abritant des cultures, des langues et des communautés diverses, sans qu’aucune ne puisse légitimement s’imposer aux autres. Pour le signifier, le monde associatif a créé la mascotte du Zinneke (un vieux vocable bruxellois qui désigne un chien bâtard) à l’occasion de l’année Bruxelles Capitale Culturelle 2000, durant ­laquelle elle a inauguré la première parade du même nom (la Zinneke Parade). Depuis lors, tous les deux ans, des quartiers y présentent leur cortège. En termes statistiques, l’hybridité et la multiculturalité de Bruxelles ont été soulignées récemment à la fois dans une analyse de l’Institut bruxellois de Statistique et d’Analyse (focus n° 20, 2017) et dans les conclusions d’un rapport de l’Organisation Internationale des Migrations des Nations Unies : Bruxelles fait partie de ces villes peu communes où près de six habitant.e.s sur dix sont né.e.s avec une autre nationalité et plus de six sur dix sont nés à l’étranger (OIM, 2015). Les arrière-pays et les bagages migratoires sont une composante essentielle du quotidien bruxellois.

6 « Bruxelles » est également utilisée pour désigner par métonymie la commission européenne (« Bruxelles a décidé que… ») ou plus largement les institutions européennes installées dans la ville. À Bruxelles, celles-ci n’ont aucune compétence en matière territoriale mais, par leur présence, elles y amplifient des phénomènes de métropolisation. Elles n’interviennent pas directement dans la vie des potagers en ville, mais parfois, indirectement, par l’octroi de financements du type FEDER (Fonds européen de développement économique et régional).

7 « Bruxelles » apparaît aussi dans des qualifications géologiques et biologiques. Les « sables bruxelliens » composent une strate souterraine encore exploitée aujourd’hui dans le Brabant Wallon et dont l’excavation par le passé, à Bruxelles, est encore palpable dans la topographie des quartiers – cf. le Kauwberg à Uccle, un relief né des remblais d’une sablonnière – et dans la toponymie des rues – rue des Sables, rue de la Sablonnière, Petit et Grand Sablon, Montagne de Sable à Auderghem, etc. Le Bretta-nomyces bruxellensis est une levure sauvage caractéristique de la vallée de la Senne et du Pajottenland dans l’hinterland bruxellois qui intervient dans la production de breuvages tels la gueuze et le lambic.

8 « Bruxelles » désigne aussi un bassin de travail, de vie et d’échanges qui s’étend aux communes flamandes situées au-delà des limites de la Région de Bruxelles et aux communes wallonnes situées au-delà des limites de la Région Flamande. Les mouvements pendulaires intenses, ceux de navetteurs et navetteuses qui viennent travailler à Bruxelles et vivent dans la périphérie, la zone métropolitaine ou au-delà, sont une composante essentielle des rythmes bruxellois. En journée, environ 340 000 navetteurs, soit l’équivalent d’environ 28% de la population bruxelloise officiellement recensée, rejoignent ainsi la Région de Bruxelles-Capitale. Seuls environ 70 000 Bruxellois.es font le trajet inverse vers les deux autres Régions. Bruxelles n’a par ailleurs aucun territoire métropolitain officiel, sauf dans des projets paysagers ponctuels auxquels collaborent les Régions de Bruxelles-Capitale et Flamande. Il en sera souvent question dans ce livre, l’agriculture urbaine nous amenant fréquemment au-delà des 161,4 km2 du territoire régional. Nous l’appelons la périphérie ou l’hinterland. L’image qui lui est souvent associée du côté flamand est celle de la tache d’huile ou d’encre qui symbolise le risque de métropolisation et de francisation des environs de la capitale. « Notre » périphérie est plutôt peuplée de champs, de griottes, de chicons, de voies ferrées et de marchés fermiers.

 
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