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oct

Invité à présenter son ouvrage sur une chaîne de télévision en 2 minutes, Emmanuel Fournier avait préparé cette intervention consciencieusement minutée (sans les variantes données en note, qui auraient pu constituer une autre émission consacrée aux variantes du « temps qui presse »). C’était sans compter avec la télévision elle-même qui, outre un timing, impose aussi son discouring. Il existe une version filmée de cet épisode dans les oubliettes de la télévision. Nous avons jugé utile de la donner à lire ici sur l’écran privé de votre ordinateur, en attendant qu’on étende la redevance télé à tous les écrans.

 

On peut avoir le vertige en écoutant tout ce qu’on fait dire au cerveau.1 C’est comme s’il assurait tout et décidait de tout pour moi, comme si mon identité se dédoublait.2, 3 Je ne sais rien, je ne suis qu’un écervelé, mais heureusement, j’ai un cerveau qui sait !4 qui pense pour moi, qui aime pour moi (et peut-être avant moi).5
Dès lors, ne puis-je m’en remettre aux savoirs, aux pouvoirs et aux techniques qui s’appuient sur lui ?6 En lui, n’allons-nous pas découvrir ce que nous sommes mais aussi ce que nous devons être,7 comment nous comporter et mieux apprendre,8 comment remédier à nos maux, mais aussi comment nous améliorer, voire nous augmenter ?9
Ce cerveau qui devait seulement nous expliquer, le voilà mis à notre place.10, 11 La question reste de savoir au profit de quelle vision de nous-mêmes opérer ce renversement.12, 13 Car si le cerveau est l’auteur de toutes nos idées, s’il peut être donné comme raison de tous nos actes, il doit pouvoir accueillir dans sa matière nos théories opposées de ce que nous devons être,14 et apporter sa caution matérielle et scientifique à tous les usages qu’on voudra faire de lui.15
Le cerveau peut servir à me stigmatiser et à me condamner sur la foi de nouvelles normes,16 ou aussi bien à m’excuser et à me disculper (« Ce n’est pas moi, c’est mon cerveau ! »),17 ou encore à m’assurer et à fonder mes élans (« Je vais m’épanouir grâce à mon cerveau. »).18 C’est l’idée de cerveau qui libère.19 Nous n’avons pas besoin d’aller jusqu’à nous fourrer des électrodes dans le crâne pour tirer un neurobénéfice.20, 21
Mais si cette façon de nous redécrire22 nous aide à vivre,23, 24 nous ne sommes pas obligés de nous y enfermer et de renoncer aux autres façons de nous voir dont nous avons besoin pour donner un visage à notre cerveau et le guider.25, 26 Qu’il soit une des conditions matérielles qui nous régissent n’est pas une raison pour réduire notre horizon à une langue de neurones et de synapses.27
Avoir un cerveau ne nous dispense ni ne nous prive de penser28 et de faire ce que nous avons toujours essayé de faire au mieux : évaluer notre sort, prendre des libertés, opposer des insouciances aux idéologies où nous tendons à nous enfermer.29, 30 En nous déchargeant de certaines conditions matérielles, le cerveau nous libère l’esprit.31

Trente-et-une notes et variantes

1 On confond à plaisir le cerveau matériel, dont souffrent les patients et qui est l’objet de travail des médecins et des scientifiques, et un cerveau imaginaire ou symbolique que nous donnons comme raison de nos actes dans notre langage ordinaire : « Je vais courir parce que mon cerveau a besoin d’endorphines. Je suis triste parce qu’il manque de neuromédiateurs. ».

2 « Je » a-t-il encore une place à l’aune du cerveau ? Mais si le cerveau fait tout pour nous, si nous devons nous encerveler, c’est bien que nous ne nous réduisons pas à notre cerveau (et qu’il doit y avoir quelque intérêt à opérer une telle réduction) ! L’introduction du cerveau opère une scission : d’un côté le cerveau (qui sait), de l’autre ce qui reste de nous sans cerveau… un « je » écervelé (qui ne sait rien que ce que Cerveau lui laisse savoir). – On cherche à imposer le cerveau, mais à qui ? À un « je », certes écervelé, mais paradoxalement réhabilité, consacré, par les études du cerveau. C’est comme si celles-ci dissociaient deux personnages conceptuels, pour une part imaginaires. – Insouciances prend acte de cette dissociation pour mettre en scène un « je », distinct du sujet cerveau ; un « je » qui n’ait rien de personnel (qui donne un point de vue décalé sur soi), mais de nature à susciter un engagement personnel (qui renvoie chacun à soi).

3 Le principe d’un « je » qui endosse les critiques de ce que d’autres ont pu penser (et de ce que j’aurais donc pu être amené à penser) était déjà exposé dans « Creuser la cervelle », mais il s’est accusé dans ces insouciances. Un « je » bouffon dont on se moque, là pour ça, qui prend la parole chaque fois qu’il s’agit de se moquer de soi, de notre tendance à nous encerveler. Un « je » qui refuse d’entrer dans les polémiques et les jeux de pouvoir avec le sujet cerveau. Diriger l’ironie contre moi : les « savants » derrière le cerveau ne sont que les agents d’une idée qui les berne, et à laquelle j’aurais pu céder. Lutter contre l’idéologie potentiellement en nous, et non polémiquer contre untel ou untel.

4 Un cerveau qui me rend conscient de ce qu’il veut et qui fait tout pour moi, (qui planifie mes actes et fabrique mes émotions,) qui comble mon ignorance et pallie mon impuissance, sans que je le sache et sans avoir rien à faire. – L’immensité et la complexité de ce que le cerveau fait à notre place dépassent notre entendement, nous dit-on. On peut y voir une occasion d’insouciance, innocente : il nous dispense de bien des tâches, de soucis, de responsabilités (« Tant mieux ! il me décharge d’autant ! Autant de moins à faire ! »). Mais on peut aussi apprécier qu’il ait l’élégance de nous en tenir inconscient.

5 Le véritable avènement, c’est que, pour penser à ce que je suis et à ce que je dois faire, moi l’écervelé, je doive m’adjoindre un cerveau et me mettre en position d’objet par rapport à lui, et me soucier de lui, le faire passer avant moi. Je peux prétendre ne plus diriger ma vie, mais subir les caprices et les humeurs de mon cerveau qui cherche son bien-être et son accomplissement social (« Drôle de manière qu’il a de s’y prendre ! »). Dans ce renversement, c’est toute une place qui s’ouvre à l’avenir pour les neurosciences. Tout un pouvoir qu’on assoit pour elles.

6 Maintenant que j’ai appris ce que je dois à mon cerveau, puis-je l’ignorer ? Ne dois-je pas me confier à lui ? Devant ce cerveau qui sait mieux que nous et qui agit à notre place, on peut avoir le sentiment de ne rien avoir à faire de mieux désormais que de nous en remettre à lui.

7 Comme si une telle redescription nous faisait enfin découvrir ce que nous sommes et comment nous devrions nous comporter. Comme si nous ne le savions pas déjà, ou plutôt comme si nous n’avions pas déjà tout ce qu’il faut (beaucoup, en tout cas, et peut-être trop déjà) pour y réfléchir et que la description en termes cérébraux allait rendre caduques toutes les autres façons de nous envisager. Seulement, maintenant, je vais pouvoir appuyer celles-ci sur le cerveau. Et cela ne peut pas rater. – Il faut démonter cette illusion pour mieux la savourer.

8 Ne devons-nous pas mouler nos conduites et nos apprentissages sur une neuroéthique et une neuropédagogie, scientifiquement fondées ? La solution aux problèmes éthiques, pédagogiques, juridiques… que nous avons cherchée dans des sphères non cérébrales, n’allons-nous pas la trouver dans le cerveau ? Rénovons nos anciennes pratiques, fondons-les sur le cerveau et transformons-les en véritables sciences, neuropédagogie, neurojustice, neuroéconomie, neuroéthique…

9 « S’il me double exactement, alors ce cerveau transparent ne m’explique en rien et ne change tout simplement rien à mon sort. À quoi bon faire appel à lui, sinon pour m’interdire de penser et de chercher d’autres interprétations, moins grossières ? » On comprend qu’il y a plus, que des intérêts pratiques sont en jeu et que la nouvelle représentation est certes une affaire d’images et de mots, mais pas seulement. – L’inscription du cerveau dans notre langue nous place dans une perspective technique par rapport à nous-mêmes. En entrant dans nos façons de parler quotidiennes, le nouveau cerveau nous prépare à de nouveaux accès à nous-mêmes et de nouveaux modes opératoires sur nous-mêmes, via les techniques qui ont prise sur la matière cérébrale. Étant donné l’ignorance où je suis de ce qui se passe en moi et l’impuissance où je demeure de moduler mon sort, ne serais-je pas bien inspiré de placer ma condition et mon avenir dans les possibilités d’action tangible qu’offre la matière cérébrale ?

10 Grâce notamment aux images du cerveau. Ne donnent-elle pas le sentiment de voir le cerveau penser et de voir ce double de nous-mêmes dévoiler notre intimité ? – Il ne faut pas penser à la série des préparations auxquelles doivent se plier les sujets et à tous les traitements qu’il faut faire subir aux images pour qu’elles soient parlantes. Tout ceci est tellement complexe et opaque qu’il ne viendrait à personne l’audace d’en contester la solidité. L’important n’est pas là d’ailleurs – après tout, le cerveau n’est rien sans une pensée qui le mette en forme – mais d’avoir la conviction que les images du cerveau montrent directement la pensée (sans reste, seulement colorisée et ré-enchantée), et non, comme elles le font, des activités cérébrales mises en forme pour des besoins scientifiques.

11 Certes, ce n’est ni mon premier inconscient ni mon premier directeur de conscience, mais cette fois, il s’agit d’un alter ego bien palpable puisqu’il se laisse voir et imager. Qui oserait s’élever contre ses garanties scientifiques et médicales ?

12 Pourquoi penser faire mieux en regardant des images du cerveau (en scrutant l’immensité, la complexité et l’opacité des réseaux neuronaux) – ou à coups d’électrodes – que ce que nous avons essayé de faire jusqu’ici par nos évaluations critiques et réfléchies de ces questions ? Pourquoi “le cerveau” dirait-il mieux que nous ? Comment mon pauvre cerveau fera-t-il, seul, les évaluations que nous faisons d’ordinaire dans d’autres sphères que cérébrales ? Comment déterminera-t-il que nous sommes ceci plutôt que cela, et qu’une façon d’être et de se comporter vaut mieux qu’une autre ? – En arrêtant dans le cerveau une vision de ce que nous sommes et de ce que nous devons être, on ne ferait que projeter en lui une opinion particulière, et se servir de sa caution pour l’imposer.

13 On peut adresser à Cerveau les mêmes réclamations qu’à qui on sait : « Toi qui détiens dans tes cortex les clés de la pédagogie et de l’éthique, pourquoi me fais-tu apprendre de travers et si mal me comporter ? » Si le cerveau est si sage, si savant et cause de tout, s’il est détenteur d’une neuroéthique, d’une neuropédagogie, d’une neurojustice, pourquoi nous livre-t-il à tant de théories contraires ? Pourquoi est-il l’auteur de tant de visions erronées, je vous le demande ? – Bah ! qu’à cela ne tienne, on va le corriger à coup d’électrodes.

14 On doit pouvoir trouver dans ses replis des traces de chacune des opinions opposées que nos têtes folles ou des esprits éminents et respectables se sont forgées sur la meilleure façon de se conduire et d’apprendre.

15 Le cerveau est prêt à tout, mais ne dit pas où aller. Les preuves et les alibis qu’on lui demande de fournir sont aussi variés que les pensées et les causes qu’ils sont censés défendre. À son corps défendant, il peut être appelé à servir de garantie pour toutes les théories et toutes les intentions qu’on voudra. C’est toute une série de promesses et d’attentions qui se dessinent pour nous.

16 « C’est son cerveau, on ne peut rien pour lui. » Il faut que je pense comme on me dit que mon cerveau le dit (comme on me dit que mon cerveau dit qu’il faut que je pense).

17 Je ne suis pas obligé de me laisser enfermer dans une représentation imposée de mon rapport au cerveau. Je peux même récupérer le cerveau à mon profit et m’en servir pour me disculper. Y compris à mes propres yeux : je peux me dire que mon cerveau me joue des tours, que je ne suis pas obligé de le suivre et de me laisser faire par les termes maladroits dans lesquels il me fait voir les choses.

18 « Mon cerveau est là, au fond de moi, pour me conduire au bien-être. » Je peux m’appuyer sur lui pour entreprendre ce que je veux, mais aussi me cacher derrière lui, m’en servir pour toutes sortes d’usages, éventuellement contraires. Un tel cerveau à tout faire est fort utile par exemple en neuropédagogie et en neurojustice, où il est appelé à comparaître aussi bien à décharge qu’à charge.

19 Et l’idée d’un double psychique ou transitionnel, être fantasmatique dont je fais semblant de ne pas pouvoir douter.

20 Nous n’avons peut-être pas besoin d’en venir aux techniques. L’essentiel du neurobénéfice est tiré de la reformulation symbolique qui assure ou rassure. Et c’est en cela que nous adjoindre un cerveau nous aide à être. (Distinguer les bénéfices techniques et symboliques…)

21 Besoin d’un double qui se distingue de nous, techniquement ou symboliquement, sans quoi il ne changerait rien à notre sort. Si nous étions la même chose que notre cerveau, il ne changerait rien pour nous et il ne servirait à rien d’en parler. Il faut bien qu’il soit davantage que nous, qu’il représente un “plus” ou un “autre”.

22 Nous voir comme un cerveau, mettre un cerveau à notre place.

23 Je pense que je pense avec un cerveau. Je me focalise sur cet addendum en oubliant les autres façons de me représenter dont je ne manque pas de me charger et de me couvrir aussi à l’occasion. Ce complice symbolique que l’imagerie nous donne à contempler et à fantasmer est bien précieux puisqu’il nous explique en nous remplaçant. La valeur du cerveau tient avant tout à ce qu’on le donne comme raison de nos actes, à ce qu’il apporte une réponse à notre besoin de nous expliquer.

24 Le cerveau ne dit pas tout de ce que nous sommes, (ni tout ce que nous pouvons être, ni où nous devons aller,) mais ce qu’on lui fait dire, et ne le dit pas sans le mettre en forme. Il n’est rien sans nous qui lui donnons un visage.

25 Si ma pensée dépend de conditions formelles, autant les connaître. Si mon cerveau met en forme ma façon de penser et d’appréhender le monde, autant savoir en quoi et jusqu’où. Je ne suis pas obligé de croire que cette condition matérielle est la seule à peser sur ma pensée, et que me redécrire en ces termes cérébraux va me résumer. Autrement dit, nous ne sommes pas obligés de croire que cette redescription fasse davantage que nous redécrire, qu’elle dise tout de ce que nous sommes et de ce que nous devons être. Comme si l’explication cérébrale (le cerveau) se substituait à ce qu’elle devait expliquer (nous). Comme si nous allions nous réduire à un point de vue.

26 Au-delà des fantasmes et des intérêts technicistes, n’est-ce pas sur le plan des représentations que se situe le véritable avènement du cerveau ? Pourquoi ce double imaginaire a-t-il pris tant d’importance s’il n’est qu’une représentation ? Mais jouer comme une représentation, dont nous nous persuadons qu’elle va pouvoir guider notre vie personnelle et sociale, est précisément ce que nous attendons de lui. Dans ces questions, le cerveau vaut en tant que représentation permettant d’échapper à d’autres représentations, morales ou psychologiques, littéraires, poétiques… que nous donnons de nous-mêmes et dont nous nous servons pour nous expliquer et envisager notre sort. Ce n’est pas une raison pour renoncer à ces autres représentations qui ont leur nécessité et qui peuvent en retour nous aider à nous libérer du cerveau. – Le cerveau n’est qu’un jeu qu’on joue avec soi, de même que ce “soi” et que mon soi-disant “je”.

27 On peut s’émerveiller d’apprendre comment des notions aussi riches de sens et aussi variées que celles de conscience, de plaisir ou d’empathie peuvent être traduites en termes, toujours les mêmes, de neurones, de synapses et de neuromédiateurs, qui n’ont ni la même richesse de sens ni les mêmes résonnances. Se dire que nous sommes bien peu de chose… (Comme de se dire : « Mon corps est composé à 2/3 d’eau. ») – Peu importe, nous nous sommes appropriés cette neurolangue, trop heureux de l’occasion de nous dédoubler. – Ce qui est merveilleux, ce n’est pas que le cerveau engendre le monde et la pensée, comme par magie, mais que nous pensions, que le monde soit, qu’il y ait des couleurs, des musiques, des langages, et entre autres, que le cerveau contribue à mettre en forme le monde pour nous.

28 Ou du moins, de faire davantage attention à nous. Plus qu’à nous dire ce que nous sommes, l’avènement du cerveau nous pousse peut-être à nous approfondir.

29 C’est un parti pris du livre de ne s’appesantir sur aucun sujet, préférant aller « par sauts et gambades », croyant au fond qu’une bonne manière de lutter contre les dogmatismes et les idéologies est de leur opposer des insouciances. Peut-être ne pouvons-nous pas éviter toutes les contraintes qui s’exercent sur nous, mais au moins pouvons-nous nous efforcer de réduire les prises que nous leur offrons.

30 Certains croient et se posent. D’autres préfèrent circuler entre les croyances, se livrer au libre exercice de penser entre les représentations, là où l’on ne peut jamais tout à fait les attraper.

31 Quand nous ne savons pas, nous affabulons. Le cerveau est une telle affabulation. C’est un conte (Nietzsche dirait : un mensonge) qui nous permet de voir la vie avec confiance et espoir. Son principe est de nous redonner un sujet (ce sujet que la philosophie, les sciences et la psychanalyse avaient ruiné, dont elles nous avaient privé), par un magnifique geste de prestidigitation substituant « le cerveau » à notre vieux sujet grammatical. Certains de nous sont meilleurs prestidigitateurs ou conteurs que d’autres.
Le conte commence toujours ainsi : « Il arriva que mon cerveau prit ma place et qu’il fit tout pour moi. Les découvertes et les avancées prodigieuses le prouvaient. L’imagerie le montrait » Et de là, mille histoires : « Comme mon cortex occipital voyait ce qui arrivait, il fallait qu’il en avertisse au plus vite mon cortex frontal pour qu’il active à bon escient mon cortex moteur… On montra que le tronc cérébral s’activait avant le cortex. Donc le cortex devait anticiper sur ce qui allait lui arriver… » C’est ainsi que mon cerveau se mit à affabuler pour moi. Sa première affabulation fut de se poser en sujet héros à ma place. Le cœur ou l’intestin auraient pu jouer ce rôle de double (ou même l’oreille, ou la plante du pied, puisqu’il est question de représentation), mais ce sont d’autres histoires.

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