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ANTHOLOGIE DE LASSOCIATION |
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PREMIERE PARTIE |
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En 1945, après les armées de terre, de mer, et de lair, et avec la montée en puissance des technologies militaires, cest en quelque sorte une nouvelle armée de lespace qui prend corps. En expérimentant dabord la Guerre Totale, en sappuyant sur la puissance aérienne imaginée dans les années trente dès la conception des premiers porte-avions on pense également à laéromodèle Columbus, porte-avion aéroporté imaginé à la fin des années vingt par le russe Sergueï Grousenberg on est passé, avec la Seconde Guerre mondiale, à la théorie de la puissance spatiale. Les V2 et la bombe atomique sur Hiroshima en sont une démonstration définitive. La Guerre Froide étendra alors lidée de Guerre Totale à lespace avec la menace nucléaire des missiles intercontinentaux, la course à lespace et le contrôle satellitaire. La menace permanente dune destruction planétaire. * Forts des succès de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sengagent dans la mise en uvre systématique dune politique de la science: politique pour la science et politique par la science. Si le contrôle de la guerre en trois dimensions est bien défini, il est pourtant nécessaire de mieux contrôler la quatrième dimension le temps dans la stratégie opérationnelle. Qui dit contrôle du temps, dit contrôle de linformation. Dans cet objectif, le pacte secret UKUSA (UK-USA) est signé en 1947 entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, puis étendu aux pays de langue anglaise, pour la construction dune surveillance des ondes planétaires qui sera essentiellement sous contrôle de la NSA (National Security Agency des États-Unis). Comme une des conséquences directes et suite à linvention de la radio qui, jusquà la fin de la Première Guerre mondiale, est considérée comme une arme de guerre (elle devient publique en 1920), permettant de communiquer par-delà les continents (mais que nimporte qui peut écouter), la Seconde Guerre mondiale confèrera une nouvelle importance à la cryptographie, lart et la science de créer des codes secrets et de les décrypter. Les sciences nouvelles qui se développent depuis la Seconde Guerre mondiale la cybernétique, lanalyse des systèmes, la théorie des jeux, aussi bien que lorientation qua prise lévolution des sciences sociales ont montré une mise en uvre énorme pour rassembler, traiter, organiser et utiliser linformation (du décodage enigma à sigint interceptions des signaux aujourdhui)(16). Les psychologues, anthropologues ou linguistes qui exploraient les paramètres de lintelligence humaine pour des motifs «purement scientifiques» auront vu leur travail récupéré par les théoriciens militaires dans des applications pour tester lintelligence, pour orienter linformation stratégique, ou dans les études dunification théorique des stratégies militaires. Ainsi, Alfred Korzybski constate que «les principes non-aristotéliciens ont été utilisés par la commission Navale du Sénat des États-Unis en rapport avec des problèmes nationaux dextrême importance tels que: la création dune Agence de Recherche pour la Défense Nationale (Research Board for National Security), une évaluation scientifique de la proposition que le Ministère de lArmée de Terre et celui de la Marine soient fusionnés dans un Ministère de la Défense unique (mars 1946), lentraînement des officiers de la Marine(17)ï. Des officines qui montreront donc un intérêt soudain pour la Sémantique Générale dAlfred Korzybski, au moment où Alfred E. Van Vogt en faisait également la promotion en publiant en 1945 le premier tome de son cycle de science-fiction, Le Monde des non-A, qui sy référait implicitement. Des interprétations contrastées et ambiguës dune théorie, qui sont allées du rêve de Van Vogt dune société anarchique nuancée qui ne verserait ni dans le cynisme, ni dans la rébellion, à la volonté des États-Unis de construire le méta-langage et la théorie militaire dun «monde libre», certes taraudés par ses démons de science-fiction, mais à même de se mesurer au réalisme collectiviste expansionniste débarrassé de labstraction. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, la civilisation américaine se présentera comme la véritable civilisation galactique. Cest la pierre de touche de la propagande des États-Unis lors de la Guerre Froide. Non seulement les États-Unis uvrent pour la conquête spatiale, mais la propagande passera par une sémantique (et une langue) ayant la prétention de la validité planétaire, mais également par une désinformation incessante sur des supposées visions dovnis. Cest à White Sands, au Nouveau Mexique, que Von Braun partira travailler en 1945, larmée américaine ayant également récupéré en Allemagne une centaine de modèles de missiles V2, quelques jours seulement avant larrivée des militaires soviétiques (ceux-ci profiteront de lavance technologique des installations de Dora-Mittelbau situé en zone est). Toujours au Nouveau Mexique, cest le 4 juillet 1947, à Roswell, ville du premier centre américain dexpérimentation de fusées fondé par Goddard, quest censée avoir lieu la fameuse première rencontre avérée avec les ovnis. Les tenants dun «E.T.-Gate» soulignent que 1947 est lannée officielle des premiers cas reconnus de visions dovnis, et également celle des premières applications de la toute nouvelle CIA (ex-OSS, issue de la guerre). Leur leitmotiv est : Pas de X-Files derrière le capitalisme. Les Américains auraient découvert cette année-là une technologie non terrestre et auraient voulu la tenir au secret des soviétiques. Dautres vont jusquà prétendre que ce seraient des technologies avancées étudiées par Von Braun en Allemagne dans la recherche de larme «miracle». Objets Nazis Non-Identifiés dans le désert américain(18). Si le problème dunification théorique pour un nouveau bond en avant technologique apparaît insoluble, il restera au moins la possibilité de suggérer que la solution puisse venir dailleurs (les méchants Aliens pouvant, le cas échéant, servir à figurer les méchants communistes ou les méchants fascistes). Quoi quil en soit les États-Unis ont confiance enleur victoire technologique et convaincus que la Terre saura apprécier la Pax Americana. Von Braun, qui a échappé aux procès daprès-guerre, constate que les deux éléments déterminants de la guerre ont été lobservation et les bombardements. Il propose le contrôle militaire permanent aux États-Unis par la construction dune station orbitale sur le modèle de celle de Hermann Potocnik-Noordung qui sera équipé de technologie dobservation et de mini têtes nucléaires dirigées vers la Terre. Il se voit comme un prophète: «Lenthousiasme et la foi sont des ingrédients nécessaires à chaque projet fabuleux. Les hommes se sont toujours moqués des prophètes, voir opposés à eux ou ont déploré leur existence, mais certains prophètes ont prouvé quils suivaient le véritable cours de lhistoire(19).» * En URSS, depuis les épurations davant-guerre, les principes cosmologiques sont figés. En effet, après la rupture théorique consommée en 1931, la quasi totalité des scientifiques de cette époque sont des esprits, soit qui se conforment au dogme judéo-chrétien (Ouest), soit qui sont formés à le tourner en dérision par le matérialisme athée (Est). Selon les principes soviétiques, lunivers est infini dans le temps et lespace; la matière et lénergie sont incréées, indestructibles et impérissables; il ny a pas de déclin ni dusure de lUnivers; lextrapolation à lUnivers en entier des lois découvertes sur des systèmes locaux nest pas admissible. Pour les uns comme pour les autres, aborder les questions cosmogonistes (relatives à la création des astres et systèmes i.e. du Monde et donc relatives à lancienne «métaphysique») relèvent donc de diverses implications à fortes connotations idéologiques dans le contexte de laffrontement capitalisme-communisme. En 1957, lURSS est la première à lancer un engin en orbite, le premier Spoutnik. En 1959, alors que lon sélectionne les candidats cosmonautes et que lURSS veut que ses scientifiques se conforment à la méthode de travail soviétique en astronautique dans lintérêt de la propagande, le cosmologiste Viktor Ambartzoumian, dans Le Cosmos, retient du marxisme (en bon cosmogoniste) la philosophie du devenir et se fonde sur le postulat que la connaissance profonde des phénomènes est celle de leurs transformations. Farouche opposant de la théorie du Big Bang de Lemaître(20), il se débarrasse de la question de lorigine de lUnivers et de son âge, lui permettant ainsi de travailler malgré le désengagement des débats de la communauté scientifique mondiale. Lenvironnement planétaire est connu et des techniques y sont applicables. «Ni les missiles, ni les fusées, ni les spoutniks ne feront de lhomme le conquistador de l'espace. Ces moyens-là ne relèvent que de la fantasmagorie des savants daujourdhui qui sont toujours animés de lesprit romantique et sentimental qui était celui du dix-neuvième siècle. Lhomme ne parviendra à prendre possession de lespace qu'à travers les forces terrifiantes, quoiquempreintes de paix, de la sensibilité. Il ne pourra conquérir lespace ce qui est certainement son plus cher désir quaprès avoir réalisé l'imprégnation de lespace par sa propre sensibilité.» Le 12 avril 1961, Youri Gagarine fut officiellement quid de Vladimir Ilyushin et des cosmonautes disparus(21)? le premier homme à faire un séjour en orbite. Les Russes présentèrent Youri Gagarine comme un nouveau Christophe Colomb, et jouèrent également sur le vocabulaire spatial (vaisseaux, satellites, etc.) dès le début de laventure, avec le lancement de Spoutnik en 1957. Cette propagande et sa terminologie, Amadeo Bordiga la critique dans Le Programme Communiste de 1957 à 1967. Ainsi le «vaisseau cosmique» doit être un vaisseau qui quitte le système solaire, donc les engins russes ne peuvent être que des «vaisseaux galactiques», si vaisseau il y a. Amadeo Bordiga pressent également que lexploration spatiale ne sera que lexploration des robots, extension de lhomme. Il critique lanti-aristotélisme. «Limpression courante quà le petit-bourgeois est quAristote a perdu son temps à écrire des bêtises dont les modernes se sont libérés avec dérision, mais quégalement celles par lesquelles Galilée les remplaça furent leffet derreurs de distraction, étant donné quEinstein est venu aujourdhui écrire de nouvelles formules à la place du XVIIe siècle. Une vision semblable est complètement fausse, dans la mesure où il sagit au contraire de comprendre la seule voie par laquelle la connaissance de lespèce humaine sest construite peu à peu, au fur et à mesure que lespèce elle-même parcourait le chemin de son organisation sociale et de ses rapports toujours nouveaux avec la nature, tout dabord et seulement dans une position de consommation, puis dans une position de production. En menant cette construction de lhistoire de la société, de la technique et de la science, il savère quil sest agi des étapes nécessaires de tout un chemin organique qui a contenu et présenté ces bonds lumineux, éloignés les uns des autres, et que la contribution quon nous a appris à désigner par les noms dAristote et de Galilée na pas été moins grandiose que celles que la physique des siècles futurs apportera en laissant de côté le sujet de ce que vaut la situation contemporaine, qui apparaît comme une grande palingénésie des possibilités humaines de connaissance et dapplication, mais qui précisément sous laspect de la science appliquée de la production sociale, démontre ses côtés négatifs et inférieurs, et réclame un dénouement dramatique dans lavenir. Lécole aristotélicienne représente un pas de géant sur la voie de leffort pour décrire la nature telle quelle est, non seulement en réagissant à lanthropomorphisme primitif inévitable (mais lui aussi utile), dont lhomme ne se libérera que dans une société communiste intégrale, mais en y introduisant le jeu de la relation entre cause et effet, et surtout en trouvant sur la sphère terrestre ces normes et ces règles générales de prévision que des sociétés précédentes avaient déjà établies pour les phénomènes célestes (et peut-être examinerons-nous un jour lautre hypothèse stupéfiante, de pur style illuministe et donc intellectualiste et idéaliste, ergo réactionnaire et anti-communiste, selon laquelle ces leçons auraient été données aux hommes très anciens par des astronautes en voyage au cours dune croisière spatiale).» La théorie des «Grands Anciens» ou autres «Grands Galactiques», source inépuisable dinspiration pour Lovecraft dans les années vingt, rejoint notamment les théories sur lAtlantide, ou encore les théories sur «le chariot des Dieux». En 1960, les dirigeants soviétiques affirmaient que Lénine aurait dit que la découverte dautres planètes habitées conduirait à changer la théorie marxiste de lhistoire et que seule une forme sociale non capitaliste apporterait une solution aux problèmes de la vie dans le Cosmos. Pendant la Guerre Froide il est avéré que lURSS a contribué à la diffusion de scénarios et découvertes extra-terrestres pour semer la confusion, avec plus ou moins de bonheur, chez les Américains. Si Lénine pouvait imaginer que les États-Unis envisageraient sérieusement un jour dutiliser Mars ou la Lune comme colonies de peuplement, pouvait-il prévoir les manipulations de Guerre Froide autour du fantasme illuministe sur le phénomène ovni et sur les Grands Anciens? * «La conquête de la Lune ou la conquête de lautomobile; lhéroïsme de Gagarine ou lhéroïsme de Jean-Paul Belmondo, cest la même chose. Pourvu quil y ait une conquête, pourvu quil y ait un héroïsme. Pourvu que ça se voit à la télé.» En 1961, et en réaction à lavance soviétique sur la question spatiale, J. F. Kennedy lance le défi Apollo qui doit conduire un homme sur la Lune avant la fin des années soixante. Empêtrés au Vietnam, les États-Unis vont utiliser la planification scientifique et spatiale comme instrument de propagande. En effet, dans ces années de guerres et de décolonisation, la politique impérialiste américaine, qui a mené le complexe militaro-industriel à son apogée, nhésite pourtant plus à utiliser les moyens technologiques et militaires de terrorisme et doppression massive dans des conflits comme celui du Vietnam, éprouvant ainsi ses limites interventionnistes. Limpérialisme des États-Unis vise explicitement à maintenir le contrôle (et non pas à mener une quelconque conspiration illuministe) par tous les moyens nécessaires, dans lintérêt du développement du capitalisme privé pour éviter un quelconque appauvrissement référentiel de la planète qui va contre son intérêt même. Les progrès ne peuvent pas être laissés à lévolution «naturelle» de la connaissance technologico-scientifique en temps de guerre à quatre dimensions. Trop dinvestissements sont en jeu. La nécessité de planifier à lavance les progrès de la technologie pour éviter par exemple lobsolescence soudaine dune partie significative de son équipement qui pourrait constituer un désastre économique mettant en danger la domination, impose lespionnage et un contrôle accru de linformation(24). À partir de 1962, et après lentrée dans le conflit du Vietnam, léchec de lintervention à Cuba (la Baie des cochons) et la crise des missiles, les USA veulent se lancer dans lespionnage électronique satellitaire à grande échelle dans lobjectif dun contrôle électronique à ambition planétaire. La capture dun U-2 par les Soviétiques leur montre la nécessité de rendre plus performant lespionnage satellitaire, les satellites espions Corona nayant pas été convaincants, pas plus dailleurs que leurs rivaux russes, les Zenith (ou Kosmos). * Il est à noter que la période de lAge dOr de la conquête spatiale est exactement la période de «lInternationale Situationniste et son temps». LI.S. est fondée le 29 juillet 1957 (Spoutnik lancé le 4 octobre) et se termine définitivement en 1972 à la fin du programme Apollo, alors même que le dernier numéro de sa revue était publié en septembre 1969, après les pas du premier homme sur la Lune, lAméricain Armstrong le 21 juillet. Guy Debord avait annoncé huit jours plus tard, le 28 juillet 1969 par une lettre adressée à toutes les sections de lI.S.(26), quil cesserait avec ce numéro «dassumer la responsabilité, tant légale que rédactionnelle» de la direction de la revue. Même si, contrairement à Bordiga, la critique de la conquête spatiale na pas constitué un intérêt central dans ses activités «révolutionnaires», lI.S. fera tout au long de son existence un grand nombre de détournements de bandes dessinées de science-fiction, présentant lhomme dans lespace, et construira autour de la psychogéographie une idée de la dérive spatiale sur Terre, alternative au conditionnement architectural urbain. LI.S. préconise une architecture dambiances, mais se concentre, avec Guy Debord, sur la critique révolutionnaire de la société du spectacle, le programme Apollo étant vraisemblablement le spectacle ultime. Dans un texte du dernier numéro de lI.S., «La Conquête de lespace dans le temps du pouvoir», Eduardo Rothe voit lespace comme le terrain ludique de la dernière révolte. «La conquête de lespace fait partie de lespoir planétaire dun système économiste qui, saturé de marchandise, de pouvoir et de spectacle, éjacule dans lespace quand il arrive au bout du nud coulant de ses contradictions terrestres. Nouvelle Amérique, lespace doit servir aux États pour leurs guerres, pour leurs colonies; pour envoyer des producteurs-consommateurs qui permettront ainsi de dépasser les limitations de la planète. Province de laccumulation, lespace est destiné à devenir une accumulation de provinces, pour lesquelles il existe déjà des lois, des traités, des tribunaux internationaux. Nouveau Yalta, la répartition de lespace montre lincapacité des capitalistes et des bureaucrates à résoudre, sur la surface terrestre, ses antagonismes et ses luttes. Rothe dans ce texte se positionne par rapport à lalunissage américain et fait appel au mythe économiste de lautogestion pour organiser sa fuite (léniniste) dans lespace. Par ailleurs, il évoque en filigrane le traité sur lespace de 1967, nouveau Yalta. * «LInternationale situationniste sest imposée dans un moment de lhistoire universelle comme la pensée de leffondrement dun monde; effondrement qui a maintenant commencé sous nos yeux.» Le 26 mai 1972 le traité russo-américain ABM (Anti-Ballistic Missile) de non-agression nucléaire est signé entre les États-Unis et lURSS. En décembre, a lieu la dernière mission Apollo. Avec la victoire américaine sur le programme spatial, la guerre froide de domination technologique a perdu de son intensité et souvre une période de «détente». Russes et Américains symbolisent cette détente ce traité de paix en programmant lorganisation dune rencontre des astronautes et des cosmonautes dans lEspace. Les expéditions lunaires ne sont plus réellement justifiées, puisque la politique mise en uvre pour la construction des technologies spatiales (la conquête de lEspace) tout au long du développement du programme Apollo, véritable laboratoire technologique pour le passage à un degré supérieur dans la stratégie opérationnelle de «guerre de linformation» (la maîtrise du Temps), aura permis la mise en place systématique dun ensemble militaire de contrôle électronique et de surveillance satellitaire, régulateur de la menace nucléaire tactique. De 1967 à 1973, la CIA eut la mainmise sur les activités de la NSA aux États-Unis et ailleurs. Dans certains courants politiques, nier lalunissage des missions Apollo menées de 1969 à 1972 est fréquent. Certaines personnes prétendent que toute lopération a été tournée avec laide de la CIA en studio à Hollywood, quelque part dans le désert du Nouveau-Mexique, dans le Nevada, voire en Islande. Cest un des sujets favoris des amateurs de théories de conspiration(29). Plusieurs livres dont: We never went to the moon de Bill Kaysing, et NASA Mooned America ! de Ralph René(30), qui défendent ces thèses à partir de lanalyse détaillée des photos (ombres mal orientées, reflets, empreintes, etc.), reprennent également certaines des objections techniques soutenues par Amadeo Bordiga, notamment limpossibilité pour lhomme de survivre aux radiations de la ceinture de Van Allen(31), même si la nasa a toujours prétendu quune simple protection en aluminium suffisait. Ralph René parle par dérision des astro-nots [astro-nigauds]. Il est lié à lextrême-droite patriotique américaine qui croit notamment en un complot maçonnique de la nasa sur les missions Apollo(32) et dénonce dautres manipulations comme lescroquerie de la Réserve Fédérale et le dogme juif de lHolocauste. La nasa reconnaît quune dizaine de photos pose problème et présente lhypothèse que des manipulations ont pu être effectuées pour les rendre inutilisables pour lennemi en gardant ainsi le caractère de totale exclusivité de ce type dimages. Une autre interprétation négationniste veut (après léchec dApollo 13) que seuls les vols dApollo 14, 15, 16 et 17, qui se sont déroulés à la perfection, aient été montés de toutes pièces en studio. Lhomme naurait marché sur la Lune que lors des missions 11 et 12. Les États-Unis nont-ils pas planté leur drapeau sur la Lune, puisque personne ne voulait deux ailleurs, et parce quen plus ils senlisaient dans le conflit du Vietnam? Il faut également noter que le gouvernement américain a attendu le voyage dApollo 14 de février 1971 pour attaquer le Laos où passait la «piste Hô-Chi-Minh» de ravitaillement du Nord-Vietnam. «Il faut abandonner ce monde où domine le capital, devenu spectacle des êtres et des choses. (
) Par suite du procès danthropomorphose, le capital devient, à son tour, spectacle; il sassimile, sincorpore toutes les qualités des hommes, toutes leurs activités sans jamais être lune dentre elles, sinon il se nierait par substancialisation, inhibition de son procès de vie.
(à suivre...) |
16. Duncan Campbell, Surveillance Electronique Planétaire, Allia, Paris, 2001. 17. Alfred Korzybski, «Le rôle du langage dans les processus perceptuels» (1950), Une carte nest pas le territoire, p. 76. 18. Sur le V7 et les soucoupes volantes nazies, < www.chez.com/ 19. «Space, its enough to make the blood boil», Jonathan Norton Leonard, LIFE Magazine, 31 août 1953. 20. Jacques Merleau-Ponty, Cosmologies du vingtième siècle, Gallimard, Paris, 1965. La théorie de Lemaître est considérée comme vérifiée à partir de 1965 par lintermédiaire du «rayonnement de fonds cosmologique» à 3° kelvin. 21. Vladimir Ilyushin aurait fait un vol en orbite le 7 avril 1961, mais aurait été accidenté et récupéré par la Chine où il séjournera une année. Du moins cest ce quaffirment les scientifiques Achille et Giovanni Battista Judica-Cordiglia qui ont capté à lépoque et dans le cadre de leurs recherches dans leur laboratoire situé au nord de lItalie des ondes radios de missions cachées russes et américaines provenant de lespace. Sur les cosmonautes oubliés, voir <www.lostcosmonauts.com>, révélé par AAA Kernow. 22. Amadeo Bordiga, «Eléments de la question spatiale», Il programma comunista, n° 4 (1960), dans (Dis)continuité, n° 2, (Dis)continuité, 1998, p. 76. 23. Amadeo Bordiga, «Dédié à un milliard de télé-imbéciles», Il programma communista, n° 15 (1963), dans (Dis)continuité, n° 2, (Dis)continuité, 1998, p. 123. 24. La banqueroute de la Galaxie Iridium de téléphonie satellite et son renflouement au profit de ladministration américaine en est une illustration aux multiples conséquences. 25. Dossier sur la guerre du Vietnam et les physiciens, dans (Auto)critique de la science, textes réunis par Alain Jaubert et Jean-Marc Lévy-Leblond, Seuil, Paris, 1973. 26. Guy Debord et Gianfranco Sanguinetti, La Véritable scission dans lInternationale situationniste, Champ Libre, Paris, 1972. 27. LAssociation des Astronautes Autonomes condamne le traité de 1967 parce quil autorise lexploitation des ressources spatiales (pour ceux qui pourront aller les chercher) et parce quen même temps, il interdit toute exploration indépendante qui ne soit pas «autorisée» ou «supervisée». La Nomad AAA a suggéré une révision du traité de 1967 qui trace cette «ultime frontière» et propose sa propre version du premier article du traité: Article 1: Lexploration spatiale doit être menée pour le bénéfice de tous les peuples, individus ou espèces du cosmos, indifféremment de leur localisation dans le temps ou lespace. Ce traité ne reconnaît aucune notion de pays ou dÉtat, et même, vise à labolition de ces structures comme principe de base de son application. 28. Véritable scission..., «Thèse 1». 29. <www.webaxs.net/~noel/moon.htm> et <www.moonmovie.com>. 30. <okneoac.com/kaysing.html> et 31. À propos du rapport James Van Allen, < www.grade-a.com/moon/ 32. John Glenn, Buzz Aldrin et Neil Armstrong étaient francs-maçons. Sur le «complot», voir note 29. 33. Jacques Camatte, «Ce monde quil faut quitter», Invariance, série 2, n° 5, août 1974. |