éditions de l'éclat, philosophie P.M.
BOLO'BOLO

SOMMAIRE
ASA'PILI


 


SUBSTRUCTION

En admettant que nous acceptions BOLO‘BOLO, la prochaine question est: comment le réaliser? N'est-ce pas une fois de plus une proposition de réalisme politique? Non, BOLO‘BOLO ne peut pas être réalisé à travers la politique; il faut suivre une autre route, une série d'autres routes. Par rapport à la Machine, le premier problème qui se pose est un problème à l'envers: comment pouvons-nous paralyser et éliminer le contrôle de la Machine (c'est-à-dire la Machine elle-même) de manière à ce que BOLO‘BOLO puisse se développer sans être détruit d'emblée? On peut appeler cet aspect de notre stratégie 'désassemblage' ou 'subversion'. La Machine Travail Planétaire (MTP) doit être démantelée soigneusement car nous ne voulons pas mourir avec elle. N'oublions pas que nous sommes une partie de la Machine et qu'elle fait partie de nous-mêmes. Nous ne voulons détruire que notre rapport à la Machine. 'Subversion' signifie changement des rapports entre nous (les trois catégories de travailleurs) et face à la Machine (qui, à son tour, se présente à chaque catégorie de travailleurs comme un système globalisant). Il s'agit de subversion et non d'attaque, car nous sommes à l'intérieur de la Machine et c'est à partir de là que nous devons la bloquer. Nous ne nous présenterons pas comme un ennemi de l'extérieur. Il n'y aura pas de front, ni de quartier général, encore moins d'uniformes.

Utilisée seule, la subversion n'est pas une solution, elle nous permet de paralyser un certain secteur de la Machine, de détruire une de ses fonctions, mais la Machine sera toujours capable de reconstruire une fonction isolée et de s'imposer à nouveau. Nous devons remplir chaque espace conquis par la subversion avec quelque chose de nouveau, quelque chose de constructif. Nous ne pouvons pas espérer éliminer d'abord la Machine et, une fois la place libre, établir BOLO‘BOLO : nous arriverions toujours trop tard. Des éléments provisoires de BOLO‘BOLO, des rameaux de sa structure doivent occuper tous les interstices libérés, les espaces abandonnés, les zones déjà conquises. Ils préfigurent ainsi les nouvelles relations. La construction doit être combinée avec la subversion pour former un processus unique: la substruction (ou con-version si l'on préfère). La construction ne doit jamais être un prétexte pour renoncer à la subversion. À son tour, la subversion isolée ne produit qu'un feu de paille, des dates historiques et des héros, mais elle ne laisse pas de résultats sur le terrain. Construction et subversion prises isolément sont, l'une et l'autre, une manière de collaboration tacite ou explicite avec la Machine.



DYSCO

 Si on examine d'abord le cas de la subversion, il faut noter que chaque travailleur, chaque fonctionnaire de la Machine, dans chaque partie de la planète, possède un potentiel spécifique et personnel de subversion. Il y a différentes manières de causer des dommages à la Machine et chacune n'a pas les mêmes conséquences. Un menu planétaire de la subversion pourrait être décrit de la manière suivante:

A) DYSINFORMATION: sabotage (de la machine ou de ses programmes), vol de temps-machine pour des jeux ou à des fins personnelles, défauts de conception ou de planification, indiscrétions (par exemple Ellsberg et le scandale du Watergate), désertions (de scientifiques ou de fonctionnaires), refus de sélectionner (pour des enseignants), erreurs de management, trahisons, déviations idéologiques, fausses informations; les effets peuvent être immédiats ou à long terme, ils se mesurent en secondes ou en années.

B) DYSPRODUCTION : réduction de cadences, baisse de qualité, sabotage, absentéisme, assemblées d'ateliers, manifestations dans les usines, mobilité, occupations (par exemple grève des ouvriers polonais); les effets sont à moyen terme, ils se mesurent en semaines, en mois.

C) DYSRUPTION : émeutes, barricades, actes de violence, fuites, divorces, disputes de ménage, pillages, guérilla, incendies volontaires, etc. (par exemple Sao-Paulo, Miami, Soweto, El Salvador); les effets sont à court terme, ils se mesurent en heures, en jours.

Naturellement, toutes ces tactiques ont aussi des effets à long terme, mais on n'envisage ici que leur impact direct. Chacune de ces formes de subversion peut faire du tort à la Machine et même la paralyser momentanément. Mais chacune de ces tactiques peut être neutralisée par les deux autres car leur impact est différent dans le temps et l'espace. La dysinformation reste inefficace si elle n'est pas utilisée dans la production ou la circulation physique des biens et des services. Elle reste un pur jeu intellectuel qui se détruit lui-même. Les grèves peuvent toujours être cassées car personne n'empêche l'intervention de la police par des actions dysruptives. La dysruption isolée s'épuise vite car la Machine reçoit du renfort de son secteur de production. La Machine sait depuis longtemps qu'il y aura toujours de la subversion contre elle, que le deal qu'elle a conclu avec les différentes catégories de travailleurs doit en permanence être renégocié et arraché de haute lutte. Elle se limite donc à échelonner les attaques des trois secteurs de sorte qu'ils ne puissent pas se soutenir mutuellement et entraîner un effet multiplicateur pour devenir une sorte de contre-Machine. Les travailleurs qui viennent de gagner une grève (dysproduction) sont en colère contre les chômeurs qui manifestent et dont les barrages routiers (dysruption) les empêchent d'arriver à temps à l'usine. Une entreprise fait faillite et les travailleurs se plaignent des ingénieurs et des cadres; mais c'était un ingénieur 'substructeur', qui avait préparé intentionnellement des plans erronés, allié à un cadre qui voulait saboter l'entreprise (dysinformation). Les travailleurs perdent leur emploi, participent à des manifestations de chômeurs, il y a des émeutes..., les policiers, autres travailleurs, font leur travail en appliquant les consignes. La Machine transforme les différentes attaques des différents secteurs en un mouvement à vide, car rien n'est plus instructif pour elle que les défaites et rien n'est plus dangereux pour elle que de longues périodes de calme (car alors elle ne sait plus ce qui est en train de se passer dans les membres de son organisme).

La Machine ne peut pas exister sans un certain degré de maladie et de mauvais fonctionnement. Les luttes partielles sont des moyens de contrôle, une sorte de thermomètre pour la fièvre, et ce sont elles qui nourrissent l'imagination de la Machine et son dynamisme. Si cela s'avère utile pour elle, elle peut même provoquer des luttes afin de tester ses instruments de contrôle.

Dysinformation, dysproduction et dysruption doivent absolument se cumuler et cela à un niveau massifié afin de produire une situation critique pour la Machine. Une telle conjoncture fatale ne peut se produire que par le dépassement de la séparation des trois fonctions et des trois catégories de travailleurs. Il faut que se constitue un type de communication qui ne soit pas compatible avec le plan de la Machine: la dyscommunication. Voilà pourquoi l'ultime partie qui se joue contre la Machine s'appelle ABC-dysco.

Où peuvent se développer de tels nœuds de dysco ABC ? Difficilement là où les travailleurs se rencontrent en tant que fonctions de la Machine, c'est-à-dire sur leur lieu de travail, au supermarché ou à la maison. L'usine est le lieu-même de l'organisation de la division et les syndicats ne font que refléter cette division sans la dépasser. Sur les lieux de travail, les différences d'intérêts sont particulièrement accentuées: salaire, position, hiérarchie, privilèges constituent autant de barrières. Dans les usines et les bureaux, les travailleurs sont isolés les uns des autres, le niveau de bruit est élevé et les tâches sont absorbantes. La dysco ABC peut difficilement se développer dans le cœur économique de la Machine. Mais il y a des domaines de la vie (que la Machine considère comme des domaines marginaux) qui sont plus propices à la dysco. La Machine n'a pas encore tout digitalisé et rationalisé: la religion, l'expérience mystique, le langage, le rapport aux origines, la nature, la sexualité, toutes sortes de spleens, d'idées folles et d'envies.

La vie dans son ensemble échappe aux voies de la Machine. Évidemment, la Machine connaît son insuffisance dans ces domaines et elle cherche à les soumettre à une rationalité économique. La religion devient le business des sectes, la nature est exploitée par le tourisme et le sport, l'amour du pays dégénère en prétexte idéologique pour les industries d'armements, la sexualité est commercialisée, etc. Il n'y a pas de besoin qui ne puisse être transformé en marchandise, mais en devenant marchandise il est réduit et mutilé. Certains besoins se prêtent particulièrement mal à la production de masse, notamment le besoin d'une expérience personnelle authentique. L'intégration dans la Machine ne réussit que partiellement et de plus en plus de gens demandent une 'pause'. Le succès des mouvements écologistes, des pacifistes, des minorités ethniques ou régionalistes, de la 'nouvelle religiosité' (les églises progressistes ou pacifistes) et des sous-cultures homosexuelles est probablement dû à ces insuffisances de la Machine-Travail Planétaire. Partout où l'on redécouvre ou bien où l'on crée des identités en deçà de la logique économique, il y a des nœuds ABC. Des intellectuels, des employés, des femmes et des hommes se retrouvent en tant qu'objecteurs de conscience sans se préoccuper de leurs emplois. Les membres des professions les plus diverses se retrouvent en tant qu'homosexuels. Les Indiens, les Basques ou les Arméniens luttent ensemble. Les femmes aussi... Une sorte de nouveau nationalisme (ou régionalisme) dépasse les barrières de la profession et de l'éducation. La Vierge noire de Czestochowa a contribué à unir les travailleurs, les intellectuels et les paysans polonais. Ce n'est pas un hasard si, ces derniers temps, ce sont presque toujours des mouvements de ce genre qui ont atteint une certaine intensité. Leur pouvoir substructeur se fonde sur la multiplication des rencontres ABC. La première réaction de la Machine a toujours été de jouer l'un contre l'autre les éléments de ces rassemblements et de rétablir le vieux mécanisme du rejet mutuel.

Les mouvements mentionnés ci-dessus n'ont produit que des dyscos ABC superficielles et de courte durée. Dans de nombreux cas, les travailleurs des différentes catégories ne se sont rencontrés qu'à l'occasion d'un seul événement puis sont retombées dans leurs divisions quotidiennes. Ceci a créé beaucoup de mystifications. Pour exercer une influence durable, ils devraient aussi être capables de remplir des tâches quotidiennes en dehors de la Machine. Ils devraient essayer d'organiser l'entr'aide, l'échange extra-monétaire de services et de fonctions culturelles concrètes dans les quartiers. Dans ce contexte, ils devraient anticiper les bolos, les accords de trocs et l'autosuffisance alimentaire. Les idéologies (ou les religions) ne sont pas assez fortes pour dépasser des barrières telles que le revenu, l'éducation, la position sociale. Les catégories ABC doivent se compromettre dans la vie quotidienne. Certains niveaux d'auto-suffisance, d'indépendance de l'État et de l'économie doivent être atteints pour stabiliser de tels nœuds de dysco. On ne peut pas travailler 40 heures par semaine et avoir encore assez de temps et d'énergie pour des initiatives de quartier. Les nœuds ABC doivent être plus qu'un décor culturel, ils doivent être capables de remplacer au moins une petite fraction du revenu monétaire et libérer une partie de temps.

Ce n'est qu'expérimentalement que peut être défini ce à quoi ressemblent ces nœuds de dysco ABC. Il peut s'agir de centres de quartier, de coopératives alimentaires, d'échanges agriculteurs-artisans, de communautés de rue, de communes de base, de clubs, d'échanges de services, de coopératives de production et de distribution d'énergie, de bains communaux, de pools d'utilisation de voitures, etc. Tous les points de rencontre pour regrouper les trois catégories de travailleurs sur la base d'intérêts communs sont de potentielles dyscos ABC.

La rencontre de ces nœuds ABC désintègre la Machine, produit de nouvelles conjonctures subversives et protège l'activité de toutes sortes de mouvements de manière invisible. La diversité, l'opacité, la flexibilité, l'absence de noms, de drapeaux et d'étiquettes, le refus de la gloire et des honneurs, le rejet du comportement politique et de toute délégation, tout cela protégera de tels nœuds des yeux et des tentacules de la Machine. Les informations, les expériences et les instruments pratiques peuvent être partagés. Les nœuds de dysco ABC peuvent être les laboratoires de nouvelles formes d'action, énigmatiques et surprenantes car elles peuvent utiliser les trois fonctions et les trois dysfonctions de la Machine. Même le cerveau de la Machine n'a pas accès à cette richesse d'information car il doit se séparer de la réflexion sur lui-même (principe de séparation entre la compétence et la responsabilité). Les nœuds de dysco ABC ne sont donc ni des partis, ni des mouvements, ni des coalitions ou des organisations paravents. Ils ne sont qu'eux-mêmes, c'est-à-dire le cumul de leurs effets séparés. Ils peuvent se rencontrer dans des mouvements de masse ponctuels, tester leur force et la réaction de la Machine et disparaître de nouveau dans la vie quotidienne. Ils combinent leurs forces là où ils se rencontrent, dans la pratique. Ils ne sont pas une contre-Machine, mais le contenu et la base matérielle de la destruction de la Machine.

De par leur volonté de ne pas devenir des organisations, les nœuds ABC sont toujours capables de créer des surprises. La surprise est un élément fondamental car nous souffrons d'un désavantage incurable par rapport à la Machine: nous pouvons être soumis au chantage de mort ou de suicide de la MTP. On ne saurait cependant nier que, comme moyen de subversion, la guérilla ne puisse devenir nécessaire dans certaines circonstances (quand la Machine est déjà en train de tuer). Plus il y a de nœuds ABC, de réseaux et de tissus et plus l'instinct de mort de la Machine est excité. Mais chaque fois que nous devons nous opposer à la Machine avec héroïsme et esprit de sacrifice, c'est que notre défaite est proche. Il vaut mieux accepter le chantage de la Machine. Chaque fois que la Machine commence à tuer, nous devons nous replier. Cela paraît défaitiste, mais c'est une des leçons que nous pouvons tirer du Chili, de la Grenade ou de la Pologne: quand la lutte passe au niveau de la police et de l'armée, nous sommes sur la voie de la défaite. Ou alors, si nous gagnons, ce sera justement notre aspect policier ou militaire qui aura gagné et non pas nous-mêmes. Nous ne serons parvenus qu'à une dictature militaire 'révolutionnaire'. Quand la Machine se met à tuer à l'aveuglette, nous avons visiblement fait une erreur. Nous ne devrions jamais oublier que nous sommes aussi ceux qui tirent. Nous ne sommes jamais en face d'un ennemi, nous sommes l'ennemi. Ce fait n'a rien à voir avec les idéologies non-violentes: on peut être très violent et ne pas s'entre-tuer. Infliger de gros dégâts à la Machine ne signifie pas nécessairement utiliser la violence. D'autre part, rien ne sert de mettre des fleurs aux boutonnières des soldats ou d'être gentils avec les policiers. Impossible de les tromper avec le symbolisme, les arguments ou les idéologies: ils sont comme nous. Mais il se peut que le policier ait des voisins, que le général soit homosexuel, que le soldat ait une sœur qui milite dans un nœud de dysco ABC. Quand il y aura suffisamment de dyscos, la sécurité de la Machine sera trouée comme une passoire. Nous devons être soigneux, pratiques et discrets.

Si la Machine tue, c'est qu'il n'y a pas encore assez de nœuds de dysco ABC. Trop de parties de son organisme sont encore en bonne santé et elle peut espérer se sauver par une opération violente. La Machine ne mourra pas d'une attaque et ne découvrira son cancer que lorsqu'il sera trop tard pour l'opérer. Telles sont les règles du jeu. Ceux qui ne les respectent pas doivent abandonner la partie (et deviendront des héros).

La substruction comme stratégie est une forme de méditation pratique. Elle peut être représentée par le yantra ci—dessous qui combine la substruction (aspect du mouvement) et BOLO (la future communauté de base):

 




TRICO

La Machine-Travail a un caractère planétaire, de sorte que la stratégie de BOLO‘BOLO doit aussi être planétaire dès le début. Des nœuds de dysco qui ne seraient que locaux, régionaux ou même nationaux ne suffiront jamais à paralyser la Machine planétaire dans son ensemble. L'Ouest, l'Est et le Sud doivent commencer simultanément à subvertir leurs fonctions relatives à l'intérieur de la Machine et doivent créer de nouvelles anticipations constructives. Ce qui est vrai pour les trois catégories de travailleurs au niveau du microcosme est aussi vrai pour les trois parties de la planète au niveau du macrocosme. Il faut qu'existent des nœuds de dysco planétaire. Il faut qu'existe un tri-communication entre les nœuds de dysco: la trico. Le truc planétaire, c'est la trico.

La trico c'est la dysco entre les nœuds ABC dans chacune des trois principales parties du monde: l'Ouest industrialisé, les pays socialistes et les pays du Tiers-Monde. Un nœud de trico, c'est la rencontre de trois nœuds de dysco au niveau international.

C'est ainsi que les bolos naissants prennent contact entre eux. Bien sûr ce contact doit être établi à l'extérieur des gouvernements, des organisations internationales ou des organisations d'aide au développement. Les contacts doivent fonctionner directement entre les quartiers, entre les actions quotidiennes de toutes sortes. Il peut y avoir une trico entre Saint-Marks-Place (New York), Gdansk Nord-Est 7 et Mutum Biyu (Nigeria) ou entre Zurich-Stauffacher, Novosibirsk/Block A23 et Vuma (Fidji). De tels nœuds de trico pourraient commencer sur la base d'affinités personnelles surgies accidentellement (lors d'un voyage touristique par exemple). Ensuite ils pourraient être multipliés par l'activité de tricos déjà existants. L'utilisation pratique d'un nœud de trico (et il en faut une) peut être très triviale au début: échange sur une base non monétaire de biens nécessaires (médicaments, disques, épices, habits, équipements). Il est clair que les conditions de l'échange de biens ne sont pas égales entre les trois parties du monde: le partenaire du Tiers-Monde aura besoin de beaucoup de produits de base pour résister à l'exploitation par le marché mondial. Les communautés du Tiers-Monde auront en outre besoin de beaucoup de matériel pour la construction des infrastructures de base (puits, télé phones, générateurs). Cela ne signifie pas que la trico ne soit qu'une sorte d'aide au développement. Les partenaires prendront soin de créer un projet commun, le contact sera de personne à personne, l'aide sera adaptée aux vrais besoins et fondée sur des relations personnelles. Même dans ces conditions difficiles les échanges ne seront pas forcément univoques. Les nœuds de dysco A fourniront beaucoup de biens matériels (qu'ils possèdent en abondance) et recevront en échange des biens culturels et spirituels: ainsi ils pourront prendre connaissance de la nature, du mode de vie d'un village traditionnel, de sa mythologie, des rapports entre ses habitants. D'ailleurs, chaque deal, même le plus misérable, a certains avantages: au lieu d'être effrayés par les désavantages des autres deals, nous échangerons les éléments qui restent valables et forts.

Les nœuds de trico permettent aux nœuds de dysco ABC qui en font partie de démasquer les illusions des différents deals. Ils cassent les manœuvres de division de la Machine Planétaire. Les dyscos occidentales connaîtront la vie quotidienne socialiste et seront ainsi prévenues aussi bien contre la propagande socialiste que contre la propagande anti-communiste. Les partenaires de l'Est renonceront à leurs illusions sur le miracle occidental et, en même temps, s'immuniseront contre l'endoctrinement officiel de leurs propres pays. Les dyscos du Tiers-Monde détruiront les idéologies du développement et la démagogie socialiste pour devenir moins vulnérables au chantage à la misère. Tout cela ne sera pas un processus éducatif, mais une conséquence naturelle de la tricommunication. Un nœud de dysco occidental peut aider le partenaire de l'Est à se procurer gratuitement une chaîne stéréo japonaise car les besoins sont des besoins, même s'ils ont été créés par les stratégies publicitaires de la Machine. Dans le processus d'expansion des tricos, d'échanges mutuels et de développement du BOLO‘BOLO, les besoins authentiques deviendront prédominants. Les danses et les contes de fées de l'Afrique seront plus intéressants que le funky, les chants russes plus attractifs que les magnétophones.

La réalisation de la substruction à une échelle directement planétaire est une condition préalable du succès de la stratégie qui pourrait conduire à quelque chose comme BOLO‘BOLO. Si BOLO‘BOLO ne reste que le spleen d'un seul pays ou d'une seule région, c'est perdu. Ce n'aura été qu'une impulsion de plus au développement.

Les relations planétaires doivent se développer sur la base de la tricommunication. Elles désintégreront les États-nations et les blocs politiques. Comme les nœuds de dysco, les nœuds de trico forment un réseau de substruction qui paralysera la MTP. À partir de ces tricos se développeront des accords de trocs (FENO), l'hospitalité généralisée (SILA), de nouvelles régions définies culturellement (sumi) et un point de rencontre planétaire (ASA'DALA). Le réseau des tricos bloquera les machines de guerre des différents pays depuis l'intérieur. Ce réseau constituera ainsi le seul vrai mouvement pacifiste. Car, justement, il ne s'intéresse pas d'abord à la paix mais à un projet commun.


CALENDRIER PROVISOIRE

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