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«Terra Cognita» |
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La nature humaine, une illusion occidentale Voici venu le temps de nous apitoyer sur notre misérable sort. Depuis deux millénaires, nous avons toujours été hantés par le spectre de notre propre nature : une nature humaine si cupide et si violente qu'elle livrerait la société à l'anarchie si on ne la soumettait pas à quelque gouvernement. Cet ouvrage montre qu'il s'agit d'une conception typiquement occidentale, où l'opposition entre nature et culture est perçue comme le fondement de notre propre tradition (et de nos propres sciences sociales) et de notre différence par rapport à tous ceux qui considèrent que les bêtes sont fondamentalement humaines, et non que les hommes sont fondamentalement des bêtes. Et ces derniers ont raison, du moins au sens où l'espèce humaine modernes, l'homo sapiens, est apparue il y a relativement peu de temps dans une histoire culturelle humaine beaucoup plus ancienne. La paléontologie nous l'apprend : nous sommes des animaux de culture ; notre patrimoine biologique, c'est de créer des symboles. Croire que nous sommes à la merci de nos penchants animaux est une illusion qui s'enracine aussi dans la culture. |
PARUTION AVRIL 2009 |
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Les fantômes de la NBA Avec l'arrivée au pouvoir de Barak Obama, le basketball a un nouveau terrain... à la Maison-Blanche. Tout en incarnant une diversité qui forme le socle de l'identité américaine, Obama aura tenté de dépasser la color line, cette ligne de partage entre les races, pour proposer une société «post-raciale» une expression qu'il regrettera, sans doute trop audacieuse au regard de la réalité des années 2000. Les fantômes de la NBA lui donne raison, montrant qu'au sein même du collectif majoritairement noir qu'est la National Basketball Association, dont on a cru qu'elle était l'exemple même du dépassement de la question raciale, le « fantôme » de la race n'est jamais très loin. Une preuve en est l'arrivée au sein de la nba du Chinois Yao Ming (avec ses sveltes 2m22) et le scandale qui secoua la ligue lorsque son entraîneur déclara que le joueur fut victime de décisions arbitrales prises en partie pour des raisons ethniques. Cet incident peut également être considéré comme un moment pivot de la mondialisation de la nba, au prisme du néolibéralisme et d'une rivalité économique États-Unis/Chine. Avec environ 40 % de joueurs originaires de nations étrangères, le problème racial au sein de la NBA a acquis une dimension éminemment plurielle. La seule corporalité asiatique de Yao Ming le situe en dehors des catégories qui servent habituellement à identifier et à classifier, perturbant ainsi « l'ordre racial ». La complexité des rapports de force au sein du sport peut nous montrer ceci : le discours post-racial (à la Michael Jordan) ne désire rien d'autre que gommer le fantôme de la race qui lui fait si peur. |
PARUTION AVRIL 2009 |
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Manuela Carneiro da Cunha.Voir www.ispn.org.br Manuela Carneiro da Cunha est une anthropologue brésilienne, actuellement professeur d'anthropologie à l'Université de Chicago. Elle est l'auteur de nombreux ouvrage, dont une encyclopédie de la forêt amazonienne que Lévi-Strauss a qualifié d'"ouvrage fascinant". Elle est avec Eduardo Viveiros de Castro l'une des représentantes de la florissante école d'anthropologie brésilienne. |
Savoir traditionnel et droits intellectuels Manuela Carneiro Da Cunha «Le vieil homme au corps imposant se leva. D’un air furieux, et regardant toute l’assistance de haut, il prit la parole et dit d’une voix indignée dans un portugais approximatif: “Est-ce que quelqu’un ici peut dire que le honi est la cultura [culture]? Moi je dis que non! Le honi n’est pas la cultura!”» L’énervement du vieux chef Yawanawa à propos de cette boisson hallucinogène qu’est le honi eut lieu en 2005, lors d’un colloque réunissant plusieurs groupes ethniques amazoniens et dont l’objectif était de fixer le cadre juridique entourant les revendications des droits intellectuels sur les savoirs traditionnels, et sur la manière d’envisager les éventuels avantages dérivés de ces savoirs. Depuis la Convention sur la diversité biologique de 1992, qui s’interrogeait sur la régulation et l’accès aux ressources génétiques, les travaux se sont multipliés sur la nature des savoirs («traditionnels» comme «scientifiques»), leur statut, leur production et leur circulation avec en toile de fond, pour les anthropologues, ces questions: le honi, par exemple, fait-il partie de la culture, ou bien de la nature? La définition occidentale de la notion de «culture» ne serait-elle pas en contradiction avec la manière dont certains peuples considèrent leurs propres régimes de savoir? Jusqu’à quel point le savoir traditionnel peut-il être brevetable, et par qui? À l’aide de nombreux cas concrets, et en analysant les décisions prises par l’ONU, l’UNESCO ou l’UNCED, Manuela Carneiro da Cunha retrace quinze ans de débats sur ces épineuses questions dont l’actualité écologique comme politique montre qu’elles n’ont pas toutes loin s’en faut trouvé de réponses satisfaisantes. |
OCTOBRE 2009 Nouvelle collection: Terra Cognita Traduit de l’anglais (USA) par Sophie Renaut ISBN: 978-2-84162-198-9 104 pages Prix 10 euros |
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Susan McKinnon À l’heure où les idées politiques sur les «valeurs familiales» divisent l’opinion, les psychologues évolutionnistes affirment être les seuls à pouvoir donner une juste interprétation à ces valeurs. À une époque où les idées sur le sexe et le genre connaissent une évolution sans précédent et sont profondément contestées, les psychologues évolutionnistes racontent comment la différence entre les genres sexuels s’est fixée une fois pour toutes dans l’histoire de l’évolution humaine et génétique. Alors que les principes en vertu desquels les êtres humains souhaitent organiser la société nous sont devenus accessibles, la psychologie évolutionniste réduit les relations humaines à un réflexe d’auto-maximisation des gènes régi par la sélection naturelle. À l’heure où l’économie néolibérale anglo-saxonne asseoit son empire, tout en étant profondément critiquée, les psychologues évolutionnistes nous servent une théorie de l’évolution offrant une explication naturelle aux valeurs néolibérales (notamment en ce qui concerne le clonage). Bref, au moment où l’urgence de comprendre toutes les nuances de la complexité et de la variété de la vie sociale se fait profondément ressentir, la psychologie évolutionniste témoigne, par les mythes et les fables morales qu’elle propage, d’une approche extrêmement réductrice. Comme le démontre brillamment Susan McKinnon, ce récit détruit non seulement toutes les preuves qui témoignent de la créativité humaine et de la diversité culturelle dans le monde, mais il restreint considérablement notre champ d’investigation. |
OCTOBRE 2009 Nouvelle collection: Terra Cognita Traduit de l’anglais (USA) par Sophie Renault ISBN: 978-2-84162-199-6 160 pages Prix 13 euros |
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Donna Haraway Donna Haraway explore avec le Manifeste des espèces de compagnie la forme pamphlétaire qui sied si bien à son style à la fois ironique et férocement politique. Un texte court, bien mené, lisible, et qui devrait intéresser tous ceux qui possèdent un animal de compagnie. Pour la philosophe des sciences ayant consacré ses travaux aux questions politiques, épistémologiques et éthiques qui émergent de l’implosion du partage moderne entre nature et culture, « les espèces de compagnie rassemblent sous des formes inattendues humain et non-humain, organique et technologique, carbone et silicium, autonomie et structure, histoire et mythe, riches et pauvres, état et sujet, diversité et disparition, modernité et postmodernité, nature et culture ». Haraway, en cynophile avouée, concentre ici ses efforts sur les relations de co-évolution, de cohabitation et de partenariat qui se sont tissées entre les chiens et les humains à travers un ensemble de pratiques historiquement et culturellement situées, allant des premiers contacts de l’homo sapiens avec ce « loup civilisé » voici plusieurs milliers d’années, jusqu’aux compétitions de sports canins. Donna Haraway enseigne au département d'Histoire de la conscience de l'université de Santa Cruz. Elle est notamment l'auteure du célèbre Manifeste cyborg. |
Traduit de l’anglais (USA) par Jérôme Hansen |
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