l’éclat

  philosophie imaginaire

 

Philosophie imaginaire, c’est dire que là où la philosophie est vivante,
elle s’invente que là où la pensée s’éprouve, elle laisse informe
la frontière entre fiction et réalité. Oeuvres regagnées sur l’oubli,
réinventées, oeuvres nouvelles aussi, tirant la pensée hors du temps,
hors des différences tranchées, en un aber où ce qui a été écrit
est indiscernable de ce qui s’écrira.

collection créée en 1985 et dirigée par Patricia Farazzi & Michel Valensi

   
Aboulafia -L'Epître des sept voies

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Abraham Aboulafia
L’épître des sept voies

Sheva Netivot ha-Torah

L’épître des sept voies est la première traduction française d’une œuvre d’Abraham Aboulafia, cabaliste juif du XIIIe siècle, qui élabora sa doctrine du «cabalisme prophétique» parallèlement au Zohar dont il était contemporain. Cette lettre, dans laquelle Aboulafia définit les sept voies de la connaissance, traite en premier lieu des rapports entre philosophie et cabale et apporte sur l’œuvre de Maïmonide un commentaire aussi riche qu’inattendu. Mais elle insiste également sur la spécificité de la langue hébraïque conçue comme langue qui globalise le réel et l’informe immédiatement. La philosophie, dès lors, ne serait qu’une propédeutique à la cabale, dont les savoirs ne sont accessibles qu’à un petit nombre d’individus. Parue pour la première fois dans cette même collection en 1985, l’Épître des sept voies est rééditée ici accompagnée du texte hébreu établi par Adolph Jellinek en 1854.

1985 (nouvelle édition Février 2008)

traduit de l’hébreu par Jean-Christophe Attias

précédé de «Le livre au coeur de l’être» par Shmuel Trigano

suivi de «Aboulafia philosophe et prophète» par P. Farazzi

Edition du texte hébreu original par Adolph Jellinek

Collection Philosophie imaginaire

978-2-84162-154-5

176 p.

14 €

Voir également nouvelle collection.


  Elliot R.Wolfson
Aboulafia, cabaliste et prophète
herméneutique, théosophie et théurgie

Abraham Aboulafia est sans aucun doute l’une des figures les plus hautes en couleur du mysticisme juif ; prophète auto-proclamé aux prétentions messianiques, il vécut et oeuvra dans la seconde moitié du XIIIe siècle, à ce moment précis de l’histoire juive médiévale qui connut une activité mystique intense, aussi bien en terre d’Israël que dans les communautés de la Diaspora. Dans les essais qui composent ce volume, Elliot R.Wolfson s’attache à montrer la dimension éminemment paradoxale d’une oeuvre sans équivalent dans la «pensée juive ».

Elliot R. Wolfson est professeur au Département des Études religieuses de l’Université de New York. Il a publié un grand nombre d’articles et plusieurs ouvrages consacrés à la mystique juive, dont Through a Speculum that Shines. Vision and Imagination in Medieval Jewish Mysticism, Princeton, 1994.

Lire l’introduction

traduit de l’anglais
par Jean-François Sené.

TABLE

Introduction.
I. L’Herméneutique d’Abraham Aboulafia. Le secret et la révélation de l’occultation.
II. La Doctrine des sefirot.
III. Rationalisation mystique des commandements.
Notes. Index.


hors collection.
janvier 2000.
isbn 2-84162-031-x
288 p.,

28 euros.

Voir également nouvelle collection.


José Bergamín
L’Espagne en son labyrinthe théâtral
suivi de La plus légère idée de Lope

«L’écriture baroque de Bergamín se déploie dans une tentative inouïe de faire entendre le «pas impétueux et cadencé de cette énorme foule de chimères», de ces milliers et milliers de comédies, de Lope et de son école, qui ont fait que l’Espagne soit ce qu’elle est, «entière et vraie». » J.-B. Marongiu (Libération).

traduit de l’espagnol
et présenté par Yves Roullière

isbn 2-905372-69-9. 1992. 224p.
19 euros

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José Bergamín
L’importance du démon
et autres choses sans importance

Sans doute fallait-il la présence d’esprit de José Bergamín pour tisser autour de «L’importance du Démon» ces autres essais sur le roman, l’art, la disparate, le théâtre et la tauromachie ; autant de choses sans importance puisqu’elles ne sont au fond que le Démon même sous de multiples déguisements.

traduit de l’espagnol
par Yves Roullière

isbn 2-905372-81-8. 1993.

304 p.

24 euros.

L Y B E R

Version provisoire

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José Bergamín
Le puits de l’angoisse
Moquerie et passion de l’homme invisible

Ce que José Bergamín aura compris de nous, prémonitoirement : notre future impossibilité à le comprendre. Ainsi se range-t-il parmi ceux qui nous disent : « Je n’irai pas plus loin. Je reste en deçà de ce nouveau siècle. Je me retire dans la brume de ce que fut notre temps – celui que nous eûmes en commun – et dont nous fîmes, chacun, si diversement usage. » Et ce qu’il aura compris alors du drame de la République espagnole : le présage de « sombres temps » pour l’Europe tout entière.
Mais, du plus profond de ce puits de l’angoisse, où s’agglutinent les philosophies du néant, surgissent les grandes figures de l’Espagne, du Don Juan de Tirso au Quichotte, moqueurs et colériques héros de la geste populaire, portés par leur implacable « volonté de ne pas mourir »; et leurs paroles se mêlent ici aux pensées d’un Pascal, d’un Kierkegaard, d’un Nietzsche, comme aux vers du frère Luis de León ou de Jean de la Croix.
Jamais Bergamín ne s’est risqué en des territoires aussi nettement «inactuels» que dans cet ouvrage paru en 1941. Jamais il n’a été aussi désespéré – aussi libéré de cet espoir donné aux hommes avec tous les maux –, et porté par ce désespoir moqueur qui lui fera écrire quelques années plus tard: « Car même en tant que squelette espagnol vivant… et pour mort que l’on veuille me tenir en Espagne où je suis né, je me crois fondé à continuer de vouloir me considérer comme ressuscité, ou comme ressuscitable. »
Mort pour de vrai en 1983, le plus pur écrivain espagnol de ce siècle laisse à ses ultimes contemporains une oeuvre multiple dont L’Espagne en son labyrinthe théâtral, et L’Importance du démon et autres choses sans importance ont déjà parus dans cette collection.

traduit de l’espagnol et annoté par Yves Roullière

isbn 2-84162-019-0. 1997.

144 p.

14 euros

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Où acheter ce livre

Lire l'article de Patrick Kéchichian dans le Monde: La sainte colère de José Bergamin

José Bergamín
Terrorisme et persécution religieuse en Espagne
(1936-1939)

«En Espagne, les anarchistes brûlèrent les églises; les catholiques ont brûlé l’Église.» Ces paroles d’un prêtre, rapportées par José Bergamín, résument tout le drame qui est au cœur de Terrorisme et persécution religieuse en Espagne, tout le drame espagnol tel qu’il a pu être vécu par cette Espagne du Christ et de la République, trahie par une Église soutenant le fascisme sous toutes ses formes. Écrits de combat d’une rare violence, les textes publiés ici sont un témoignage sans équivalent de ce qu’a pu être la guerre civile espagnole de 1936 à 1939, entre catholicisme, communisme et anarchisme. Pièces à conviction qui n’abandonnent jamais la littérature, pamphlets toujours épris de vertige mystique, philippiques portées par l’action, les écrits de Bergamín rendent compte au jour le jour des drames d’une guerre intérieure et extérieure et nous en livrent le sens théologique: quel Christ pourra empêcher le déferlement de la barbarie en Europe si, sur une terre soumise aux forces de la mort, sa Croix est livrée au diable par son Église elle-même?

Publié à Mexico en 1941 en même temps que Le puits de l’angoisse, Terrorisme et persécution religieuse en Espagne est accompagné d’un abondant dossier de textes et de documents inédits sur la guerre civile espagnole rassemblés par Yves Roullière. De José Bergamín (1895-1983), on peut lire dans cette même collection: L’Espagne en son labyrinthe théâtral au XVIIe siècle (1992), L’importance du démon et autres choses sans importance (1993) et Le puits de l’angoisse (1997).

Bergamin en 1936 (au premier plan)

Paru novembre 2007

Traduit de l’espagnol et présenté par Yves Roullière

ISBN 978-2-84162-152-1

320 p.

28 €

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Lire des extraits

Où acheter ce livre

PRESSE

Lire l'article de Claire Jude de Larivière dans Le Monde

Lire l'article de J.B. Marongiu dans Libération

Lire l'entretien avec Massimo Cacciari dans Liberation

et sur un tout autre registre

-Manger une bonne glace à Venise chez notre ami Carlo Pistacchi...

Sergio Bettini
Venise. Naissance d’une ville

Parmi les innombrables ouvrages consacrés à Venise, le livre de Sergio Bettini, considéré en Italie comme un classique, tient une place particulière en ce qu’il adopte dès l’abord une position qui veut concevoir Venise comme obéissant, à travers les siècles, à une intention artistique propre, faisant de la ville une seule et unique œuvre d’art, vivante et cohérente. Tout entière construite dans une relation à la lumière et au rythme, obéissant à un tempo pleinement humain, Venise est « la ville, la plus ville qui soit, écrit Bettini. Non seulement les places et les rues, les maisons et les églises ont été, comme partout, construites par la main de l’homme, mais le terrain lui-même a été fait par l’homme. Les Vénitiens ont dû fixer et “amarrer” leur sol, consolider le fond boueux et instable des îles avec des pylônes, relever et renforcer les grèves contre les marées, imposer aux canaux des cours moins hasardeux. Construire enfin la base elle-même de la ville, pour affirmer leur volonté de vivre, et donner à cette vie une forme et un destin». C’est l’histoire de cette forme et de ce destin que Sergio Bettini raconte ici, dessinant la mosaïque d’une ville depuis ses origines jusqu’à l’apogée de son aventure architecturale.

Sergio Bettini (1905-1986) fut professeur d’esthétique à l’université de Padoue. Il a publié plusieurs ouvrages parmi lesquels: Pittura delle origine cristiane (1942), L’Arte alla fine del mondo antico (1948), Il Gotico internazionale (1996). Quelques-uns de ses plus importants essais ont été rassemblés par Andrea Cavalletti dans le volume Tempo e forma. Scritti 1935-1977 (1996).

Introduction. 1. Mythe et réalité de Venise. 2. Entre fonction et utopie. 3. Naissance de Venise. 4. La ville se forme... 5. Le miracle de Byzance et la basilique Saint-Marc. 6. Les ateliers vénitiens à l’œuvre. 7. Derniers sursauts du byzantinisme vénitien. Bibliographie. Glossaire. Index.

Paru: 26 octobre 2006

Collection Philosophie imaginaire

Traduit de l’italien par Patricia Farazzi

17 X 24cm

130 illustrations noir et blanc

ISBN 978-2-84162-134-7

320 pages

relié

45 €


Hermann Broch

photo tirée du site Dokumentationsstelle für neuere österreichische Literatur"

Montage: Sylvia Bartl

Hermann Broch
Logique d’un monde en ruine
six essais philosophiques

Hermann Broch (1886-1951) figure certainement, avec Proust, Musil et Joyce, au panthéon des grands «inventeurs de roman» du vingtième siècle. Mais le public francophone sait peu qu’il se consacra également à l’écriture d’une importante oeuvre philosophique, sans jamais vouloir parvenir à lui donner une forme définitive. Les six essais, publiés ici pour la première fois en français, furent écrits entre 1931 et 1946 et rendent compte de ce que Broch aimait appeler sa «théorie de la connaissance», fondée une conception très personnelle du concept de valeur.
Portant sur des sujets apparemment divers, ils concernent finalement tous une seule et même question: comment la rationalité peut-elle permettre de saisir ce qui, dans toute activité humaine, dépasse le champ du rationnel ? Ou en d’autres termes : quelle est la logique du secret de ce qui dépasse la logique?
Ainsi l’oeuvre de Broch, centrée sur ce « paradoxe de l’irrationalité», constitue, à sa manière, et tout aussi paradoxalement que celle de Musil, pour ne citer qu’un exemple, un versant non négligeable de ce qui deviendra un courant important de la philosophie contemporaine, issue des leçons viennoises de Boltzman, Schlick, Moritz ou Carnap au début du vingtième siècle.

Table des matières : 1. Logique d’un monde en ruine (1931); 2. Réflexions sur le problème de la connaissance en musique (1934); 3. Observations sur la psychanalyse sur la base de la théorie des valeurs (1936); 4. Connaissance intellectuelle et connaissance poétique (1936); 5. Considérations sur le problème de la mort de la civilisation (1936); 6. Sur les unités syntaxiques et cognitives (1946). Notes.

TRADUIT AVEC LE CONCOURS DU CENTRE NATIONAL
DU LIVRE

Traduit de l’allemand
par Christian Bouchindhomme et Pierre Rusch

2005

2-84162-060-7

224 p.

22 euros


Giordano Bruno
Le Banquet des Cendres

Le Banquet des Cendres est le premier des trois grands dialogues métaphysiques de Giordano Bruno, dans lequel il expose, contre les partisans d’Aristote et de Ptolémée, et par-delà Copernic, ses conceptions cosmologiques. S’il défend l’hypothèse copernicienne au cours d’un banquet organisé en son «honneur» par les docteurs anglais le 14 février 1584, jour des Cendres, c’est surtout pour dénoncer la pédanterie et l’obscurantisme desdits docteurs, et c’est avant tout le Bruno «inventeur de philosophies nouvelles», comme l’appelle Joyce, qui apparaît ici. La dimension nouvelle qu’il introduit n’est pas tant d’ordre cosmologique ; elle regarde le traitement tout personnel qu’il fait de la connaissance humaine, sa capacité à «tout ébranler pour connaître l’innébranlable»; elle est dans la part qu’il accorde, dans ce bouleversement des idées reçues, à l’« imagination créatrice», ce qui a fait dire à Eugenio Garin qu’«il est probable que la compréhension exacte de la notion d’imaginaire (...) soit le secret, encore partiellement irrévélé, de la pensée de Giordano Bruno et d’une partie non négligeable du XVe et du XVIe siècles».
Condamné pour hérésie après huit ans de procès, Giordano Bruno est brûlé vif sur le Campo dei fiori à Rome, le 16 février 1600, laissant ce «secret» à lire pour les générations futures.

«Le Banquet des Cendres constitue un document vivant et de premier ordre sur les controverses philosophiques que provoqua l’oeuvre de Copernic dans la seconde moitié du XVIe siècle italien.» J. Seidengart (Revue de Synthèse).

traduit de l’italien
et présenté par
Yves Hersant
isbn 2-84162-122-7.

1988. IIIe éd. 2006

xxii-170 p.

15 euros

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Massimo Cacciari
Drân
Méridiens de la décision dans la pensée contemporaine

Quel «terme», aujourd’hui, est encore respecté? Quelle «loi» n’a pas été déplacée? S'il ne s'agit plus de transgresser le terme, d'aller au-delà de la «limite», mais bien au contraire de réussir à s'y tenir, de réussir à consister en elle et y résister si radicalement qu'on puisse l'approfondir jusque dans ses racines, dès lors, le Drân, — «Faire», verbe tragique par excellence, qui indique l'instant, l'acmé suprême de la décision, l’acte à son comble — s'impose à la philosophie, à toute philosophie qui se veut aletheia : «expression de quelque chose de caché».
Heidegger-Jünger, Heidegger-Hölderlin, Michelstaedter Wittgenstein, Michelstaedter-Nietzsche, Leopardi-Michelstaedter Nietzsche-Platon, Simone Weil enfin, entre platonisme et gnose, : la ligne frontière que Massimo Cacciari nous invite à suivre, traversant ces «doubles mondes» de la philosophie, nous conduit au plus profond de la pensée européenne, jusqu’à son fonds irréductible, sa borne milliaire, jusqu'à la décision chronologique que constitue le platonisme.

«Le titre signifie déjà un déplacement énigmatique. Drân, c’est ’faire’, ’agir’, dans le vocabulaire tragique grec. Sûr de sa mémoire, fixé à son idée, d’une précision d’orfèvre, recourant à mille artifices graphiques, Cacciari tente cela même qu’il étudie: évoquer le problème du ’faire’ et de la limite sans rhétorique.» G. Petitdemange (Etudes).

traduit de l’italien par Michel Valensi

1992

2-905372-63-X

156 p.

14 euros

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L Y B E R


Massimo Cacciari
Déclinaisons de l’Europe

Alors que l’Europe s’apprête à franchir le seuil de l’unité politique et économique, elle se trouve en proie à des forces contraires, centrifuges, et à toutes sortes de résistances – théoriques et pratiques –, comme si le signe de son unité consistait avant tout en ce sentiment aigu de crise. Depuis les guerres médiques, alors qu’elle apparaît dans la conscience hellénique, l’Europe est instable dans ses frontières, inquiète en son cœur, incertaine quant à son destin. Elle procède par décisions successives, s’interrogeant toujours à la ‘croisée des chemins’. Et c’est aux différents ‘lieux’ de cette interrogation ininterrompue – mer et terre, guerre et paix, Orient et Occident, loi et déracinement – qu’est consacré ce livre, où il apparaît que la tentative de réduire cette tension entre les contraires, la volonté de les forcer à un accord est à l’origine de la violence qui se déchaîne à l’intérieur même de l’Europe. Alors que la seule voie salutaire pourrait être celle qui consiste à maintenir ce qui se donne comme parfaitement singulier, comme parfaitement distinct.
Cacciari fait dialoguer ici l’antique sagesse tragique avec le réalisme politique du Moderne, Machiavel avec Carl Schmitt, la République de Platon avec Augustin et Nicolas de Cues, la Venise sauvée de Simone Weil avec «le dieu ultime» de Martin Heidegger. Autant de voix également en discussion, comme celles des trois sages du grand dialogue de Raymond Lulle – mais portant témoignage de l’Occident de l’Europe, de ses ‘déclinaisons’ qui peuvent se révéler comme les promesses d’une «conjecture de paix», d’une patrie absente.

Massimo Cacciari est né à Venise en 1944. Il a été maire de cette ville de 1993 à 1999. Son œuvre philosophique est abondante, depuis Krisis (Milan, 1976) jusqu’à sa récente somme philosophique: Dell’Inizio (Milan, 1990). En français on peut lire : Icônes de la Loi (1985), Paris 1990, L’Ange nécessaire (1986), Paris 1988, ainsi qu’un volume inédit en italien : Drân. Méridiens de la décision dans la pensée contemporaine, publié dans cette même collection en 1992.

traduit de l’italien et présenté par Michel Valensi

1996

ISBN 2-84162-003-4.

176 p.

14 euros

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L Y B E R


Giorgio Colli

Giorgio Colli
Philosophie de la distance
cahiers posthumes I

Giorgio Colli est mort le 6 janvier 1979, laissant une œuvre philosophique étroitement liée à son activité éditoriale et universitaire, comme éditeur, entre autres, des œuvres complètes de Nietzsche et professeur de philosophie antique à l’Université de Pise. Quatre livres seulement ont paru de son vivant, et cette méfiance vis-à-vis de l’écriture et de la publication, fait l’objet d’une réflexion au jour le jour dans ces cahiers rédigés entre 1955 et 1977, publiés en Italie en 1982 et qui commencent à paraître aujourd’hui en français.
Philosophie de la distance rassemble ces notes sur le rapport de l’écrit à l’oral et, d’une manière générale, sur cette distance entre substance et expression. S’y ajoute un ensemble sur les rapports de l’État à la culture et à l’éducation.
Ces cahiers posthumes nous introduisent dans le laboratoire de la pensée de Giorgio Colli. Ils apparaissent comme son véritable ‘héritage’ philosophique, en contrepoint personnel et secret des différents livres qu’il a publiés, traduits ou édités. Bien qu’hostile à toute philosophie systématique, Colli ne se révèle pas moins, dans le cours de son élaboration théorétique, un extraordinaire architecte, qui peu à peu ajoute à son édifice les justes pierres, à l’exacte mesure.

texte établi par Enrico Colli. traduit de l’italien par Patricia Farazzi

1999
isbn 2-84162-034-4
224 p.
15 euros.

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la galaxie Sombrero Giorgio Colli
Philosophie du contact
cahiers posthumes II

Ce deuxième volume des Carnets posthumes rassemble différents fragments antérieurs à l’écriture de Philosophie de l’expression et constitue le laboratoire de cette oeuvre importante, dont Colli dira lui-même qu’elle fut sa «plus grande émotion». Le contact grandit à l’ombre du fragment d’Héraclite : «Contacts : les totalités et les non-totalités, le convergent et le divergent, le consonnant et le dissonnant.» Il est «l’indication d’un rien représentatif, d’un interstice métaphysique, qui est pourtant un certain rien, puisque ce qu’il n’est pas ... lui confère une détermination expressive». La prodigieuse plongée dans ce «rien qui est» laisse apparaître un monde, au seuil duquel Colli s’arrête. La terre promise d’une pensée du contact a encore les contours flous d’une œuvre posthume. Elle attend une nouvelle génération de pionniers du concept. Qui tarde.

texte établi par Enrico Colli. traduit de l’italien par Patricia Farazzi

2000
isbn: 2-84162-044-1. 224 p.

22 euros.

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Nietzsche
cahiers posthumes III

Ce troisième volume des Carnets posthumes rapporte l’ensemble des fragments sur Nietzsche. Ils viennent en contre-point des préfaces qu’il a données aux différentes éditions de Nietzsche en Italie, rassemblées sous le titre Écrits sur Nietzsche (1980), et de son Après Nietzsche (1974). Et se fait jour ici, sous forme de notes rapides, acérées, énigmatiques, la relation privilégiée d’un homme avec une oeuvre sans équivalent dans la littérature philosophique de ces derniers siècles. Si «Nietzsche a tout dit et le contraire de tout», peu importe alors de le comprendre ou de l’interpréter. Le «comprendre» véritablement, c’est «faire quelque chose» dans sa direction. Se succèdent alors, au jour le jour, les différents moments de cette «action Nietzsche», qui confirment que sur le plan de l’honnêteté philosophique, nous ne sommes pas encore allés «après Colli».

postface de Sandro Barbera.

traduit de l’italien par Patricia Farazzi . texte établi par Enrico Colli.

2000
isbn 2-84162-039-5. 224 p.

17 euros.

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Giorgio Colli
Après Nietzsche

Les «grandes âmes ont peu à attendre de la justice des générations futures, dès lors qu’elles s’adressent à leur présent avec une dureté véritable». Et au lendemain de la cérémonie de clôture d’un siècle amer, c’est Nietzsche qui meurt une seconde fois, avec les festivités annoncées du centenaire de sa mort. Parce que les questions soulevées par lui sont encore là, suspendues, toujours plus inextricablement mêlées à notre incapacité d’y répondre. Piètres OEdipes modernes, pliant devant le sphinx, ou faisant mine de n’avoir pas entendu. Le vingtième siècle est terminé, et Après Nietzsche évoque un temps qui n’est pas advenu, le temps présent d’un «savoir non détaché de la vie».
Écrit au sortir de quinze années consacrées à établir, avec Mazzino Montinari, l’édition des Œuvres complètes de Nietzsche, ce «petit livre sans notes» parle des «conquêtes» de la pensée de Nietzsche, mais aussi de ses retentissantes et glorieuses défaites. Il témoigne contre une modernité qui, au nom d’une certaine science, d’une certaine perspective historique, d’une raison détachée du logos, n’a pas su aller après Nietzsche, et s’est abandonnée aux délices de Capoue des apparences.

« Un excellent recueil, un livre aigu, pénétrant, neuf, qui reprend les thèmes grecs de Nietzsche, en prolonge ou corrige le sens, revient avec une brutale franchise sur les ’acquis’ de la pensée de Nietzsche, sans hésiter à les contester ... Il est rare que nous soyons ainsi gâtés par la fermeté du jugement et par la force du style. » E. Blondel (Revue Philosophique).

traduit de l’italien par Pascal Gabellone

Ière édition 1987

IIe édition 2000.

ISBN 2-84162-038-7

192 p.

15 euros

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Giorgio Colli
Philosophie de l’expression

Philosophie de l'expression est une tentative de repenser ex novo certains des thèmes essentiels de la métaphysique, et qui se situe en position de rupture évidente avec les courants dominants de la philosophie contemporaine.
La perspective de Giorgio Colli, c'est la connaissance, et allant à rebours du cours évolutif de l'histoire, s'attachant plus particulièrement aux origines de la pensée grecque, il s'emploie à récupérer le sens originel du logos, qui transparaît des formules énigmatiques des Présocratiques, ou encore de l'imposante somme aristotélicienne, où conflue toute la pensée grecque. Et c'est en référence constante à Aristote, en dialogue et constraste continu avec cette oeuvre que Colli a conçu la partie centrale de ce livre, où se fait jour une théorie thès élaborée des catégories et des déductions.
L'expression renvoie à ce qui est représenté; elle est ici prise au sens métaphysique de «substance du monde», s'opposant à la représentation, qui enserre le monde entre le jeu et la violence. Elle participe de l'origine, de l'immédiat.
Philosophie de l'expression, dans son entreprise de remise en cause de l'édifice philosophique, reste l'oeuvre maîtresse d'un homme qui a peu écrit, sa «plus grande émotion». Ses formulations fulgurantes, son génie expressif lui garantissent une place toute particulière dans le champ de la pensée contemporaine.

« Non, si la Philosophie de l’expression de Giorgio Colli ne renvoie à rien, c’est qu’elle est un corps à corps direct avec Aristote, une écoute silencieuse de cette ’parole’ grecque d’avant’ la philosophie. » R. Maggiori (Libération).

traduit de l’italien par Marie-José Tramuta
suivi de « Souvenir de Giorgio Colli » par Mazzino Montinari

1988

isbn 2-905372-28-1.

240 p.

14 euros.

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Giorgio Colli
Écrits sur Nietzsche

« En vérité, Nietzsche n’a aucunement besoin d’être interprété ... parce que son action sur la vie individuelle est directe », écrivait – en polémiste – Giorgio Colli, dans la présentation de l’édition critique de Nietzsche, préparée avec Mazzino Montinari, qui a permis de lire des milliers de pages inédites et de mettre au jour une fois pour toutes les falsifications subies par les textes.
Il n’est pas courant de trouver dans la littérature sur Nietzsche une telle distance par rapport à son œuvre en même temps qu’une telle intimité avec sa pensée. C’est le risque de Nietzsche – cela ne fait pas de doute – d’avoir « tout dit et le contraire de tout » ; c’est la force de Colli de l’avoir su dire et montrer, témoignant de cette indispensable action à distance, qui nous permet d’accéder à ces écrits, accompagnés d’un guide qui « ne dit, ni ne cache, mais indique ».
On ne peut trouver de meilleure introduction à l’oeuvre de Nietzsche. De La Naissance de la Tragédie aux derniers écrits posthumes, ce livre rassemble les préfaces de Colli aux volumes parus en Italie entre 1959 et 1978. Vingt années passées à « serrer, presser, épuiser, tourmenter, mettre en pièces et remettre ensemble » une oeuvre sujette, plus que tout autre, aux malversations et aux méprises.
Vingt années d’une existence placée sous le double signe de l’action éditoriale et de l’investigation philosophique, au cours desquelles Colli publia quelques rares ouvrages déterminants, dont Philosophie de l’expression (1969), Après Nietzsche (1974) et La Sagesse grecque (1977-1980), publiés en français aux éditions de l’éclat.

traduit de l’italien par Patricia Farazzi
isbn 2-84162-011-5. 1996. 192 p.

14 euros.

D’autres ouvrages de Colli et de Nietzsche figurent dans la collection «Polemos».

Toujours sur Nietzsche, et comme «en prime» un entretien avec le «spécialiste mondial de Nietzsche», selon sa formule, que nous vous laissons découvrir.

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Gustav.-Theodor Fechner
Anatomie comparée des anges
suivi de «Sur la Danse» et d’un essai de William James

C’est un fait que l’on assiste, depuis quelques années, à un "retour" de l’ange, dont les formes sont pour le moins diverses. Certes, l’ange est commode. Patient, messager, virtuel, intemporel ou exterminateur, il est surtout gardien, désormais, d’un homme incapable de se garder lui-même, et semble devoir correspondre à la folie sécuritaire qui s’est emparée de notre monde.
L’ange de Fechner, au contraire, ne garde rien, et n’a qu’une vague relation avec notre espèce. Il est cosmique ou cosmologique, et s’il nous regarde de quelque manière, c’est plutôt comme une sentinelle facétieuse, campée devant ce qui nous est destiné, mais que nous ne pouvons voir, terrassés par la peur de ce qui nous semble de plus en plus inaccessible: notre propre capacité à imaginer le monde. Tel serait alors aussi l’ange de Fechner: témoin de la perte de nos propres ailes.

Paru en 1825, De l’Anatomie comparée des anges avait su attirer l’attention d’auteurs tels que William James (qui lui a consacré un essai donné ici en postface), Henri Bergson, Alfred Jarry ou Sigmund Freud, qui n’hésite pas à ranger Fechner au panthéon des philosophes sur lesquels il s’est «appuyé».
Le petit écrit «Sur la danse» (1824), traduit par Claude Rabant, témoigne également de l’humour et de la force imaginative de ce philosophe né et mort à Leipzig (1801 -1887) et qui fut, entre autres, l’inventeur de la psycho-physique.

traduit de l’allemand par Michèle Ouerd
& Annick Yaiche

isbn 2-84162-025-5. 1997. 104 p.

14 euros.


  Benito Feijóo y Montenegro
Le Je-ne-sais-quoi

«La pensée de Feijóo parvient à tracer les limites et les contours de la pensée ’rationnelle’, à faire envisager de face cet élément mystique, hors la loi, et à poser ce ’Je-ne-sais-quoi’ comme l’expression nostalgique du résidu d’un sentiment atrophié, originellement plus vaste, universel.» R. Amutio (Impressions du Sud).

traduit de l’espagnol et présenté par Catherine Paoletti
bilingue. isbn 2-905372-35-4. 1989. 64 p.

7 euros.

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Emmanuel Fournier
Croire devoir penser

« Penser sans le savoir. Marcher sans le savoir. Ni savoir comment faire pour marcher ou pour penser. S’étonner de manquer de savoir. Et s’étonner de pouvoir savoir sans savoir savoir, sans avoir conscience de savoir. » D’ordinaire, le langage répond aux interrogations par des énoncés articulés autour de verbes soumis à la conjugaison, rattachant ainsi l’homme à ses questions sans pour autant lui répondre. Restait à tenter l’expérience de la "déconjugaison", par laquelle le verbe, laissé intact, se déclinerait exclusivement à l’infinitif. Alors l’homme et ses questions et ses réponses conjugués se prennent à sourire de ce qu’on ait pu croire devoir penser : « Je pense, donc je suis », comme s’il ne s’agissait au fond que de se pincer simplement l’avant-bras pour ne pas avoir à douter que ce fût bien «soi» et non quelqu’autre chose. C’est toute l’ironie de ce livre qui paraît en 1996 pour la première fois, fêtant les 37 ans de l’auteur. C’est toute sa légèreté que d’annoncer qu’«il nous arrive parfois d’espérer répondre aux questions que nous nous posons» par ces «études pour doute et conscience ... où il est question de douter, de croire et de savoir, de pouvoir et de manquer, de finir, de changer et de vouloir, de devoir, de servir et de se libérer», mais jamais de soi, ni de René Descartes.


écrire à l'auteur
emfou@free.fr

isbn 2-84162-008-5. 1996. 144 p.

13 euros.

Emmanuel Fournier a également publié chez Eric Pesty éditeur, Marseille deux ouvrages: Mer à Faire et 36 morceaux, dont vous trouverez le détail sur le site de l'éditeur (cliquez ici).

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Emmanuel Fournier
L’infinitif des pensées
comprenant les Carnets d’Ouessant

Penser en acte: et l’homme préfère considérer la formule comme simple juxtaposition de mots, quand il fait le constat d’une «pensée séparée de la vie». Cela viendrait-il qu’il ne pense qu’avec des mots qui le tirent le plus souvent vers ce qu’ils veulent communément dire, et non plus vers ce qu’il voudrait, lui, penser ? Comment chercher, dans ces conditions, une façon acceptable d’être et de penser ? Tout au long de ses carnets d’Ouessant, d’essais parallèles de transcriptions à l’infinitif de Descartes, Nietzsche, Wittgenstein, Kant, Aristote ou Heidegger, de postfaces à Croire devoir penser, et d’annotations au «chantier de la philosophie», Emmanuel Fournier détaille avec une grande honnêteté et un sens minutieux de l’humour ce qu’il entend par «penser à l’infinitif».

2000
isbn 2-84162-042-5
256 p.
19 euros


Extrait

Emmanuel Fournier a également publié chez Eric Pesty éditeur, Marseille deux ouvrages: Mer à Faire et 36 morceaux, dont vous trouverez le détail sur le site de l'éditeur (cliquez ici).

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  Juan David García Bacca
Invitation à philosopher selon l’esprit
et la lettre d’Antonio Machado

Depuis ses premiers travaux scientifiques et mathématiques jusqu’à ses derniers livres, parmi lesquels : Philosophie de la musique (1990), De la magie à la technique (1989), Hasard et Nécessité. Parménide et Mallarmé (1985), Juan David García Bacca s’est toujours employé à réconcilier philosophie – fût-elle ‘des sciences’ – et poésie. L’étonnant ouvrage qu’il consacre à Machado nous invite à lire la philosophie du plus grand poète espagnol, mais aussi et surtout à apprendre de la poésie ce qu’est – ce que devrait être –, le questionnement philosophique sous toutes ses formes. « La parole est une opération de logique formelle », écrit Bacca et la parole poétique de Machado, exemple de logique poétique absolue, est, dans son essentialité, un accès au sens philosophique originel de l’homme, si tant est qu’on veuille bien voir et reconnaître, au lieu de simplement regarder et connaître. Mais « mes yeux sont dans le miroir des yeux aveugles qui regardent ceux avec lesquels je les vois » écrit Machado. Se trouvera-t-il des yeux pour voir qu’il n’est de philosophie qui ne soit aussi écriture et pour le (et la) reconnaître ?

Juan David García Bacca est né à Pamplona en 1901. Titulaire de la chaire de philosophie de l’Université de Santiago de Compostela, il choisit l’exil après la guerre civile, et s’installe en Amérique latine, où il meurt en 1992. Traducteur des Présocratiques, de Platon, de Plotin, mais aussi de Marx et de Heidegger, il est l’auteur d’un très grand nombre d’ouvrages philosophiques, théologiques, physiques, mathématiques... Invitation à philosopher selon l’esprit et la lettre d’Antonio Machado (1967) est sa première traduction en français.

traduit de l’espagnol par Marie Laffranque

Isbn 2-905372-98-2. 1994. 196 p.

19 euros.

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  Aldo G. Gargani
L’étonnement et le hasard

La rationalité est au centre des questions auxquelles se mesure aujourd'hui la pensée. L'étonnement et le hasard en aborde les enjeux selon une perspective qui vise à en ouvrir le champ et à soustraire notre pensée, nos langages, à la nécessité de la règle, à la répétition et à l'inexorable.
Ce livre se compose de deux parties. On trouvera dans la première un ensemble d'analyses qui cernent dans le hasard l'émergence de significations nouvelles. L'étonnement y recouvre sa capacité de secousse, d'éveil, face aux formes engourdies du savoir ou de la vie.
Dans la seconde partie, «comme de la semance jetée sur le terrain de la première», Aldo Gargani en explore les possibilités chez Wittgenstein, Musil, Kafka et Freud. La lecture qu'il en propose et la conscience aiguë, qui se fait jour chez eux, des exigences et des blocages auxquels la pesnée doit faire face, dessinent un réseau de solidarités et de différences dont les contours sont ceux d'une situation philosophique et problématique — la nôtre — qui constitue le véritable objet de ce livre.

«La leçon de Gargani va bien au-delà des "thèses" philosophiques: il invite à faire confiance à l’étonnement, au hasard, à l’expérimentation, à l’imprévisibilité et à la possibilité d’effectuer de nouveaux choix de vie, de nouveaux paris de connaissance. » R. Maggiori (Libération).

traduit de l’italien par Jean-Pierre Cometti & Jutta Hansen
suivi de «Voir» par J.-P. Cometti

isbn 2-905372-27-3. 1988. 245 p. 16 euros.

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  Roger Godel
Recherche d’une foi
suivi de
Figures et images sur la jeunesse de Platon

«La leçon de Godel doit être entendue: Il ne faut pas oublier la Grèce, sous peine de perdre la mémoire tout entière.» A. Jeannière (Études).

isbn 2 905372-38-9. 1990. 144 p.

13 euros.


Ignaz Goldziher
Le dogme et la loi dans l’Islam.
Histoire du développement dogmatique et juridique de la religion musulmane

Paru en allemand en 1910, et aussitôt traduit dans plusieurs langues, Le Dogme et la loi dans l’Islam d’Ignaz Goldziher (1850-1921) a marqué un tournant dans les études islamiques et a contribué grandement à une meilleure connaissance de l’Islam pour le lecteur occidental. «C’est notre premier manuel d’Islamologie» s’écrie le grand orientaliste Louis Massignon dans l’hommage qu’il rend à son maître et ami, et près d’un demi siècle plus tard, c’est au tour de Bernard Lewis de saluer «ce chef d’œuvre de perception, de construction et d’exposition, ... qui, comme introduction à la foi, au droit, à la doctrine et à la piété islamiques, reste sans équivalent».
Le premier chapitre décrit la personnalité du fondateur de l’Islam et situe le monothéisme coranique par rapport aux autres religions sémitiques. Le deuxième traite de la codification du droit canon et de ses altérations postérieures. Le troisième expose les étapes du développement dogmatique. Le quatrième traite des grands courants de la mystique musulmane. Le cinquième est consacré aux sectes dissidentes anciennes (khârijisme, shî’isme orthodoxe et ismaélien). Enfin, le sixième s’attache aux tentatives postérieures (wahhâbisme, bâbisme et béhaïsme, sikhisme, ahmadiyah) et aux essais d’unification islamique. L’appendice d’Agostino Cilardo, paru en 2000 dans l’édition italienne du Dogme, complète avantageusement l’ouvrage, en nous présentant «Quelques formations récentes dans l’Islam» et tout particulièrement en Asie, où leur développement fut souvent postérieur à l’étude de Goldziher.

2005

Introduction de Louis Massignon

en Appendice Agostino Cilardo; De quelques formations islamiques récentes

Traduit par Félix Arin

Coédition avec la Librairie Orientaliste Paul Geuthner


Où acheter ce livre

Gregorio de los Ríos
Agriculture des jardins

Semer, planter, bouturer et arroser les fleurs, marcoter, greffer et tailler les arbres, agencer des massifs, nourrir et conserver le rossignol dans son jardin, faire des bouquets, l’Agriculture des jardins, écrit en castillan et publié pour la première fois en 1592, rompt avec une tradition qui voulait qu’un jardin fût essentiellement fonctionnel. Aux plantes médicinales, vivrières ou potagères, Gregorio de los Ríos, jardinier du roi d’Espagne, Philippe II, en charge de la Casa de Campo, à l’ouest de Madrid, préfère l’angélica et les besicos de monjas, la yierba donzela et les maravillas, l’estrallamar et les pajarillas et nous livre l’un des premiers traités de jardinage en Europe, inaugurant une nouvelle «idée de jardin», désormais consacré au plaisir des sens.

Catherine Chomarat-Ruiz enseigne à l’École Nationale supérieure du Paysage à Versailles. Elle a publié Le jardin et le parc de Castille (L’Imprimeur, 2005) et Jardins de paradoxes (Actes Sud, 2007), postfacé par William Christie.

Paru octobre 2007

Traduit de l'espagnol et présenté par Catherine Chomarat-Ruiz

978-2-84162-150-7

224 p. Relié

Photos de Patricia Farazzi

30 euros


Yehuda Halevi
Le «Diwan»

Une anthologie de l’oeuvre poétique en bilingue du plus grand poète juif du Moyen Age, auteur du Livre du Kuzari.

traduit de l’hébreu par Yaacov Arroche & Joseph G.Valensi
postface de Samuel David Luzzatto (1864)
bilingue. isbn 2-905372-24-9. 1988. XI-354 p. épuisé.

  Ibn ’Arabî
Le dévoilement des effets du voyage

«Tu es à jamais voyageur, de même que tu ne peux t’établir nulle part», s’écrie Ibn ’Arabî dans ses Illuminations de la Mecque. Ainsi, Le dévoilement des effets du voyage repose sur l’affirmation selon laquelle tous les êtres, jusqu’à la divinité elle-même, participent d’un voyage universel sans fin, ni dans ce monde ni dans l’autre. Mais ce livre, qui nous invite à suivre les voyages décrits par la Révélation et la tradition prophétique et à bénéficier de leurs effets, se double d'un traité d'herméneutique. L'interprétation constitue elle-même un voyage qui noue, entre le Livre, le monde et l'Homme, un lien de correspondance essentiel pour la compréhension du texte. Ainsi, les trois voyages – vers Dieu, en Dieu et provenant de Dieu – dont il est question ici, doivent aussi être compris comme autant de voyages vers, dans et provenant du Livre, qui est à la fois ce qui réunit les êtres, mais aussi les distingue. A ce titre, le Coran, livre de la Réunion et de la distinction, est le Monde dans lequel voyage le Shaykh al-Akbar, le plus grand des maîtres du soufisme et de la mystique islamique.

L' oeuvre de Ibn ‘Arabi (Murcie 1165-Damas 1240) a fait l'objet de plusieurs traductions françaises et de nombreuses études, depuis les travaux d'Henry Corbin jusqu'à la biographie que lui a consacré Claude Addas. C'est la première fois que paraît une édition critique bilingue de l'un de ses traités. Denis Gril (Université de Provence) avait déjà traduit et présenté Le livre de l'arbre et des quatre oiseaux (Paris 1984) et a participé à l'anthologie des Illuminations de la Mecque (Paris 1988)

L Y B E R

texte arabe édité, traduit et présenté par Denis Gril

isbn 2-905372-92-3. 1994. 20043
xxxiii-150 p.
19 euros

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Ibn ’Arabî
La production des cercles

Ce petit traité aborde les éléments essentiels de la métaphysique de Ibn ’Arabî et témoigne de ses rapports avec la philosophie en même temps que de l’introduction dans le soufisme d’éléments externes empruntés à la scolastique et à la philosophie péripatéticienne.

traduit et présenté par Paul Fenton & Maurice Gloton

bilingue.
isbn 2-84162-010-7. 1996. xlix-82 p.
15 euros

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Couverture Nietzsche

Lire l'introduction

Yann Kassile
Penseurs japonais
Dialogues du commencement

« Nous, Occidentaux, que connaissons-nous de la pensée actuelle au Japon? Savons-nous qui sont les penseurs contemporains japonais, ce qu’ils pensent?
De quelle manière intègrent-ils l’histoire des idées de la civilisation occidentale et celle de la civilisation japonaise? avec quel art, en eux, confrontent-ils et vivent-ils ces deux héritages?
Il n’y avait jamais eu en Europe jusqu’à ce jour d’ouvrage faisant parler les penseurs japonais sur cette question. À ce manque répond ce livre.
D’un voyage au Japon sont rapportés vingt-deux dialogues avec des philosophes, psychiatres, poètes. »
Y. K.

2006

ISBN: 2-84162-118-9

288 p.

22 euros

Yann Kassile a également réalisé un documentaire sur Pierre Bonnard. Cliquer ici pour plus d'informations.

et sur Nietzsche Cliquer ici pour avoir également plus d'informations


  Najm al-dîn Kubrâ
Les éclosions de la beauté
et les parfums de la majesté

Fritz Meier et Henry Corbin avaient attiré l’attention depuis longtemps sur ce grand maître du soufisme iranien que fut Najm al-dîn Kubrâ (1145/46-1221). Toutefois ce traité, sans nul doute le plus important du maître, n’avait jamais été traduit. Najm al-dîn Kubrâ y aborde principalement les expériences que traverse le voyageur dans son itinéraire mystique, notamment la perception des lumières de couleur et l’accession à la sainteté marquée par le don du nom suprême de Dieu. Le saint que nous décrit Najm al-dîn Kubrâ est ce voyageur qui s’anéantit dans cet amour fervent nocturne que le maître place au-dessus de la connaissance mystique. Il apparaît ainsi davantage que son contemporain méridional illuminé par la diurne clarté de cette connaissance, Rûzbehân de Shîrâz, comme un pur mystique de l’amour fou. La méditation de Najm al-dîn Kubrâ offre une doctrine éclatée non spéculative dont le motif essentiel est la pratique et constitue une exhortation à la sincérité et à l’envol du désir. Le maître du Khwârazm fut aussi le témoin de l’immense cataclysme qui a ravagé l’Iran au début du XIIIe siècle. Il offre l’image d’un saint qui ne demeure pas enfermé dans son couvent, mais qui, animé d’un courage extraordinaire, refuse de fuir devant les Mongols et prend même les armes pour les combattre jusqu’à la mort sur les remparts de Khwârazm, non sans avoir auparavant achevé la formation de ses derniers disciples.

Paul Ballanfat est maître de conférences d’études turco persannes à l’Université Jean Moulin - Lyon III.

traduit de l’arabe et présenté par Paul Ballanfat


isbn 2-84162-050-6
256 p.
25 euros


Najm al-dîn Kubrâ
La pratique du soufisme

Les textes traduits ici constituent un ensemble dont l’essentiel est consacré à définir les règles de l’initiation et de l’éducation spirituelle. Leur portée est avant tout pratique. On peut ainsi mesurer à quel point Najm al-dîn Kubrâ (1145/46-1221) fut plus un guide spirituel soucieux de conduire ses disciples jusqu’à leur but, qu’un doctrinaire du soufisme. Cependant, la pratique du soufisme ne saurait se séparer d’une doctrine d’ensemble qui la fonde et qui l’organise dans la cohérence du discours. On trouvera donc dans ces traités maints éléments qui complètent ce que Najm al-dîn Kubrâ a davantage développé dans Les Éclosions de la beauté et les parfums de la majesté, paru dans cette même collection.

Sont ici traduits, et amplement présentés, les traités suivants : Traité pour le fou d’amour ; Traité des dix principes ; Les bons usages des soufis ; Livre des bons usages de l’itinéraire vers la présence ; Traité du voyageur extatique ; Traité de la retraite spirituelle ; Conseils pour l’élite ; Réponses aux neuf questions ; Traité de soufisme ; Traité des bons usages des itinérants ; Les voies de la connaissance du manteau mystique ; Traité du navire ; Réponses à quelques questions I ; Réponses à quelques questions II.


Paul Ballanfat est maître de conférences d’études turco-persanes à l’Université Jean Moulin - Lyon III.

2002

traduit de l’arabe
et du persan et présenté par
Paul Ballanfat

ISBN: 2-84162-059-X


276 p.

28 euros


Jules Lequier
Abel et Abel

suivi de la Notice biographique de Lequier par Prosper Hémon (texte établi et présenté par Gérard Pyguilhem) et de «L’incommunicable secret caché sous ce mot : Nous» inédit de Lequier texte établi par Michel Valensi.

1991

isbn 2-905372-55-9

256 p.

19 euros.


Jules Lequier
Comment trouver, comment chercher une première vérité?

«Dans ses écrits ... un unique problème est traqué et comme trituré sous toutes ses faces : la liberté humaine. Lequier est par excellence le philosophe de la liberté. Il a eu l’intuition simple, mais extraordinairement intense et profonde, que si la liberté est, elle n’est rien d’autre, incompréhensible, incompatible, ne tolérant ni partage ni compromis.» X. Tilliette (La Croix, 1962).

préface de
Claude Morali

suivi de
«Le murmure de Lequier»
par M. Valensi

isbn 2-905372-00-1. 1985. 128 p.
12 euros.

L Y B E R


Raymond Lulle (Ramon Lull)
Le livre du gentil et des trois sages

Sept siècles après sa rédaction, Le livre du gentil et des trois sages pose, avec une actuelle pertinence, la question de la différence en affirmant l’essentielle et vitale importance du dialogue et de la polémique pour la société des hommes. L’exposition systématique des trois religions, à un plan d’égalité dans le dialogue, fait de cet ouvrage un manifeste de l’art du dialogue en tant que polémique respectueuse.

traduit du catalan et présenté par Dominique de Courcelles

isbn 2-905372-66-4. 1992 2. 256 p.

20 euros.

L Y B E R


  Stéphane Mallarmé
Écrits sur le livre

choix de textes et de correspondances
établi par C. Romana - M. Valensi
précédé de «Mallarmé au-delà du silence» par H. Meschonnic, suivi de «Un livre qui soit un livre» par Christophe Romana (@)

isbn 2-905372-06-0. 1986. 192 p. (épuisé)

photo de couverture: Eduardo Comesaña. Borges dans son bureau de la Bibliothèque Nationale de Buenos Aires en 1971.

Où acheter ce livre

Jean-Clet Martin
Borges. Une biographie de l’éternité

Jorge Luis Borges (1899-1986) a traversé le vingtième siècle à la manière de ses personnages, laissant toujours imprécise la limite entre fiction et réalité. Sa biographie recoupe celle des Pierre Ménard, Evaristo Carriego, ou Herbert Quain qui peuplent ses ouvrages comme autant de miroirs multipliés. Aussi lire la vie de Borges, c’est reparcourir avec lui les labyrinthes d’un monde dont, tel un «dieu bibliothécaire», il a dessiné les contours, déployé les déserts, engendré par jets d’encre les populations, construit les villes, où chaque individu est comme l’hologramme d’une pensée, né des visions d’un homme aveugle. Cet autre monde, décrit avec la précision d’un entomologiste et le détachement d’un mystique, s’offre à nous comme une éternité miniature peuplée de vies imaginaires, à l’exemple de celle que Jean-Clet Martin consacre à Borges, pour le vingtième anniversaire de sa disparition.

Jean-Clet Martin enseigne la philosophie. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont La philosophie de Gilles Deleuze (Payot), Van Gogh. L’œil des Choses (Les Empêcheurs), et, aux éditions de l’éclat, Eloge de l’inconsommable (2006).

2006

ISBN 2-84162-131-6

240 pages

22 €

 
Couverture Nietzsche

Jean-Clet Martin
Eloge de l’inconsommable

Notre monde plie sous le poids d’objets consommables à souhait, caducs à la mesure de leur ‘utilité’, encombrant l’espace de notre respiration, jusqu’à ce qu’essouflés nous protestions : «Mais avait-on besoin de tant de choses?» Il en est d’autres pourtant, insaisissables, joignant le «futile à l’agréable», se dérobant à l’emploi avec une élégance espiègle. Objets inconsommables, débordant nos certitudes, surgissant au cœur d’une œuvre littéraire (Borges, Proust), d’un tableau (Le radeau de la Méduse de Géricault, La Machine à gazouiller de Klee), d’un film (Eve de Mankiewicz, Gladiator de Ridley Scott), ou heurtant le flâneur au détour d’une rue, d’un musée de la porcelaine, ou d’un portique ouvrant sur un ancien jardin. Dès lors, l’éloge de ces objets inconsommables consistera à désigner le territoire où ils nous livrent un sens nouveau, un plein étonnement, une revenue au monde, dessinant les contours mêmes de la philosophie.


Jean-Clet Martin est l’auteur de plusieurs ouvrages dont un essai sur La philosophie de Gilles Deleuze (Payot), une étude consacrée à Van Gogh (Empêcheurs/Seuil) et un livre à venir sur l’œuvre de Borges (Il est là!).

Couverture Nietzsche












2006

ISBN: 2-84162-120-0

144 p.

15 euros

L Y B E R

Lire le compte-rendude Juan Asensio sur le Blog Stalker


Carlo Michelstaedter
La persuasion et la rhétorique

La persuasion et la rhétorique est, on ne craint pas de l'affirmer, un cas unique dans l'histoire de la philosophie. Carlo Michelstaedter (1887-1910) l'écrivit à 23 ans et se donna la mort le lendemain même de l'achèvement de ce qui devait être sa maîtrise de philosophie.
«Moi, je sais que je parle parce que je parle, mais que je ne persuaderai personne.» C'est ainsi que Michelstaedter s'adresse à ses professeurs dans la préface de ce 'travail universitaire' inconvenant, qui se proposait d'étudier les concepts de persuasion et de rhétorique chez Platon et Aristote. Il échappe ainsi a tout exposé systématique pour suggérer une «version du monde», et nous offre une œuvre absolument inclassable. Persuasion impossible du fait que la vérité pèse infiniment et que ce poids la rend dé-pendante. Rhétorique qui occulte, à travers un appareil de mots, de gestes, d'institutions, cette impossibilité d'atteindre la persuasion. Entre Platon et Aristote, la philosophie n'offrait pas d'autre alternative au jeune Michelstaedter que celle d'un revolver qui le figeait dans un instant éternellement présent, — celui d'une œuvre brillante, brûlante même, et que l'Italie consacre comme l'une de ses plus extraordinaires réalisations.

« Chacun d’entre nous, lecteur par profession ou par amour, connaît quelques volumes dont il n’est pas sorti indemne. Ils marquent obscurément les fibres, au point que la voix sonne faux quand on veut en parler de manière seulement docte. Ces livres-là, qu’on est sûr de n’oublier jamais, nous les comptons sur les doigts d’une main, rarement deux. Pour ma part, je n’hésiterai pas à y mettre désormais, La persuasion et la rhétorique. » R.-P. Droit (Le Monde).

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texte établi et présenté par Sergio Campailla
traduit de l’italien par Marilène Raiola
isbn 2-905372-36-2. 1989, 19983. 208 p. 14 euros.


Carlo Michelstaedter
Appendices critiques
à «La persuasion et la rhétorique»

« L’homme, dans la nuit, allume une lumière pour lui-même. » – L’homme dans la nuit de la rhétorique, allume en lui – en son oeil – une lumière dont il sait qu’elle le consumera. Cette lumière, en tant qu’elle éclaire, est un don. Les Appendices critiques sont ce don de lumière qui consume celui qui en est proche et éclaire celui qui se tient à l’écart. Mais peut-on éternellement se tenir à l’écart de la lumière qui consume et se consume ? Peut-on éternellement voir et dire que l’on a rien vu?
« Guerre aux mots avec les mots ». Ainsi s’ouvrent ces pages qui complètent et approfondissent La persuasion et la rhétorique de Carlo Michelstaedter. Guerre aux mots, mais guerre aussi aux manipulateurs de mots. Et, à ce titre, elles se peuvent définir un « combat implacable contre le Stagirite », prince de la rhétorique, véritable initiateur de la rhétorique dans la vie, dispensateur éclairé d’un savoir coupé de la vie. « La langue n’existe pas – écrit Michelstaedter –, tu dois la créer : tu dois créer son mode, tu dois créer chaque chose pour que la vie soit tienne ». Telle est la voie de la persuasion sur laquelle s’aventure Michelstaedter. Et nous, lecteurs, nous l’empruntons à notre tour, bien conscients du fait qu’elle fut tracée jusqu’à son extrême limite. De plus, son terme qui n’était alors qu’une forme imprécise – notre monde ou plutôt le monde auquel nous appartenons – est là désormais sous nos yeux et, « d’une certaine manière », nous y sommes préparés.

traduit de l’italien par Tatiana Cescutti.

isbn 2-905372-85-0. 1994. 304 p. 120 ff. 19 euros.

les deux titres sous coffret
isbn 2-84162-030-1. 1998.
31 euros.

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Carlo Michelstaedter
Épistolaire

«La correspondance [de Michelstaedter] éclaire en perspective l’oeuvre, la prépare peut-être, mais ne porte pas trace de "prolégomènes à une mort annoncée". Ce qui là, lentement, se fabrique c’est bien une énigme.» R. Maggiori (Libération).

< Argia Cassini

choix de lettres établi par Michel Valensi
traduit de l’italien et préfacé par Gilles A. Tiberghien
isbn 2-905372-44-3. 1990. 208 p.

14 euros.

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Carlo Michelstaedter
Le Dialogue de la santé et autres textes

Le Dialogue de la Santé fait partie d’un ensemble d’écrits posthumes de Michelstaedter, dont les éditions de l’éclat publieront l’intégralité prochainement. Construit sur le modèle du dialogue platonicien (ou leopardien), il met en scène deux jeunes hommes, amis de Michelstaedter, Nino Paternolli, et Enrico Mreule (dont Claudio Magris avait fait le personnage principal de son livre Une autre mer). Au sortir d’un cimetière, le gardien salue les deux jeunes hommes d’un cri : «Que Dieu vous donne la santé.» C’est l’occasion d’une discussion âpre sur le sens des mots et le sens de la vie. En écho avec la Persuasion et la rhétorique, le Dialogue de la Santé résonne de tous les thèmes de ce livre inclassable, la sécurité, la nécessité de vivre, le langage et ses pièges, etc. Il en explicite également les thèmes, et pourrait être un élément de réponse au geste ultime de Michelstaedter, jusqu’à présent inexpliqué. Le dialogue est suivi d’autres petits dialogues moraux de Michelstaedter.

Carlo Michelstaedter (1887-1910) est connu comme étant l’auteur d’un seul et unique ouvrage : La persuasion et la rhétorique (et ses Appendices), dont la publication à l’Eclat en 1989 fut une révélation pour beaucoup. «Chacun de nous, lecteur par profession ou par amour, connaît quelques volumes dont il n’est pas sorti indemne... Pour ma part, je n’hésiterai pas à y mettre désormais la Persuasion et la rhétorique», écrivait Roger Pol Droit dans le Monde lors de la parution de ce titre.

Né à Gorizia en 1887, Michelstaedter étudie à Florence, où il rédige ce « mémoire de maîtrise » unique en son genre, sur les concepts de persuasion et de rhétorique chez Platon et Aristote. Le soir de l’achèvement de son travail, il se tire une balle dans la tête. Il avait 23 ans.

PARU MARS 2004

Collection "philosophie imaginaire"

traduit de l'italien et présenté par Antoine Parzy

Lire la Postface de Massimo Cacciari

L Y B E R

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Patricia Farazzi, La vie obscure   Patricia Farazzi
La vie obscure

C’est à l’ombre de Carlo Michelstaedter que viennent s’abriter les personnages de La vie obscure, désormais inséparables d’une oeuvre qui, à l’aube du siècle du Grand-Nombre, interrogeait: «L’individu, où est-il?» Et cet individu broyé se reconstruit ici à travers les dessins de silhouettes d’une femme qui peint, la réflexion intempestive d’une jeune fille de retour dans une ville, l’ironie inquiète d’une ombre philosophique.

hors collection

1999

144 p.
isbn 2-84162-035-2.

12 euros

L Y B E R

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Voir aussi paraboles


  Niffari
Le Livre des Stations

« Symbolisant une rupture dans l’écriture, le texte de Niffari symbolise par là même, une rupture dans la culture. Il s’agit en quelque sorte d’une reconsidération radicale de la culture arabe, et plus particulièrement de ses formes et ses contenus théologico-juridiques.» Adonis.

traduit de l’arabe et présenté par Maati Kabbal

Suivi de « Vers une étrangeté familière » par Adonis

isbn 2 905372-30-3. 1989. xii-224 p.

15 euros.


  Luigi Pareyson
Ontologie de la liberté

«Au commencement était le choix» écrit Pareyson, mais «le premier acte de liberté a été, en Dieu, un acte de liberté positive et, en l’homme, un acte de liberté négative. Une divergence immense, un déclin épouvantable et irréversible. Est -il possible d’arrêter cette sinistre décadence et d’inverser le cours des choses?» Ainsi la philosophie de la liberté qui se dessine dans ces pages se fonde-t-elle sur un rapport étroit avec le problème du mal et de la souffrance : — du «mal en Dieu», comme possibilité ; de la souffrance de l’homme comme réalité. Elle prend la forme d’une herméneutique de l’expérience religieuse s’appuyant sur le mythe, en tant qu’il est le plus à même de rendre compte du caractère inépuisable du transcendant. Et pour approcher au plus près le «moment athée de la divinité», Pareyson déploie ici une écriture tourmentée, fragile et tendue à l’extrême, portant témoignage d’une expérience de pensée singulière qui ne s’est jamais accommodée de la seule réponse «morale» apportée à la question fondamentale formulée pour la première fois par Leibniz: «Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?».

Luigi Pareyson (1918-1991) a été membre de l’Accademia dei Lincei. Il a enseigné l’esthétique à l’Université de Turin pendant près de vingt ans, avant de devenir titulaire de la chaire de Philosophie théorétique. Ses Conversations sur l’esthétique ont paru aux éditions Gallimard en 1992.

traduit de l’italien et préfacé par Gilles A.Tiberghien

1998

ISBN 2-84162-021-2.

288 p.

25 euros.

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L Y B E R


[Ashtâvakra Samhitâ]
Les paroles du Huit-Fois-Difforme
Dialogue sur la réalité

« Les Paroles du Huit-fois-difforme » (Ashtâvakra Samhitâ) est un texte classique du monisme védantique, postérieur de plusieurs siècles au Mahâbhârata dans lequel ses protagonistes sont mentionnés pour la première fois. Sa rédaction peut être datée entre le ive et le viie siècle de notre ère. Il consigne l’instruction spirituelle du roi Janaka par l’enfant Huit-fois-difforme Ashtâvakra. « Comment s’obtient la connaissance ? Comment se produira la délivrance ? Et l’absence de toute passion, comment s’obtient-elle ? » Tous les concepts fondamentaux de notre philosophie sont évoqués ici : l’Être, la connaissance, l’Un, le multiple, la conscience, la pensée, la vérité, etc. Mais le bouleversement advient dès lors qu’on réalise qu’en sanskrit la pensée est un organe, l’intellect un sens qui transcrit les cinq autres, et que la vérité s’apparente à ce qui peut être « désigné du doigt ». Il en va de même pour tous nos concepts qui semblent si lisses à la lecture qu’ils glissent entre nos mains, animés qu’ils sont d’une vie débordant nos limites occidentales. « Langue rigoureuse et puissante que l’on saisit par ses racines et que l’on pénètre par ses feuillages, le sanskrit est à la conscience ce que l’Arbre inversé est au cosmos. » Alors la lecture des Paroles du Huit-fois-difforme devient une expérience de haute-montagne. Une lente ascension d’un monde et d’une langue, d’un monde qui est la langue, jusqu’au principe des choses, jusqu’à ce que « le sage soit comme le ciel». « À quoi bon multiplier les mots ? » s’écrie alors Ashtâvakra, et cette « paideia du silence » adressée au roi Janaka prend une tout autre dimension pour l’homme occidental, coupé de son « orient » où naît le jour, pour qui les mots sont « ce qui reste de tant d’espoir».

traduit du sanskrit et présenté par Alain Porte

édition bilingue
sbn 2-84162-009-3
1996. 104 p.
13 euros.


Giovanni Pico della Mirandola . De la dignité de l'homme . éditions de l'éclat Giovanni Pico della Mirandola
De la dignité de l’homme

Lorsqu’il écrit l’Oratio de hominis dignitate, qui aurait dû introduire ses Neuf cents thèses philosophiques, théologiques et cabalistiques, Pico della Mirandola (1463-1494) a vingt-quatre ans. Bien conscient du fait que « ses façons ne répondent ni à son âge, ni à son rang », c’est pourtant une philosophie nouvelle qu’il propose à ses aînés ; philosophie ouverte, accueillant tout ce qui, depuis les Mystères antiques jusqu’aux religions révélées, émane de ce que l’on pourrait appeler la « volonté de vérité ».
L’homme est au centre de cette philosophie, en ce que le divin a déposé en lui ce ‘vouloir’, cette volonté dont il use à sa guise, le créant « créateur de lui-même ». Et cette puissance du vouloir, cette volonté de « se connaître soi-même », Pico la retrouve chez les Sages grecs et orientaux, mais aussi dans la cabale juive, la pensée arabe, la scolastique et les auteurs chrétiens. S’agit-il pour autant d’un œcuménisme sans discernement ? Plutôt de la fusion en l’homme de cette intelligence, dévoilée dans le contact entre les différentes sagesses. L’Oratio reste inédite ; les thèses sont publiées en 1486, mais l’Église ne voudra pas entendre – quelle église pourrait vouloir entendre ? Pico devra s’exiler en France avant d’être fait prisonnier et incarcéré au donjon de Vincennes en 1487.
Dans sa ferveur juvénile, le propos de Pico demeure intact, vierge, intempestif. Il fait appel, encore et toujours, à l’homme digne, vagabond de la vérité, lui offrant « l’un des plus sincères monuments de la philosophie morale de la Renaissance italienne».

traduit du latin et présent&eacu