l’éclat

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Chaïm Wirszubski

Pic de la Mirandole et la cabale

 

Parution avril 2007

Traduit de l’anglais (et du latin) par Jean Marc Mandosio

Collection Philosophie imaginaire

ISBN 978-2-84162-132-3

512 pages

32 euros

Chapitre 1. La place de l’hébreu dans les recherches cabalistiques de Pic

À quel moment Pic de la Mirandole a-t-il commencé à s’intéresser à la cabale? Cette question est encore largement conjecturale. Nous ne savons ni quand, ni où, ni comment ou grâce à qui il en entendit parler pour la première fois. Un fait, néanmoins, peut être établi avec certitude, mais il a été masqué par la gloire posthume de l’érudition hébraïque de Pic: contrairement à ce qui a souvent été affirmé ou suggéré, Pic s’est intéressé à la cabale avant d’avoir su l’hébreu. Il déclare dans son Commentaire sur une chanson d’amour de Girolamo Benivieni – et nous n’avons aucune raison de mettre en doute ce propos (du moins en ce qui concerne l’hébreu) – n’avoir entrepris l’étude de l’hébreu et du chaldéen1 qu’à seule fin de s’initier à la cabale:
Mû par ce seul désir, je me suis consacré à l’étude assidue des langues hébraïque et chaldaïque, sans lesquelles il est entièrement impossible de parvenir à la connaissance de la cabale.2
En ce qui concerne la «langue chaldaïque», Pic a donné une motivation différente dans sa lettre à Marsile Ficin d’octobre 14863. Un autre important témoignage sur son zèle pour les langues orientales est fourni par son Discours sur la dignité de l’homme. Il y explique en particulier, au sujet de l’hébreu:

Le pape Sixte IV, prédécesseur immédiat de cet Innocent VIII sous le règne duquel nous vivons heureusement, a fait entreprendre avec beaucoup de soin et d’empressement, dans l’intérêt public de notre foi, une traduction latine de ces ouvrages [de science cabalistique]; de sorte qu’à sa mort, trois d’entre eux avaient déjà été traduits. Chez les Juifs de notre temps, ces livres sont vénérés avec tant de piété qu’il n’est permis à personne d’y toucher avant l’âge de quarante ans. Les ayant acquis à grands frais, je les ai lus de bout en bout avec la plus grande attention, sans relâcher mon effort, et j’y ai trouvé – Dieu m’est témoin – non point tant la religion mosaïque que la religion chrétienne.4

Pic est, de fait, le premier hébraïsant chrétien connu pour avoir agi de la sorte, marquant ainsi une rupture importante dans l’histoire des études hébraïques en Europe.
Nous sommes bien informés sur les premières étapes de son apprentissage de l’hébreu. Le 8 septembre 1486, Marsile Ficin lui écrivit pour lui demander de lui rendre son Coran latin. La réponse, non datée, de Pic, écrite de Fratta, fut la suivante:

Tu ne pouvais pas réclamer ton Mahomet latin à un moment plus opportun, car j’espère entendre bientôt Mahomet lui-même parler dans sa langue maternelle; en effet, après avoir passé mes jours et mes nuits, pendant tout un mois, sur l’hébreu, je me suis entièrement tourné vers l’étude de l’arabe et du chaldéen, et je ne redoute pas de moins avancer dans ces langues que dans la langue hébraïque, en laquelle je suis déjà capable de dicter une lettre, dans un style qui n’est certes pas encore excellent, mais du moins sans faute.5

Plus loin dans cette même lettre, Pic ajoute: «Ton Mahomet est à Pérouse, et quand j’y retournerai (je m’en suis absenté car on y soupçonne une épidémie de peste) je te l’enverrai séance tenante»6. Étant donné que la lettre de Pic à Andrea Corneo du 15 octobre 1486 fut écrite de Pérouse7, alors que ses lettres du 10 novembre 1486 à Domenico Benivieni et à un ami inconnu furent écrites de Fratta8, il s’ensuit qu’il se transféra de Pérouse à Fratta après le 15 octobre. Sa réponse non datée ex Fratta à la lettre de Ficin écrite en septembre a donc peu de chances d’être antérieure à la mi-octobre 1486.
Cette date nous apprend deux choses importantes sur les débuts des recherches cabalistiques de Pic. Premièrement, vers la mi-octobre, c’est-à-dire deux ou trois semaines avant l’achèvement de ses Neuf cents conclusions début novembre, il était capable d’écrire à peu près correctement une lettre en hébreu. Le 12 novembre 1486, il écrit à Girolamo Benivieni:

Avant que tu ne t’en ailles, j’avais achevé les 700 premières thèses dont je compte débattre en public. Après ton départ, elles ont grandi jusqu’à 900, et j’étais bien parti pour aller jusqu’à mille si je n’avais pas sonné la retraite. Mais il m’a plu de m’arrêter à ce nombre, mystique s’il en est.9

11. «Pice sive irascaris sive non, quia scio te non posse intelligere hoc et forte contingeret quandoque me tecum esse et peteres a me expositionem suam, et quia in mea traductione latina non intelligeres eam <sed jam hebraizas>, ideo scribo tibi eam hebraice totam. Licet prolixa sit habeas patientiam, cum non placuerit mittere ad docendum ne facias illud» (Liber redemptionis, Bibliothèque vaticane, ms. Chigi A.VI.190, f. 286v). Or, pour lire un traité cabalistique en version originale, il fallait une tout autre maîtrise de l’hébreu, nécessitant plusieurs années d’apprentissage. En s’aidant d’une traduction, Pic pouvait sans doute déjà se débrouiller pour déchiffrer quelques pages faciles de cabale; et lorsque Flavius Mithridate était à ses côtés, aucun passage n’était trop difficile:

Cher Pic, que cela te fâche ou non, parce que je sais que tu ne peux pas comprendre ce passage et que peut-être il arriverait, quand je suis avec toi, que tu me demandes son explication, et parce que dans ma traduction latine tu ne la comprendrais pas mais que tu as déjà une certaine pratique de l’hébreu10, je dois te l’écrire tout entière en hébreu; bien qu’elle soit longue, tu dois prendre patience, car il n’aurait pas été bon de t’envoyer pour ton apprentissage un texte que tu ne pourrais pas comprendre.11

Il est tout à fait impossible que Pic, à cette époque, ait pu lire sans aide un traité cabalistique non traduit. Par conséquent, si la possibilité qu’il ait lu des morceaux de cabale en hébreu ne peut ni ne doit être niée, il est très improbable qu’il ait eu connaissance d’un nombre significatif de textes cabalistiques en langue originale avant d’avoir écrit ses Neuf cents conclusions. Autrement dit, le degré de familiarité que Pic avait avec la cabale en 1486 ne correspondait pas à sa connaissance de l’hébreu. Ainsi, même s’il lui arrive de citer ou de mentionner des livres non traduits (le Zohar, par exemple), nous ne devons pas nous empresser d’affirmer que Pic les a lus autrement qu’en traduction.
Deuxièmement, la lettre à Ficin citée plus haut, et en particulier les temps utilisés par Pic pour décrire ses études linguistiques – «après avoir passé mes jours et mes nuits, pendant tout un mois, sur l’hébreu, (...) je suis déjà capable de dicter une lettre»–, montrent très clairement que son apprentissage de l’hébreu, au moment où il écrit, remonte à un passé récent: quelques semaines, tout au plus quelques mois, certainement pas des années. Pic s’était rendu à Paris pendant l’été 1485. Il était rentré en Italie en mars 1486. En mai, il s’embarqua dans une histoire d’amour orageuse à Arezzo, après quoi il se retira à Pérouse, d’où il partit pour Fratta, y restant jusqu’en novembre. Il se rendra ensuite à Rome12. Au vu de ces circonstances, la conclusion la plus probable est que Pic a commencé à étudier l’hébreu au cours de l’été 1486. Ce même été est l’époque où les traductions cabalistiques réalisées pour lui par Mithridate se succèdent sans interruption.
J’examinerai plus en détail, le moment venu, la chronologie de ces traductions13. Il suffira ici de mettre l’accent sur un fait: tous les manuscrits contenant les traductions de Mithridate utilisées par Pic pour préparer ses conclusions ont été rédigés entre mai et novembre 1486. Aucun d’eux n’est expressément daté, mais nous pouvons les situer chronologiquement grâce aux fréquentes références et allusions, insérées entre parenthèses tout au long du texte, à l’histoire d’amour de Pic avec Marguerite, l’épouse de Giuliano Mariotto de’ Medici d’Arezzo. Cette liaison fit scandale le 10 mai 1486, quand Pic s’enfuit d’Arezzo à cheval en compagnie de Marguerite et fut poursuivi et rattrapé par le mari de la dame, escorté de plusieurs cavaliers arétins14. Tous ces manuscrits – en tout, trois mille pages environ au format in-folio– ont été écrits entre cette date et l’achèvement des Neuf cents conclusions début novembre, et l’on peut raisonnablement soutenir que les traductions de Mithridate ont été réalisées, pour l’essentiel, durant l’été 1486. L’hypothèse la plus vraisemblable est donc que Pic s’est mis à étudier l’hébreu pour mieux connaître la cabale, au moment même où il pouvait lire commodément les textes cabalistiques dans les versions latines que lui fournissait Mithridate.

La maîtrise de l’hébreu est certes indispensable pour une étude sérieuse de la cabale. Mais avec les traductions de Mithridate, était-il encore vrai – et si oui, dans quelle mesure – que, sans connaître l’hébreu et l’araméen, il était «entièrement impossible de parvenir à la connaissance de la cabale»15? La réponse n’est nullement évidente, car, comme nous le verrons, Pic a beaucoup appris grâce aux traductions de Mithridate, infiniment plus qu’il n’aurait pu le faire à partir des textes originaux s’il avait essayé de les lire directement; en même temps, les traductions de Mithridate rappelaient continuellement à Pic (ce qui n’ôte rien à leur qualité) qu’il avait besoin de l’hébreu pour pouvoir pleinement comprendre cette cabale qu’il lisait en latin.
Les principales doctrines de la cabale juive peuvent être aussi bien formulées en latin qu’en hébreu. Mais les livres écrits par les cabalistes, étant donné leur mode de pensée et leurs formes d’expression, ne sont pas entièrement traduisibles: la position éminente du langage dans la symbolique de la cabale rend la plupart des thèmes essentiels de celle-ci inséparables du texte hébreu des Écritures et des éléments constitutifs de la langue hébraïque. Selon Gershom Scholem,

Le processus décrit par les kabbalistes comme l’émanation de l’Énergie divine et de la Lumière divine peut, au même titre, être considéré comme un processus dans lequel se déploie le Langage divin. De là, naît un parallélisme fondamental entre les deux séries de symboles les plus importants, dont les kabbalistes ont choisi de décrire les représentations. Ils parlent d’attributs et de sphères de lumière, mais dans le même contexte ils parlent aussi de noms divins et de lettres, ces lettres avec lesquelles les noms divins sont formés. On trouve ensemble, dès la première apparition des doctrines kabbalistiques, ces deux façons de parler. Le monde secret de la divinité est un monde du langage, un monde des noms divins, qui se développent selon leur propre loi. Les éléments de la langue divine apparaissent comme les lettres de la Sainte Écriture. Les lettres et les noms ne sont pas seulement des moyens conventionnels de communication. Ils sont bien plus que cela. Chacun d’eux représente une concentration d’énergie et exprime une plénitude de sens qu’il est absolument impossible de traduire, du moins complètement, en langage humain. […] Le processus de création, qui avance de degré en degré et se reflète dans des mondes extra-divins, et bien sûr aussi dans la nature, n’est par conséquent pas différent du processus qui trouve son expression dans des paroles divines et dans les documents de la Révélation, où cette langue divine se serait condensée.16

Presque toutes les sources attestées des conclusions cabalistiques de Pic recourent plus ou moins largement à un langage symbolique. La seule exception est un opuscule – occupant un peu moins d’un cahier dans la traduction manuscrite –, les Questions sur les dix numérations (Quæstiones super decem numerationibus) de rabbi Azriel, presque entièrement écrit en langage clair. Tous les autres ouvrages relèvent soit de l’interprétation symbolique des Écritures, soit de combinaisons de lettres et d’équations isopséphiques17, soit des deux à la fois. Leur degré de difficulté varie, et les plus difficiles ne le sont pas uniformément d’un bout à l’autre. Mais, en ce qui concerne la traduction, une remarque vaut pour tous ces textes, indépendamment de leur difficulté et du type de cabale qu’ils représentent: les arguments ou les interprétations indissociables des lettres composant les mots hébreux tendent à se perdre, à devenir invisibles ou inintelligibles dans une simple traduction, sauf si elle incorpore les mots hébreux sous leur forme originale.

Prenons, par exemple, l’idée courante, et bien plus ancienne que la cabale proprement dite, selon laquelle le ciel et la terre ont été créés avec la lettre (h). L’autorité scripturaire sur laquelle on se fonde pour l’affirmer est Genèse, 2, 4 («Telle fut la genèse des cieux et de la terre, quand ils furent créés»). Mais, dans ce passage, le mot behibar’am («quand ils furent créés»), est interprété comme s’il était écrit behe bra’am; en conséquence, le verset est censé déclarer: «Telle fut la genèse des cieux et de la terre: avec he, Il les a créés.» Il est impossible de saisir la force et la pertinence de cet argument tant qu’on n’a pas vu et compris le mot behibar’am. En guise d’illustration, voici la traduction figurant dans le ms. Vat. Ebr. 190, f. 176r:

18. N.d.t. Dans la version latine courante – la Vulgate de saint Jérôme –, ce verset est très différent: «[Vous avez espéré] dans le Seigneur Dieu perpétuellement fort» ([Sperastis] in domino Deo forti in perpetuo); certaines versions françaises, comme celle de la Bibliothèque de la Pléiade, donnent: «Car en Ya-Yahvé est le rocher perpétuel». Et Zeh est son nom qui doit rester caché pour l’éternité, car il est écrit au moyen [des lettres] yod he vav he [YHVH] et se lit au moyen [des lettres] alef dalet nun yod [Adonaï], et avec ce nom il a créé les choses supérieures et inférieures, car il est écrit [Isaïe, 26, 4 : «Avec yod et he le Seigneur a formé les mondes»18. D’où il ressort qu’avec ces deux lettres, à savoir yod et he, YHVH a créé deux mondes, ce monde-ci et le monde à venir; le monde à venir avec yod, et ce monde-ci avec he, car il est écrit [Genèse, 2, 4]: «Avec he, Il les a créés», ce que nos savants prononcent behibar’am, c’est-à-dire «quand il les a créés».19

On ne peut pas non plus déceler les équations isopséphiques dans une traduction ordinaire. Mithridate fait remarquer à son destinataire, dans la marge d’un de ses manuscrits : «Ô Pic, grandes sont ces choses, mais il est impossible que tu les comprennes, sinon dans les lettres et les mots hébraïques eux-mêmes»20. Il avait entièrement raison. Personne, à moins de savoir l’hébreu, ne soupçonnerait, en lisant cette phrase: «Et de même qu’il l’a apportée dans la main de l’Intellect Agent, il l’a apportée dans la main d’Israël» (Et quemadmodum tradidit illam in manu intellectus agentis sic tradidit illam in manu Israel), que l’Intellect Agent et Israël sont des équivalents isopséphiques, ce qui n’est possible qu’en hébreu: la somme résultant de l’addition des nombres respectivement représentés par les lettres hébraïques sekhel ha-po‘el, (intellectus agens) et yisra’el est, dans les deux cas, 541.
Un exemple éclairant de ce qui pouvait ou non être compris sans recourir à l’original est fourni par le dernier paragraphe du Livre de la Rédemption (Liber redemptionis), où la version latine est suivie d’une citation du texte hébreu et d’une interprétation détaillée due à Mithridate:

Je te dis donc que grande est la cogitation intellectuelle en Dieu selon ce qui est dû, plus que toute prière, tout jeûne et toute exclamation, au moyen de preuves manifestes et claires. Et il n’est pas douteux, comme l’a dit un savant, que quand a lieu cette religion ou ce culte de la cogitation intellectuelle en Dieu et en ses propriétés et en ses œuvres et en ses noms qui indiquent tout ce qui est en vérité, c’est là la vraie religion qui lui est due par tous les sages. Et elle est appelée le culte et la religion que l’on doit à Dieu, le saint et le béni, par la charité. Et tu ne pourras pas connaître ses noms ni avoir de lui une connaissance vraie, sinon au moyen de la combinaison des lettres. C’est pourquoi, si tu combines ses trois noms, en les ajoutant l’un à l’autre avec la rosée21 et avec héyé, tu trouveras dans tous les trois la nécessité ou la cause de la découverte, et aussi que lui-même est la cause du monde, et la cause de ce qui est, et c’est le secret du Dieu éternel. (Par amour de Pic, je veux expliquer ce passage.) La combinaison de ses trois noms s’élève à 17722 et contient la cause de ce qui est, c’est-à-dire hiyub ha-mesi’ah, dont les nombres sont 8+10+6+2+5+40+90+10+1+5 = 177. Ils sont équivalents aux nombres de la cause du monde, qui est appelée hiyub ha-‘olam, dont les nombres sont 8+10+6+2+ 5+70+6+30+40 = 177. Et ils sont équivalents à la cause de ce qui est, qui est appelée hiyub ha-masvii ou cause qui est, dont les nombres sont 8+10+6+2+5+40+90+6+10 = 177. Et ils sont équivalents aux nombres du Dieu sempiternel qui est appelé el ‘olam, car 1+30+70+6+30+40 = 177. Le reste, tu dois le comprendre par toi-même.23

Ce qui ne peut être compris dans la version latine sans recourir au texte hébreu est la manière dont cette vérité – que Dieu est la cause de tout ce qui existe – est découverte, ou plus exactement reconnue, par le moyen de la combinaison des noms divins. Mais tant qu’on n’a pas vu comment la cabale découvre ou reconnaît la vérité – et les voies de découverte ou de reconnaissance ne sont pas toujours les mêmes –, on ne peut pas saisir la qualité essentielle de la cabale.
Si nous gardons à l’esprit que les traductions de Mithridate sont constellées de mots et de formules hébraïques, voire, comme dans l’exemple précédent, de citations entières en langue originale, il nous apparaît que même ces rudiments d’hébreu que Pic avait acquis en un mois pouvaient améliorer sa compréhension de la cabale. Je ne dis pas que cela effaçait ou aplanissait toutes les difficultés que Pic devait affronter. Mais cela l’a certainement aidé à comprendre en détail comment un argument ou une interprétation cabalistique fonctionnait. C’est là un point important, car l’attrait exercé sur Pic par la méthode cabalistique de découverte ou de reconnaissance de la vérité compte pour beaucoup dans ce que la cabale chrétienne a eu d’entièrement nouveau par rapport à la cabale juive.