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du second semestre 2009

Voir aussi les parutions du premier semestre 2009

Escalier de la tour (Désert de Retz - ©© Patricia Farazzi)


Jacob Taubes
Eschatologie occidentale

«La lumière intérieure de la mystique se transforme en flamme dévorante tournée vers la réalité», rappelle, après Marx, Jacob Taubes dans ce livre d’une extraordinaire densité – le seul publié de son vivant, alors qu’il n’a que vingt-quatre ans. Retraçant l’histoire théologico-politique, depuis l’apocalyptique judéo-araméene jusqu’à Marx (en passant ses métamorphoses et ses tournants chez Paul, les gnostiques, Joachim de Flore, Thomas Münzer, Kant, Hegel ou Kierkegaard), il propose une lecture nouvelle des «révolutions» de notre modernité, à la lumière de cet héritage, comme retour de l’apocalyptique dans la sécularisation. Somme vertigineuse de connaissances croisées, Eschatologie occidentale (1947), conçue à l’origine comme une thèse universitaire, n’est pas étranger au statut de «paria de l’université» qui s’attachera longtemps à cet «apocalyptique de la révolution» que fut Jacob Taubes.

Jacob Taubes (Vienne, 1923–Berlin, 1987) a enseigné aux Etats-Unis, en France (EHESS) et en Israël, avant d’être nommé à l’Université de Berlin en 1965. Son œuvre commence à être connue en France, depuis la traduction de sa correspondance, controversée, avec Carl Schmitt (En divergent accord, Rivages), et son séminaire sur saint Paul (La théologie politique de Paul, Seuil). Sont à paraître un volume d’essais aux Editions du Seuil (Du culte à la culture) et une monographie sur son œuvre par Raphael Lellouche aux Editions de l’éclat).

SEPTEMBRE 2009

Collection «Philosophie imaginaire»

Traduit de l’allemand et présenté par Raphaël Lellouche et Michel Pennetier

ISBN 978-2-84162-186-6

272 p.

28 euros


Ludwig Wittgenstein - Paul Engelman
Lettres, rencontres, souvenirs

Cet ouvrage regroupe pour la première fois ce qui a été retrouvé de la correspondance échangée de 1916 à 1937 entre Paul Engelmann (de même que quelques proches) et Ludwig Wittgenstein. Ces lettres permettent de mieux comprendre la participation de Wittgenstein à la Première Guerre mondiale, de suivre la genèse du Tractatus logico-philosophicus et de saisir les transformations de la pensée de Wittgenstein au cours de ces années difficiles, qui ont vu l’effondrement de l’Empire austro-hongrois.
L’ouvrage contient aussi une version considérablement augmentée du “Mémoire” qu’Engelmann a consacré à Wittgenstein et qui a été publié en anglais en 1967. S’y ajoutent des textes d’Ilse Somavilla, Josef Schächter et Brian McGuinness, tous trois spécialistes de l’oeuvre de Wittgenstein. Il s’agit d’une édition critique, pourvue d’un très copieux apparat de notes et de commentaires.

Ludwig Wittgenstein est l’un des philosophes les plus importants du XXe siècle. Paul Engelman, architecte et ami de Wittgenstein, conseilla ce dernier dans ses « expériences » architecturales. Elève d’Adolf Loos, Engelman quittera l’Autriche en 1934 pour s’installer en Palestine, où il put poursuivre son travail architectural.

SEPTEMBRE 2009

Collection «Philosophie imaginaire»

Traduit de l’allemand par François Latraverse

ISBN 978-2-84162-183-5

320 p. env.

32 euros env.


Julien Cendres et Chloé Radiguet
Le Désert de Retz
Un paysage choisi

 

Expression d’un regard nouveau sur le monde, le Désert de Retz, œuvre de l’extravagant François Racine de Monville, est le plus remarquable jardin anglo-chinois, et le seul intégralement préservé. Conçu à la fin du XVIIIe siècle comme un ‘microcosme architectural’ – il abritait un temple grec, une pyramide égyptienne, un pagode chinoise, une tente tartare, etc. –, ce lieu d’exception attira de tous temps d’innombrables artistes, depuis le Prince de Ligne jusqu’aux Surréalistes. Rattaché aux Grands Travaux par François Mitterrand en 1990, il fait aujourd’hui l’objet d’un vaste programme de restauration et sera ouvert au public à partir de l’automne 2009.

Cet ouvrage abondamment illustré, et le seul à ce jour consacré au Désert de Retz, retrace l’histoire de ce lieu unique dont la symbolique n’est pas sans relation avec la franc-maçonnerie.

Julien Cendres est écrivain. Il a publié, notamment, Femme selon Chantal Thomass (Flammarion, 2001), À la splendeur abandonné (Joëlle Losfeld, 2002), Affinités licencieuses (Fayard, 2003), Dimanche à Cuba (Hermé, 2006), et Paysages de l’âme (Les Lumières du vent, 2007).

Chloé Radiguet est écrivain. Elle a publié des nouvelles, Fragments suivi de Traits, portrait (Maren Sell, Regart), de nombreuses préfaces et postfaces (Les Lettres Libres, Mille et une Nuits). À l’origine de la collection « À la lettre », elle est l’auteur de Brassens... à la lettre (Denoël, 2006).

En collaboration, Chloé Radiguet et Julien Cendres ont publié les Œuvres complètes de Raymond Radiguet (Stock, 1993) et Un jeune homme sérieux dans les années folles (Fayard, 2003).

SEPTEMBRE 2009

Collection «Philosophie imaginaire»

ISBN 978-2-84162-195-8

160 p.

Format 24 X 29

Nombreuses illustrations et documents inédits.

Photos de Denise Bellon, Daniel Boudinet, Philippe Dollo, Patricia Farazzi, Izis,Michael Kenna, Steve Wilson etc.

Préface de François Mitterrand

Postface de Pierre Morange

45 euros

Mise en page et maquette: Paul Raymond Cohen

Pour plus de renseignements sur les visites du Désert de Retz, consulter le site de la Mairie de Chambourcy


Collectif
Retours
Mélanges à la mémoire de Stéphane Mosès

 Qu’il écrive en allemand, en français ou hébreu, Stéphane Mosès nous fait pénétrer dans les univers des auteurs qu’il aborde, toujours par la porte dérobée. Qu’il s’agisse de Kafka ou de Walter Benjamin, de Scholem ou d’Emmanuel Levinas, la connaissance intime qu’il a de leurs œuvres respectives est rendue par une extraordinaire clarté et lucidité d’interprétation. C’est à cet exégète de la modernité que rendent hommage ici ses plus chers amis et collègues, dans un volume qui retrace aussi l’itinéraire d’une vie aux retours multiples.

Stéphane Mosès, disparu à l’automne 2007, a profondément marqué non seulement les études sur le judaïsme moderne, mais a également accompagné en France la découverte d’auteurs aussi importants que Walter Benjamin ou Franz Rosenzweig. Né à Berlin en 1931, il quitte l’Allemagne avant la guerre pour se réfugier avec sa famille au Maroc, puis en France après la guerre où il entre à l’Ecole Normale supérieure. En 1969, il émigre à nouveau avec sa femme et ses enfants à Jérusalem, pour, selon l’expression de son maître et ami Gershom Scholem, « rejoindre sa propre histoire ». Professeur émérite de l’Université hébraïque de Jérusalem, il a publié de nombreux ouvrages sur Benjamin, Rosenzweig, et plus récemment aux Editions de l’éclat sur Levinas ou Kafka. Ce collectif rassemble les conférences de trois hommages qui ont eu lieu successivement à Berlin, Paris, et Jérusalem. Contributions (entre autres) de Henri Atlan, Julia Kristeva, Guy Petitdemange, Marc de Launay, Dominique Bourel, Emmanuel Mosès, Danielle Cohen-Levinas.

SEPTEMBRE 2009

Collection «Bibliothèque des fondations»

ISBN: 978-2-84162-196-5

156 pages

18 euros


Daniel Caux
Le Silence,
les couleurs du prisme
et la mécanique du temps qui passe

John Cage, La Monte Young , Terry Riley, Steve Reich, Philip Glass, Robert Wilson, Charlemagne Palestine, Louis Andriessen, Urban Sax, Cornelius Cardew, Gavin Bryars, Michael Nyman, Glenn Branca, Arvo Pärt, Michael Galasso, Alan Lloyd, John Adams, Peter Sellars, Albert Ayler, Sun Ra, Cecil Taylor, Milford Graves, Sunny Murray, David Murray, Meredith Monk, Laurie Anderson, Nina Hagen, Alkan, Léon Theremin, Harry Partch, Conlon Nancarrow, Moondog, Luc Ferrari, Eliane Radigue, Thom Willems, Iannis Xenakis, Sonic Arts Union: Robert Ashley, Alvin Lucier, David Behrman, Gordon Mumma ... & la techno

Les musiciens de la seconde moitié du XXe siècle, de John Cage à Richie Hawtin, en passant par les minimalistes américains, le free jazz et quelques inclassables et visionnaires, savent ce qu’ils doivent à l’écoute créatrice et généreuse de Daniel Caux. Passeur de sons, caravanier des musiques nomades, il a porté jusqu’à nos oreilles la conque de ses découvertes enthousiastes. Toute son action, depuis la fin des années 60, aura consisté à faire connaître et entendre celles et ceux qui dessineront notre paysage musical. Son écriture, toujours juste et précise, a accompagné au jour le jour cette aventure musicale: articles, textes de pochette de disques, programmes, émissions radiophoniques sur France Culture et France Musique, les textes rassemblés ici sont une histoire vivante du siècle sonore mise en musique par les musiciens mêmes.

Producteur à France Culture (et France Musique), journaliste (L’Art vivant, Jazz Hot, Le Monde, Art Press, Le nouvel Obs...), organisateur de concerts (Ayler, Sun Ra, Riley, Glass, Reich…), directeur artistique du label Shandar, chargé de cours à Vincennes puis Saint Denis, Daniel Caux fut un ‘activiste musical’ qui a profondément marqué la scène musicale de ces quarante dernières années. Il disparaît en juillet 2008. Le Festival d'Automne lui rendra hommage avec la projection du film de Jacqueline Caux: «Les Couleurs du prisme et la mécanique du temps qui passe» (Voir programme ici)

OCTOBRE 2009

Collection «Philosophie imaginaire»

ISBN 978-2-84162-197-2

384 p.

format 17X24

36 €

Nombreuses illustrations et photos de Philippe Gras et Christian Rose










«Daniel Caux de A à Z»

Le livre est accompagné d'un CD gratuit proposant un hommage à Daniel Caux, «Daniel Caux de A à Z», une émission de l'Atelier de Création Radiophonique de France Culture, réalisée par Philippe Langlois, à partir de nombreuses archives INA et diffusée en octobre 2008.

Ce Livre/CD est une co-production France Culture, avec la participation de l'INA.


Manuela Carneiro da Cunha
Savoir traditionnel et droits intellectuels

En 2003, l'école de médecine de São Paulo soutient une recherche de doctorat sur les plantes d'usage rituel amazoniennes produisant des effets sur le système nerveux central. En échange de ce savoir, une association de village créée pour l'occasion renonce à de l'argent mais demande l'établissement d'un système de santé où les chamans peuvent exercer leurs savoirs, mais l'Ecole de médecine refuse d'entretenir les chamans. Ce n'est qu'un des exemples analysés par Manuela Carneiro da Cunha pour traiter du délicat sujet des possibilités de transaction portant sur des connaissances traditionnelles au sein d'un arsenal institutionnel mondial – comme l'industrie pharmaceutique, qui conteste fortement les droits intellectuels qu'ont les Indiens sur leur propre savoir traditionnel. Pour autant, le problème des droits indigènes semble pris dans un faisceau de contradictions : comment, d'un côté, les peuples indigènes peuvent revendiquer des droits collectifs sur leur propre savoir tandis que, d'un autre côté, leurs traits culturels sont “imposés” par des notions de “culture” qui sont étrangères à leurs systèmes de pensées ? Pour Carneiro Da Cunha, il faut distinguer deux contextes, selon qu'on se place dans le système interne à chaque culture, ou bien dans une alliance interethnique pour laquelle chaque culture n'est qu'un élément du système. Elle montre ainsi la manière dont la notion de “culture”, venant du jargon anthropologique, est appropriée par les peuples indigènes pour construire des régimes d'interprétation. En replaçant le problème des droits intellectuels à la fois dans un contexte très local (les associations de chamans) mais aussi global (la mondialisation marchande, les conventions sur la biodiversité), Carneiro Da Cunha montre (comme Marshall Sahlins pour l'anthropologie politique) que la notion de “culture” reste très largement occidentale, mais que son appropriation par des peuples indigènes permet de repenser les processus d'échange au sein de ma mondialisation.

Manuela Carneiro da Cunha est une anthropologue brésilienne, actuellement professeur d'anthropologie à l'Université de Chicago. Elle est l'auteur de nombreux ouvrage, dont une encyclopédie de la forêt amazonienne que Lévi-Strauss a qualifié d'"ouvrage fascinant". Elle est avec Eduardo Viveiros de Castro l'une des représentantes de la florissante école d'anthropologie brésilienne.

OCTOBRE 2009

Nouvelle collection: Terra Cognita

Traduit de l’anglais (USA) par Sophie Renaut

ISBN: 978-2-84162-198-9

128 pages

Prix 10 euros


Susan McKinnon
La génétique néo-libérale
Les mythes de la psychologie évolutionniste

La psychologie évolutionniste (ou évopsy) se veut être la science autoritaire de la « nature humaine ». Ses défenseurs (qui commencent à sévir en France depuis quelques années) ont réussi à construire une tour d'ivoire tout en gagnant une large audience et une influence notable sur les discours publics. Mais quelle réponses propose réellement la psychologie évolutionniste en ce qui concerne le langage, la sexualité ou les relations sociales ? «Aucune…» répond Susan McKinnon. Rappelons que la psychologie évolutionniste est une branche de la psychologie culturelle qui pense l'être humain à partir de la théorie de l'évolution biologique darwinienne, supposant donc que le cerveau, tout comme le corps, est le produit d'une évolution. Elle a pour objectif de démontrer que l'être humain raisonne en fonction de «modules mentaux» innés, et qu'il existe une seule nature humaine universelle formattant les diverses cultures du monde. Or, le fait de considérer qu'il existe une nature humaine unique (et que la culture soit fabriquées par l'homme) est théoriquement suspicieux, notamment aux yeux des anthropologues (cf. les travaux de Marshall Sahlins, Eduardo Viveiros de Castro, Philippe Descola). Susan McKinnon démontre que la psychologie évolutionniste est une «pseudo-science» qui transforme la génétique évolutionniste en un mythe sur les origines de l'homme ; plus grave, ce mythe est modelé par des valeurs néo-libérales et repose sur une compréhension ethnocentrique des concepts de genre, de relations sociales, de parenté. Un ouvrage indispensable pour lutter contre certaines idées pseudo-scientifiques qui n'ont aucun fondement anthropologique, mais qui arrivent néanmoins à produire leurs effets néfastes dans les appréhensions du monde et des autres qui sont les nôtres.

Susan McKinnon est professeur au département d'anthropologie de l'Université de Virginie.

OCTOBRE 2009

Nouvelle collection: Terra Cognita

Traduit de l’anglais (USA) par Sophie Renault

ISBN: 978-2-84162-199-6

112 pages

Prix 10 euros

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