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Nouveautés second semestre 2011

Patricia Farazzi, "Cette année, on remplace les mauvaises têtes", Paris, sans date.

Nouveautés rentrée 2011

Rappel des titres du premier semestre 2011

Gershom Scholem-Walter Benjamin: Théologie et utopie. Correspondance 1933-1940

Cahiers du judaïsme n°30 : Retours à la Terre

Jean Pierre Salgas : Gombrowicz, un structuraliste de la rue

Controverses n°16 : Israël et l'Europe

Cahiers du judaïsme 31 : Maîtres et gourous

Myriam Bienenstock (sous la direction de): Héritages de Franz Rosenzweig. «Nous et les autres»

Michelle Irène Brudny, Jean-Marie Winkler (sous la direction de): Destins de «la banalité du mal»

Stéphane Mosès: Temps de la Bible




«Penser l’histoire est un livre important, parce que, tout en prenant acte de la crise des philosophies de l’histoire, mais refusant d’en rester à une alternative paralysante [...], il tente, pour la première fois depuis des décennies, une 'relance'» Robert Maggiori, Libération (Lire l’article)

Christophe Bouton et Bruce Bégout (sous la direction de)
Penser l’histoire
De Karl Marx aux siècles des catastrophes

Quelle est la pertinence et quels sont les enjeux de certains aspects contemporains des pensées de l’histoire, depuis la grande rupture que constitue la théorie de l’histoire de Marx, jusqu’à nos ‘siècles des catastrophes’, qui ont vu se succéder guerres mondiales, génocides, explosions nucléaires militaires et civiles, sans que la liste semble vouloir se clôre ? Quelle place y prennent la recherche philosophique, l’eschatologie, ou le récit quand il s’agit de connaître l’histoire ? Et dans quelles mesure et limites les individus la font-elle, si tant est qu’elle soit «faisable », selon la formule de cet autre grand penseur de l’historicité, Reinhart Kosseleck ?

Sommaire:

« Une vue de côté », Préface de Jacques Revel.
Présentation par Christophe Bouton et Bruce Bégout

I. Marxisme. Jean-Claude Bourdin : Marx, historien de la politique de la France moderne: la surpolitisation de la révolution. Franck Fischbach : Philosophie de l’histoire et conception du temps. Lukács, Marx et nous.

II. Historicité. Alexandre Escudier : «Être homme d’État, c’est être historien dans l’ordre pratique». Action politique et historicité chez J. G. Droysen. Françoise Dastur: Paul Yorck von Wartenburg, penseur de l’historicité.

III. Phénoménologie. Anthony J. Steinbock : Normes, histoire et phénoménologie chez Hegel et Husserl: esprit et «générativité». Walter Jaeschke : Entre métaphysique de l’esprit et phénoménologie : l’«esprit objectif» et son histoire chez Nicolaï Hartmann.

IV. Néokantisme. Claude Piché : Simmel et le problème de la causalité individuelle en histoire. Marc de Launay : Hermann Cohen et Heinrich Rickert : rupture avec les «philosophies» de l’histoire.

V. Eschatologie et sécularisation. Myriam Bienenstock : Le statut de l’histoire dans L’Étoile de la Rédemption de Franz Rosenzweig. Florian Nicodème : Des adieux qui n’en finissent pas : pensée de l’histoire et philosophie de l’histoire au XXe siècle (Löwith, Koselleck). Nathalie Frogneux : Les conditions transhistoriques d’une juste liberté humaine : une lecture de Hans Jonas. Bruce Bégout : Eschatologie et téléologie.

VI. Histoire et récit. Sabina Loriga : L’histoire mode de vie. Réflexions autour de Hannah Arendt et Siegfried Kracauer. Patricio Mena Malet : L’histoire d’une vie. Ipséité, événement et attestation. Marc Crépon : « L’esprit du récit » (une lecture de Imre Kertesz).

VII. Faire l’histoire? Christophe Bouton : « Ce sont les hommes qui font l’histoire.» Sens et limites de l’idée de «faisabilité» de l’histoire. Daniel Innerarity : L’histoire comme expérience de la contingence.
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Les Cahiers du judaïsme n° 32
De Constantinople à Istanbul

On a beaucoup écrit sur les Juifs réfugiés dans l’Empire ottoman après l’expulsion d’Espagne en 1492. Mais que sont-ils devenus, de l’Empire turc à nos jours en passant par le moment crucial de la Révolution d’Atatürk, quelle a pu être leur place, en tant que minorité, dans cette nation républicaine? Entre cosmopolitisme et nationalisme, de quelle manière les Juifs ont-ils maintenu des liens de sociabilité, des pratiques propres tout en affirmant leur appartenance à cette société multiple ? Comment ont évolué leurs relations avec les autorités du pays, dans un contexte politique compliqué dans lequel s’invitent en outre les passions liées au conflit du Moyen-Orient ? Quels enjeux mémoriels se font jour, entre déclarations optimistes et inquiétudes sous-jacentes ? Autant de questions qui se posent avec une particulière acuité en ce qui concerne les Juifs d’Istanbul qui, avec environ 17 000 membres, constituent aujourd’hui la communauté la plus importante en terre d’islam. 

SOMMAIRE

THÈME: de Constantinople à Istanbul

Trajectoires dans la ville. Les Juifs à Istanbul revisitée / Riva Kastoryano
Les instituteurs de l’Alliance : des observateurs de la vie juive / Documents rassemblés et présentés par Anne Grynberg
Mario Levi: vivre Istanbul comme un conte / Marc Semo
L’image des Juifs dans le roman turc / Rifat Bali
La Turquie et les Judéo-Espagnols en France pendant la Seconde Guerre mondiale / Alain de Tolédo
Jeu trouble : les complexes représentations du Juif en Turquie / Laurent-Olivier Mallet
Le Centre de recherche sur la culture séfarade ottomane et turque / Karen Gerson Sarhon
Le mausolée Camondo restauré: un lieu de mémoire partagée? / Nora Seni

Résonances: retrouver son nom

Le retour au nom ou le droit à la reconnaissance de son exil intérieur / Natalie Felzenszwalbe
Faire entendre au Conseil d’État ce qu’est un Nom / Alain Weill, dit Didier-Weill
Retrouver le nom de mon grand-père: une ‘réparation’ / Damien Bouché
Le retour au nom: aventure personnelle et affaire d’État / François Bernard

Variations

Bar Kokhba et les chrétiens. L’écriture d’un passé oublié / Marc Truschel
Histoire depuis la naissance de ma fille Khane Rokhl… / Pinkus Bajtel
Résonances et métamorphoses dans le «Cantique des cantiques» d’Admiel Kosman / Ziva Avran
Un succès de librairie en Israël: Seul dans Berlin de Hans Fallada / Rosie Pinhas-Delpuech

Bibliothèque

Lettres de quelques Juifs à M. de Voltaire / Jean A. Lederman
Julius Margolin, Voyage au pays des Ze-ka / Elisabeth Anstett
Sarah Gensburger, Les Justes de France. Politiques publiques de la mémoire / Pierre Birnbaum

SEPTEMBRE 2011

Les Cahiers du judaïsme sont une publication de l’Alliance Israélite Universelle

Lire l’éditorial

ISBN 978-2-84162-230-6

144 p.

18 euros

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Imre Toth
Platon et l’irrationnel mathématique

Si l’on connaît l’importance du nombre dans la philosophie de Platon, on connaît moins bien la réflexion qu’il mène sur les nombres irrationnels et donc sur la possibilité de penser un univers en dehors de la rationalité. C’est pourtant la tâche que s’était donné Imre Toth dans un travail de longue haleine interrompu brutalement en mai 2010, et qui a des implications philosophiques inouïes, en ce qu’il remet en question bon nombre de nos à priori logiques et ontologiques concernant « ce qui est » et « ce qui n’est pas ». Achevé le 8 mai 2010, ce manuscrit nous est parvenu par courrier électronique, 48 heures avant la disparition de l’auteur, avec la mention : « il n’y a aucune urgence ».

Imre Toth était un mathématicien de renommée internationale, qui a enseigné dans de nombreuses universités européennes et américaines. Sa disparition en 2010  a suscité un vif émoi dans la communauté scientifique et plusieurs hommages lui ont été rendus en France et en Italie, où son œuvre est plus largement publiée. De son livre Liberté et vérité, paru à l’éclat en 2009, Jean-Paul Thomas (Le Monde) écrivait : « le livre de Toth est extrêmement séduisant, croisant la polémique politique la plus vive avec l’initiation limpide aux problèmes fondamentaux de la philosophie des mathématiques ».

OCTOBRE 2011

Collection «Philosophie imaginaire»

Préface de Romano Romani

ISBN 978-2-84162-234-4

128 p.

15 euros

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“Aux enfants d'aujourd'hui, c'est peut-être à travers un tel recueil qu'il est possible de faire entendre le geste de la poésie contre le déferlement de l'horreur.” (Wajdi Mouawad, Le Monde)

Lire tout l'article de Wajdi Mouawad dans le Monde

Uri Orlev
Poèmes écrits à Bergen-Belsen en 1944, en sa treizième année

Depuis son arrivée en terre d’Israël en septembre 1945, Jerzy Henryk Orlowski a conservé précieusement pendant plus de soixante ans un petit carnet de poche à couverture rouge sur lequel, à 13 ans, il avait recopié quinze poèmes écrits au camp de Bergen-Belsen où il fut déporté avec sa tante et son jeune frère au cours de l’année 1944. Quinze poèmes qui témoignent de cette vitalité opiniâtre de l’enfant confronté à la barbarie, et de la place unique de la poésie dans le dialogue secret qu’il entretient avec lui-même. Devenu Uri Orlev, auteur de livres pour la jeunesse traduits dans le monde entier, il a souhaité rendre publics ces balbutiements d’écrivain, par une sorte de fidélité absolue à l’enfant qu’il était et à son destin, dédiant ainsi toute son œuvre littéraire d’adulte à cette génération d’enfants qui connurent la Shoah, à ceux qui y survécurent, et à ceux qui y périrent.

La traduction des poèmes est suivie de la reproduction en fac-similé en couleurs de l'intégralité du carnet d'Uri Orlev, avec le texte dans sa version originale polonaise.

Uri Orlev (1931) vit à Jérusalem et est l’auteur d’un œuvre importante pour la jeunesse, traduite dans plus de quarante pays. En français on peut lire: Une île, rue des oiseaux (Livre de Poche, 2009), Le Chant des baleines (Livre de poche, 2003), Baptiste et le lion (Actes Sud, 2003), Cours sans te retourner (Livre de poche, 2003).

Sabine Huynh vit à Tel Aviv. traductrice littéraire, docteur en linguistique de l'université hebraïque de Jérusalem et chercheur affiliée au Laboratoire de Sociolinguistique de l'université d'Ottawa et au groupe de recherche ADARR de Tel Aviv. Son premier roman, La Mer et l’enfant, doit paraître en 2012 aux éditions Galaade.

OCTOBRE 2011

Traduit par Sabine Huynh

Lire la Note des éditeurs

Publié avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah

ISBN 978-2-84162-233-7

96 p.

10 euros

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David Banon (collectif sous la direction de)
Héritages d’André Neher

André Neher (1914-1987) fut l’une des grandes figures du judaïsme français d’après-guerre, et son œuvre abondante, comme son engagement, marquèrent durablement des générations de lecteurs. Depuis ses travaux sur la prophétie (Amos, chez Vrin) ou l’Ecclésiaste (Notes sur Qohélét, chez Minuit) en 1950, ou encore sur le silence de Dieu après Auschwitz (L’Exil de la parole, au Seuil), dans les années 70, Neher a renouvelé le questionnement juif de la modernité et a contribué pour une grande part à une renaissance des études juives en France. Ce volume collectif, qui contient un inédit de Neher, devrait permettre de remettre à l’honneur un grand penseur du judaïsme, doublé d’un véritable écrivain. Il rassemble un choix de communications prononcées lors de différents colloques sur l'oeuvre de Neher, ainsi qu'un inédit du philosophe italien, Massimo Cacciari.

Introduction de David Banon.
René Samuel Sirat : Actualité de la pensée d’André Neher.

I. La lutte avec l’Ange. Claude Vigée : «Où donc est la lumière?» André Neher et son combat avec l’Ange. André Neher : «La lutte avec l’Ange ».

II. De Strasbourg à Jérusalem. Georges Weill : André Neher, humaniste juif alsacien. Roland Goetschel : André Neher et le judaïsme alsacien, André Neher et l’Allemagne. Joël Friedmann : Jérusalem dans l’œuvre d’André Neher: un parcours initiatique.

III. Bible et prophétie. David Banon : André Neher et la Bible. Approche nouvelle et langage neuf. Marc Faessler : Le rêve de Jérémie. Joseph Cohen et Raphael Zagury-Orly : Pardon et prophétie.

IV L’Exil de la parole. Catherine Chalier : «Laissez les mots s’épancher à leur source» (Nelly Sachs). Francine Kaufmann : La Shoah, Israël. Deux versants d’une histoire – deux aspects du pari divin. Massimo Cacciari : Silence biblique, silence néotestamentaire.

V. L’Homme André Neher. Sophie Kessler-Mesguich : André Neher, écrivain. Joseph Elkouby : André Neher et les études maharaliennes. Françoise Alvarez-Pereyre : Arnold Schoenberg, André Neher. Variations sur un musicien et un philosophe. Nelly Hansson : La correspondance André Neher/Anna Waisman.

BIBLIOGRAPHIE.

David Banon est directeur du Département d'études hébraïques et juives de l'université Marc-Bloch de Strasbourg et professeur invité à l'université de Lausanne. Il a publié  La Lecture infinie (Éd. du Seuil, 1987), Le Midrach (PUF, 1995) et Entrelacs (Le Cerf, 2008).

NOVEMBRE 2011

Collection «Bibliothèque des fondations»

ISBN 978-2-84162-261-0

276 p.

25 euros

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Une nouvelle collection
“éclats”

(ceci n’est pas un livre)

L’idée de la collection de petit format, si elle est presque aussi ancienne que le livre lui-même, correspond aujourd’hui à de nouvelles pratiques de lecture et à une nouvelle gestion du temps.
Longtemps réticents à ce principe d’équarrissage des livres, nous espérons, avec ce projet, rester fidèles aux principes d’édition qui sont les nôtres et faire bénéficier les auteurs de notre catalogue de cette forme de livres, adaptée au nouvel ‘esprit du temps’.
Valoriser le fonds des éditions à travers ce nouveau format, accueillir des textes courts d’auteurs proches de notre (zigzagante) ligne éditoriale, servir de laboratoire pour des travaux en cours, tels sont les objectifs de ces “éclats” de l’éclat, dont nous ne manquerons pas de rappeler en quatrième de couverture, en forme de devise, que “ceci n’est pas un livre”.
En préparation des textes de José Bergamín, Sergio Bettini, Hermann Broch, Léon Chestov, Jean-Clet Martin, Pseudo-Kant, Gershom Scholem, María Zambrano ....


John Coltrane
Je pars d’un point et je vais le plus loin possible
Entretiens avec Michel Delorme

« Le monde se portait un peu mieux parce que John Coltrane en faisait partie » écrivait Charles Lloyd. John Coltrane ne se confiait que rarement aux journalistes et avait une certaine défiance à l’égard des mots pour exprimer ce qu’il exprimait lui-même avec sa musique. Son calme extraordinaire et son extrême modestie  qui contrastaient avec la force et la détermination de sa musique donne à ces entretiens une saveur particulière. Donner à lire ici les propres mots de Coltrane (lors de ces entretiens avec Michel Delorme en 1962 et 1963 et dans une magnifique lettre à Don De Michael) est un moyen d’approcher au plus près l'inexprimable de sa musique… « the rest is music ».

Michel Delorme est journaliste de jazz et a été directeur artistique auprès de plusieurs grands labels. Il est membre des Victoires du Jazz et du John Coltrane Syndicate. Il a réalisé ces trois entretiens dans les années 60, lors des concerts parisiens de Coltrane.

NOVEMBRE 2011

ISBN 978-2-84162-272-6

72 p.

7 euros

ATTENTION CE LIVRE EST MANQUANT CHEZ L'EDITEUR, DONC SI VOUS NE LE TROUVEZ PAS EN LIBRAIRIE IL VAUT MIEUX CONSULTER LA LISTE CI-DESSOUS EN ATTENDANT LA REIMPRESSION PROCHAINE

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Massimo Cacciari
Le Jésus de Nietzsche

«C’est pourquoi le “Dieu est mort” de Nietzsche peut être prononcé par le christianisme lui-même, et plus encore: il en constitue l’annonce fondamentale».

Au classique antichristianisme de Nietzsche, Cacciari oppose un Jésus non seulement omniprésent dans l’œuvre, mais qui incarne en outre la possibilité d’un renversement de toutes les valeurs. L’antéchrist nietzschéen n’est donc pas un déni de la figure de Jésus, mais d’une Eglise qui ne l’incarnerait plus. Ce renversement de perspective permet de relire l’œuvre nietzschéenne (et la pensée des Evangiles) de manière bien différente, et propose une interprétation nouvelle et bouleversante de l'Ubermensch nietzschéen.

Depuis ses premiers travaux sur Wittgenstein à ces récents écrits en commentaire des dix commandements, l’œuvre de Massimo Cacciari, qui fut maire de Venise de 1993 à 2009, a marqué durablement la philosophie italienne contemporaine. Deux de ses livres ont été publiés aux Editions de l’éclat (Déclinaisons de l’Europe et Drân).

NOVEMBRE 2011

ISBN 978-2-84162-271-9

48 p.

6 euros

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Denis Diderot
Regrets sur ma vieille robe de chambre
ou Avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune
suivi de la
Satire contre le luxe

Pour le remercier d’un service qu’il lui a rendu, Mme Geoffrin décida d’offrir à Diderot une nouvelle robe de chambre et de renouveler gracieusement son mobilier trop bohème…
Les «Regrets sur ma vieille robe de chambre» (1768), que l’on a généralement associés aux pièces esthétiques de Diderot, sont avant tout un « avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune », et se rangeraient plutôt aux côtés de ces tableaux de critique sociale, dont l’œuvre de Diderot foisonne. Ils stigmatisent — avec la joie qui caractérise Denis — cette propension aveugle à la «nouveauté», ce mauvais goût qui remplace l’intelligence des choses, cette bêtise abyssale caractéristique de la richesse sans mesure, et s’il se trouvait un Diderot qui puisse écrire aujourd’hui (et publier), il s’en prendrait probablement à ceux que notre siècle de consommation, qui ne parle plus que par borborygme, désigne de celui de bling-bling.

NOVEMBRE 2011

ISBN 978-2-84162-270-2

48 p.

5 euros

ATTENTION CE LIVRE EST MANQUANT CHEZ L'EDITEUR, DONC SI VOUS NE LE TROUVEZ PAS EN LIBRAIRIE IL VAUT MIEUX CONSULTER LA LISTE CI-DESSOUS EN ATTENDANT LA REIMPRESSION PROCHAINE

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Parutions du premier semestre

Walter Benjamin - Gershom Scholem
Théologie et utopie
Correspondance 1932-1940

La correspondance entre Walter Benjamin et Gershom Scholem témoigne de ces amitiés que Nietzsche avait définies comme ‘amitiés stellaires’, par-delà les divergences et par-delà l’éloignement.
Notre édition correspond à celle publiée par Scholem lui-même en 1980 chez l’éditeur Suhrkamp. Elle comprend toutes les lettres échangées entre 1933 et 1940 que Scholem avait pu rassembler après la découverte d’archives, miraculeusement sauvées de la destruction et qui avaient voyagé de Paris à Moscou, puis avaient été remises aux Archives centrales de Postdam en RDA en 1960. Les deux amis se connaissent depuis près de 20 ans et Scholem vit à Jérusalem depuis dix ans. Ils abordent ainsi à la fois des questions d’actualité politique (sionisme, montée du nazisme) et des questions philosophiques et littéraires, suivant le fil de leurs travaux respectifs. Juifs hétérodoxes, chacun à sa manière, Scholem et Benjamin rendent compte de l’entrelacs entre théologie et utopie, mystique et révolution, et témoignent de « deux expériences de l’exil », que ni la terre d’Israël pour l’un, ni les fréquentations marxistes pour l’autre, ne parviennent à apaiser. Correspondance exemplaire, elle permet de mieux comprendre et connaître l’oeuvre de Walter Benjamin, qu’on ne cesse de re-découvrir, et confirme le statut pleinement philosophique et politique de Scholem, par-delà son activité d’historien de la mystique juive.

Le volume est suivi d’une postface inédite de Stéphane Mosès (1936-2007), qui fut un ami proche de Gershom Scholem à Jérusalem de 1969 à 1982, et un spécialiste de l’œuvre de Walter Benjamin qu’il a contribué à mieux faire connaître.

 A signaler : Gershom Scholem : Le prix d’Israël (éclat 2003) ; Gershom Scholem-Leo Strauss, Cabale et philosophie (éclat, 2006) ; David Biale, Gershom Scholem. Cabale et contre-histoire (éclat, 2001); Philippe Simay, Capitales de la modernité. Benjamin et la ville (éclat, 2006).

PARU JANVIER 2011

Collection «Philosophie imaginaire»

Traduit de l’allemand par Didier Renault et Pierre Rusch

Lire la Préface de Gershom Scholem

Postface de Stéphane Mosès

Traduit avec le concours du Centre National du Livre

Edition établie par Gershom Scholem

ISBN 978-2-84162-216-0

336 p.

29 euros

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Les Cahiers du judaïsme n° 30
Retours à la Terre

Ce numéro 30 des Cahiers du judaïsme est  consacré à une dimension essentielle de l'histoire juive, la terre. La terre rêvée de Palestine, la terre chantée par les grands textes de la tradition, la terre longtemps interdite aux Juifs en Diaspora, la terre qui leur est refusée par l'antisémitisme, de Drumont à Vichy, la terre reconquise à travers tant d'exemples divers : de la Géorgie à l'Argentine et ses gauchos en passant les kolkhozes de Crimée, l'Alsace, la campagne limousine et l'Algérie ou les colonies agricoles créées dans les Grandes plaines des États-Unis, on ne compte plus les cas historiques de retour à la terre, à ses métiers et ses labeurs magnifiés aussi par les kibboutzim israéliens. La terre sainte travaillée par les Sabras  justifie la légitimité de l'État d'Israël et témoigne aussi de sa normalité. Reste que cette terre demeure aussi l'enjeu tragique que se disputent souvent Juifs et Arabes israéliens. 

Sommaire
La réserve biblique de Galilée (Sylvie Friedmann)
Sur l’interdiction faite aux Juifs de posséder et cultiver la terre
Tu BiShvat et le sabbatianisme (Boaz Huss)
Les fermiers juifs, marchands de bestiaux et de grains en Alsace (Freddy Raphaël)
La terre dans la vie et l’imaginaire des Juifs d’Algérie (Serge Lalou)
Des cultivateurs juifs en Géorgie (Charles Urjewicz)
Les kolkhozes juifs en Crimée (Jonathan Dekel-Chen)
Les ‘gauchos juifs’ d’Argentine (Alan Astro)
Présentation du texte relatif à la « révolte de la terre » contre Léon Blum (Pierre Birnbaum)
Une Harshara en Corrèze : la ferme-école de Jugeals-Nazareth, 1933-1935 (Anne Grynberg)
Itinéraire de deux ouvriers agricoles juifs dans la France de Vichy (Charles Baron + Anne Grynberg)
Les débuts de Mikveh Israel (Ariel Danan)
Les débuts d’une plouga en 1928 (présentation et traduction par Rosie Pinhas-Delpuech)
Commentaire d’arrêts de la Cour suprême sur les confiscations de terres et les arrachages d’arbres (Claude Klein)

PARU JANVIER 2011

Les Cahiers du judaïsme sont une publication de l’Alliance Israélite Universelle

ISBN 978-2-84162-220-7

144 p.

18 euros

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Lire le compte-rendu de Philippe Lançon dans Libération

Lire la (belle) "Lettre de la Magdelaine" que Ronald Klapka livre à ses heures tardives.

Jean-Pierre Salgas
Gombrowicz, un structuraliste de la rue
Suivi de
Witold Gombrowicz
«La littérature émigrée et le pays natal» et autres textes

«L’œuvre de Gombrowicz est comme une fusée de science-fiction lancée en direction de quelque année 2000 d’un Cap-Canaveral bizarrement situé dans une gentilhommière polonaise d’avant-guerre. Le plus curieux, c’est que cet engin “futurible” est bricolé avec les moyens du bord, un peu de bois, un peu de brique, un peu de boue, rien qu’on n’ait pu trouver à portée de la main dans une cour de ferme, une rue de province d’Europe Orientale, il y a quelque quarante ans»  écrivait Kot Jelenski dans Le Monde, quelques mois avant la disparition de l’écrivain (1904-1969). Près de cinquante ans plus tard, la prophétie Gombrowicz anticipe plus que jamais les questions de notre présent – de la littérature «mondiale» à la planète «mondialisée».
Auteur d’un Witold Gombrowicz ou l’athéisme généralisé (Seuil 2000), Jean-Pierre Salgas revient ici sur la trajectoire à rebours de l’«auteur de Ferdydurke», romancier-philosophe passé de la «périphérie de l’Europe» (Pologne) à la «périphérie du monde» (Argentine), avant de s’achever dans l’«entre-centre» (Paris), et se définissant lui-même comme un «structuraliste de la rue».
Commentateur intarissable de ses propres œuvres, il a laissé une multitude d’articles et d’entretiens, dont cinq (inédits en français) plus deux (depuis longtemps inaccessibles) viennent enrichir le présent volume.

Jean-Pierre Salgas, né en 1953, est critique depuis 1983 (La Quinzaine littéraire, France-Culture, Art-press...), et professeur d’Histoire et Théorie des Arts depuis 1992 (Tourcoing, Nancy, Bourges). Il a été commissaire des expositions: 1968-1983-1998. Romans mode d’emploi (ADPF, 1998), Les Trois Mousquetaires : Witkacy, Schulz, Gombrowicz, Kantor (Nancy 2004), Regarde de tous tes yeux regarde, l’art contemporain de Georges Perec (Nantes 2008), et co-auteur du film Christian Boltanski, signalement, Centre Georges Pompidou, 1992.

Sommaire. Préface: «Lundi Gombrowicz, mardi Gombrowicz» I. Une «non divine comédie» (Sur le théâtre de Gombrowicz). II. Gombrowicz dans les règles de l’art. III. L’histoire de la philosophie à rebours. IV. De la «filistrie». V. «Les Trois Mousquetaires».

Textes de Witold Gombrowicz : 1. Prologue à la première édition espagnole de Ferdydurke (1947). 2. «Je défends les Polonais contre la Pologne» (1952). 3. «Mon conseil avant de mourir» (1954). 4. «La littérature émigrée et le pays natal» (1956). 5. Préface à l’édition varsovienne de Trans-Atlantique (1957). 6. Interview accordée à Radio Free Europe (1963). 7. Biographie de Witold Gombrowicz, par Witold (et Rita) Gombrowicz (1969).


Myriam Bienenstock (collectif sous la direction de)
Héritages de Franz Rosenzweig
«Nous et les Autres»

Si l’œuvre de Franz Rosenzweig (1886-1929) est mieux connue en France depuis les travaux pionniers d’Emmanuel Levinas, puis de Stéphane Mosès, et la traduction de son grand œuvre, L’Étoile de la Rédemption, par Alexandre Derczanski et Jean-Louis Schlegel en 1982, des pans entiers de sa pensée restent encore à découvrir. La publication d’une partie des Actes d’un colloque international, tenu à Paris en 2009, permet d’insister plus particulièrement sur les figures du « Nous » et des « Autres », à la fois dans leurs implications politiques – annonçant une “philosophie de l’altérité” –, mais aussi intimes, tout particulièrement à travers les extraordinaires correspondances “philosophiques et amoureuses” qu’il a entretenues avec Margrit “Gritli” Huessy et Eugen Rosenstock, et dont témoigne le dialogue inédit entre le corps et l’âme, dédié à Gritli, qui clôt ce volume.


Ouvertures. Myriam Bienenstock : Sartre, ou Rosenzweig? À propos de la réception de Franz Rosenzweig en France – Steven Katz : Quelques réflexions sur Franz Rosenzweig.
I. Nous et les Autres. Irene Kajon : Societas in exteriore homine. Le problème de la construction du « Nous » chez Rosenzweig. Wolfdietrich Schmied-Kowarzik : Différenciations du « Nous » chez Rosenzweig. – Bernhard Casper : La temporalisation « des Nous ». – Heinz-Jürgen Görtz : «Le Jour du monde du Seigneur». Nous et les Autres dans la conception philosophico-théologique de Rosenzweig. – Jean-François Marquet : L’articulation des personnes dans la pensée de Franz Rosenzweig. – Donatella Di Cesare : L’expression du duel dans la Rédemption. À propos de la généalogie du «Nous» chez Rosenzweig. – Emilia D’Antuono : Entre paganisme et révélation. Généalogie de l’intersubjectivité dans L’Etoile de la Rédemption. – Myriam Bienenstock : Assimilation – dissimilation. Rosenzweig sur l’école.
II. Politiques de l’histoire. Irene Abigail Piccinini : Hermann Cohen et Franz Rosenzweig : deux modèles d’identité juive dans la pensée de Leo Strauss. – Florian Nicodème : L’événement historique : une matrice de communauté élargie ? – Robert Gibbs : La grammaire des lois. – Michael Zank : Les conceptions politiques de Rosenzweig.
III. La parole de l’amour. Sonia Goldblum : l’échec du dialogue. Figures de l’altérité dans les lettres de Rosenzweig à Margrit et Eugen Rosenstock. – Jean Greisch : « Ein schrecklich unverständliches Dreieck ». Franz Rosenzweig, Margrit Huessy, Eugen Rosenstock et la genèse de L’Étoile de la Rédemption.
Inédit de Franz Rosenzweig. Le «Gritlianum ». Un dialogue entre le corps et l’âme.

Myriam Bienenstock est professeur des Universités en Philosophie à l'Université François Rabelais de Tours. Elle est également présidente de la "Société Rosenzweig international". Elle a publié récemment Cohen face à Rosenzweig. Débat sur la pensée allemande, chez Vrin et elle a traduit et présenté les Leçons sur la philosophie de l’histoire de Hegel (Livre de Poche).

PARU AVRIL 2011

Collection «Bibliothèque des fondations»

ISBN 978-2-84162-227-8

256 p.

25 euros

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Lire le sommaire et l'éditorial

Les Cahiers du judaïsme n° 31
Maîtres et gourous

Pendant l’Antiquité juive, les docteurs de la loi, les sages, les savants et les rabbins d’Eretz-Israël et de Babylone ont joué un rôle religieux et social fondamental. Ils assuraient la direction spirituelle du peuple juif, dictaient, transmettaient et étudiaient la loi, les textes canoniques et participaient au culte divin à Jérusalem. La multiplicité des fonctions attribuées aux sages explique que leur rôle prit parfois une importance démesurée, source de tensions, de conflits et de déviations. Dans ce numéro, nous explorerons ces distorsions qui sont apparues tout au long de l’histoire juive participant à une transformation du mentor spirituel, du leader politique, du docteur de la Loi, en une forme de gourou jouant quelquefois de son magistère pour dominer les masses. Les violentes controverses entre sages, le dépérissement de l’autorité, voir même le charlatanisme, sont-ils alors des dérives inhérentes au rôle fondamental du sage dans la société juive ou des symptômes liées à l’absence de pouvoir centralisé, à l’irruption de formes déréglées de la mystique et à des déviations isolées de leaders gagnés par la folie des grandeurs ?

PARU AVRIL 2011

Les Cahiers du judaïsme sont une publication de l’Alliance Israélite Universelle

ISBN 978-2-84162-225-2

144 p.

18 euros

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Michelle-Irène Brudny, Jean-Marie Winkler (collectif sous la direction de)
Destins de «la banalité du mal»

Depuis la parution de Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal en 1963, la notion centrale du livre de Hannah Arendt a fait l’objet de très nombreuses polémiques et discussions, dont quelques pièces sont données ici en appendice. Mais aujourd’hui, cinquante ans après le procès Eichmann, des historiens, des analystes, des écrivains et des philosophes engagent un débat posthume avec l’auteur du « rapport », autour des destins de cette « banalité du mal », qui a certes permis de méditer les écrits et les dires des exécuteurs et des victimes, mais n’a pas évité la banalisation problématique des bourreaux, transformant des criminels exterminateurs en « hommes ordinaires ». Demeure ainsi la question de savoir comment la banalisation de la « banalité du mal » a pu jouer contre le sens de la formule d’Arendt, et dans quelle mesure elle n’a pas provoqué, à son tour, d’autres « maux de la banalité » dans le regard de nos contemporains sur l’Histoire.

SOMMAIRE
Michelle-Irène Brudny-Edith Fuchs, Introduction.
Michelle-Irène Brudny-Jean-Marie Winkler, N.d.é.
Rolf Wintermeyer, Ressemblances.
Corinna Coulmas, Victimes et Täter. Impossibilité la mémoire du mal?
Gérard Rabinovitch, Fragments sur le Behemoth. Notes autour d’un syntagme oxymorique.
Jacquy Chemouni, L’homme ordinaire ou l’homme sans qualités : une approche psychodynamique de la banalité du mal.
Jürgen Ritte, Banalité et colportage : Le cas des Bienveillantes de Jonathan Littell.
Jean-Marie Winkler, Entre « banalité du mal » et banalisation de l’horreur.
Michelle-Irène Brudny, Anatomie de la « banalité du mal ».
Edith Fuchs, La « banalité du mal » comme absence de pensée selon Hannah Arendt.

DOCUMENTS
Irving Howe, Eichmann à Jérusalem et la controverse à New York.
Marie Syrkin, Hannah Arendt : Les habits de l’impératrice.
Roger Errera, Le cas Hannah Arendt.
Pierre Vidal-Naquet, La banalité du mal
Manès Sperber, Le désastre incompris.
Michelle-Irène Brudny, La polémique Scholem/Arendt et le rapport à la «tradition»

PARU AVRIL 2011

Collection «Bibliothèque des fondations»

ISBN 978-2-84162-228-3

208 p.

22 euros

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consulter la bibliographie complète (et régulièrement mise à jour) de Stéphane Mosès

Stéphane Mosès
Temps de la Bible

La Bible est au cœur de ce recueil d’essais de Stéphane Mosès, soit qu’elle ponctue notre temps quotidien, qu’elle interroge notre relation à l’autre, ou nous propose des figures par rapport auxquelles nous établissons notre place dans le monde. Texte infini, il suggère des commentaires infinis, qui enrichissent toujours la lecture de notre propre vie. A travers des essais sur le premier homme, la question du sacrifice, les formes de la paix et les césures du temps, Stéphane Mosès poursuit avec ce livre ses « lectures bibliques » initiées ave Eros et la Loi (repris en Points Seuil en 2010).

Stéphane Mosès (1931-2007) a enseigné à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Ses différents ouvrages sur Rosenzweig, Benjamin ou Scholem, ou ses travaux plus récents autour de l’œuvre d’Emmanuel Levinas ou de Kafka (parus à L’éclat), ont été salués par la critique.

Lire le compte-rendu de la lettre de la Magdelaine (de Ronald Klapka) consacré à Stéphane Mosès


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Controverses n°16
L'Europe amie d’Israël ?

«Comment expliquer l’ambiguïté des rapports de la Nouvelle Europe à Israël et, par ricochet, aux Juifs européens ? Cela fait 10 ans, depuis le soulèvement palestinien de 2001, que ces derniers font l’expérience d’un abandon concret par des secteurs entiers de l’opinion européenne, dans une situation où domine l’inimitié de puissants courants en provenance du monde arabo-musulman. Toutes les précautions oratoires de la précédente phrase traduisent bien l’ambivalence de la situation, car la manifestation de discours et d’actes antisémites, inédite depuis l’époque nazie, s’est accompagnée d’une omniprésence de « la mémoire de la Shoah », inscrite dans les institutions et les consciences.» S. Trigano (extrait de l'éditorial)

PARU MARS 2011

224 p.

25 euros

ISBN : 978-2-84162-224-5

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Leo Spitzer
L'Harmonie du monde
Histoire d'une idée

Dans L’Harmonie du monde, Leo Spitzer se propose d’étudier sur la longue durée – de l’Antiquité au XVIIIème siècle – et dans une même aire culturelle – l’Europe antique et chrétienne – les variations de sens d’un ensemble de mots, mis en réseaux, se rapportant au concept d’harmonie du monde tel qu’il avait été élaboré, originellement, par Platon et Pythagore – et qui présentait le monde comme ordonné mathématiquement selon un modèle fourni par la musique.
Cette enquête de philologie et de littérature comparée – qui s’élargit aussi à la psychologie – écrite dans la pluralité de langues, anciennes et modernes, que maîtrisait son auteur, retrace, de manière fascinante, l’extension et la dissémination de ce concept et du lexique qui lui est associé et rend compte de la formation de l’unité de l’esprit européen et de sa dislocation – une réalité tangible, redoublée par le fracas de la guerre, dont Leo Spitzer, au moment même où il écrivait, ne pouvait plus être, en exilé d’un continent aux parapets anciens et aux charniers futurs, que le témoin, distant et infiniment désolé.

Leo Spitzer (1887-1960) est, aux côtés de Karl Vossler, d’Ernst Robert Curtius, d’Erich Auerbach, une des grandes figures de l’étude des langues et littératures européennes. Il fut professeur de philologie romane aux universités de Marbourg (de 1925 à 1930) puis de Cologne (de 1930 à 1933). Juif, destitué de son enseignement par les nazis, il fut contraint à l’exil dès 1933. Répondant à une invitation du gouvernement de Mustapha Kemal, il devint alors professeur de philologie romane à l’université d’Istanbul, qu’il quitta en 1936 pour s’installer aux Etats-Unis où, à l’université Johns Hopkins de Baltimore, il devait élargir son enseignement à la littérature comparée. Il est l’auteur de livres très originaux dont un seul est traduit en français Etudes de style (Gallimard, 1970), préfacé par Jean Starobinski.

Reporté en 2012 (dans le meilleur des cas)

Collection «Philosophie imaginaire»

Traduit de l’anglais par Gilles Firmin

Traduit avec le concours du Centre National du Livre

ISBN 978-2-84162-183-5

320 p.



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